Depuis le début de l’année 2026, Moscou fait face à une intensification des dépenses liées au conflit. Le coût humain et matériel s’alourdit, tandis que les recettes énergétiques ne suffisent plus à compenser l’ensemble des besoins. Dans ce contexte, le pouvoir russe ajuste ses leviers financiers pour garantir la continuité de ses opérations.
Moscou entame ses réserves d’or pour combler le déficit de guerre
Moscou a choisi de vendre une partie de son or afin de soutenir son budget, un choix qui traduit une tension structurelle. Cette décision intervient alors que les finances publiques se dégradent sous l’effet de la guerre. Le Grand Continent indique que le déficit « pourrait atteindre 3,5 % du PIB en 2025 », ce qui souligne une dérive durable des comptes.
Cette situation pousse Moscou à réduire fortement ses réserves. Les stocks d’or sont passés de 406 tonnes à 173 tonnes entre 2022 et 2025. Cette évolution rapide montre que le Kremlin utilise désormais ses actifs stratégiques pour financer des dépenses immédiates. BDOR précise que « le Fonds national de richesse russe aurait réduit ses avoirs en or d’environ 71 % depuis 2022 », ce qui confirme l’ampleur des prélèvements réalisés.
Moscou contrainte par des réserves financières partiellement bloquées
Moscou conserve un volume important de réserves internationales, estimé à environ 700 milliards d’euros. Pourtant, une partie significative de ces avoirs reste gelée ou difficilement mobilisable en raison des sanctions occidentales. Cette contrainte limite la capacité du Kremlin à utiliser ses ressources extérieures pour financer la guerre.
Face à cette situation, Moscou privilégie des ressources disponibles immédiatement. Le gouvernement a mis en place un rythme quotidien de ventes d’or et de devises afin de soutenir son budget. CNews rapporte que « l’État russe prévoit de vendre son or et ses devises étrangères au rythme de 12,8 milliards de roubles par jour », soit environ 130 millions d’euros. Cette cadence élevée montre que les besoins de financement sont constants et directement liés à l’effort militaire.
Moscou adapte son économie à un conflit prolongé
Moscou évolue vers un modèle économique centré sur la guerre, où les réserves deviennent un outil opérationnel. La vente d’or s’inscrit dans cette logique, révélant un changement profond dans la gestion des actifs stratégiques. Le Kremlin ne se contente plus de préserver ses ressources, il les transforme en liquidités pour soutenir ses opérations.
Dans ce contexte, Moscou adopte une position atypique sur le marché mondial de l’or. Alors que de nombreuses banques centrales renforcent leurs stocks, la Russie suit une trajectoire inverse. Selon BDOR, elle figure parmi les principaux vendeurs d’or en 2026. Cette singularité illustre une contrainte budgétaire forte, liée à la durée et à l’intensité du conflit, et confirme que la guerre impose des choix économiques de plus en plus structurants.
