Dans les transports en France, un tournant sécuritaire vient d’être acté. Depuis le 30 mars 2026, les agents de la SNCF et de la RATP disposent de pouvoirs élargis, désormais inscrits dans un cadre juridique précis. Fouilles, interdictions d’accès, saisies : ces nouvelles prérogatives redessinent concrètement le rôle des agents dans les transports et interrogent leur place dans le dispositif global de sécurité.
Transports : fouilles, saisies… les nouveaux droits des agents détaillés

Les transports publics français fonctionnent désormais sous un nouveau régime juridique en matière de sécurité. Un décret du 28 mars 2026, pris en application de la loi du 28 avril 2025, renforce les pouvoirs des agents de la SNCF et de la RATP. L’objectif est clair : améliorer la sécurité dans les transports face à une hausse des incivilités, des violences et des trafics constatés ces dernières années.
Des pouvoirs élargis dans les transports pour renforcer la sécurité des agents
Dans les transports, les agents disposent désormais de marges d’action nettement élargies. D’abord, ils peuvent effectuer des palpations de sécurité sans attendre une autorisation préfectorale spécifique, dès lors qu’un risque est considéré comme avéré. Cette évolution marque une rupture importante, car auparavant ces contrôles étaient strictement encadrés dans le temps et l’espace. Selon le site officiel Service-Public, « depuis le 30 mars, les agents […] disposent de moyens d’action renforcés pour garantir la sûreté dans les transports en commun ». Ensuite, les agents peuvent désormais inspecter visuellement les bagages, les fouiller et procéder à des contrôles plus approfondis. Cette extension vise à détecter plus rapidement les objets dangereux et à prévenir les incidents dans les transports.
Par ailleurs, un autre pouvoir clé concerne la saisie temporaire d’objets dangereux. Le ministère de la Transition écologique précise que cette mesure permet « le retrait et la conservation temporaire des objets dangereux pour prévenir les incidents ». Un récépissé doit toutefois être remis, garantissant un encadrement juridique de cette procédure. Enfin, ces nouvelles compétences concernent environ 4 000 agents, dont 3 000 pour la SNCF et 1 000 pour la RATP, selon Le Parisien. Ce chiffre illustre l’ampleur du dispositif déployé dans les transports pour renforcer la sécurité au quotidien.
Des agents autorisés à intervenir plus largement et à exclure des individus
Au-delà des contrôles, les agents voient leur périmètre d’intervention élargi dans les transports. Désormais, ils peuvent agir aux abords immédiats des gares et stations, ce qui constitue une évolution majeure. Le ministère indique ainsi une « possibilité de patrouiller aux abords immédiats des lieux de transport ». Cette extension vise notamment à lutter contre les trafics et les ventes à la sauvette, souvent localisés en périphérie des réseaux. Dans ce cadre, les agents peuvent aussi saisir des marchandises liées à ces activités illicites. Cette mesure répond à un phénomène récurrent qui contribue au sentiment d’insécurité dans les transports.
Autre évolution notable : les agents ont désormais la possibilité d’interdire l’accès aux transports à certaines personnes. Cela concerne notamment les individus troublant l’ordre public ou refusant de se soumettre aux contrôles. Le décret prévoit qu’ils peuvent « interdire à des individus qui troublent l’ordre public l’accès aux gares, stations ». Cette prérogative renforce leur capacité à prévenir les incidents avant même qu’ils ne surviennent.
Dans le même esprit, les agents peuvent ordonner à une personne de quitter les lieux si elle perturbe le fonctionnement des transports. Cette mesure s’inscrit dans une logique de prévention immédiate des troubles. Enfin, ces nouvelles règles s’accompagnent d’un encadrement juridique précis. Le décret fixe notamment les conditions de formation des agents et leurs modalités d’intervention. Cette dimension vise à garantir un équilibre entre efficacité opérationnelle et respect des droits.
Réponse à une évolution des menaces
Ces nouveaux pouvoirs dans les transports s’inscrivent dans un contexte de transformation des enjeux de sécurité. Les autorités cherchent à adapter les outils juridiques face à des risques plus diffus, notamment les agressions, les trafics ou encore les actes terroristes. Le ministère souligne que ces mesures permettent une « efficacité » accrue des interventions sur le terrain.
En outre, cette évolution s’inscrit dans une logique de continuum de sécurité. Les agents des transports viennent compléter l’action des forces de l’ordre, en intervenant en première ligne dans les espaces publics fréquentés. Comme l’indique le ministère, leur rôle est pleinement intégré dans « le continuum de sécurité » porté par les autorités. Cette coordination vise à renforcer la réactivité face aux incidents.
De plus, l’élargissement des pouvoirs répond à une réalité opérationnelle. Les agents étaient déjà confrontés à des situations nécessitant une intervention rapide, mais leurs moyens restaient limités. Désormais, ils disposent d’outils juridiques adaptés à leurs missions. Le décret du 28 mars 2026 vient ainsi formaliser des pratiques déjà expérimentées, notamment en matière de contrôle et de prévention.