Le projet d’indexation des prix du transport public sur l’inflation rallume le débat sur la facture des usagers. Tandis que le gouvernement défend un mécanisme automatique pour sécuriser le financement, l’UFC-Que Choisir dénonce une mesure synonyme de hausses quasi systématiques et lance une alerte sur le pouvoir d’achat et la consommation.
Transports en commun : l’UFC critique l’indexation des tarifs sur l’inflation

Le contenu du projet de loi-cadre sur le transport présenté par le gouvernement, qui prévoit d’indexer les tarifs des bus, métros et tramways sur l’inflation, inquiète désormais l’UFC-Que Choisir. Ce changement majeur dans la régulation du transport vise à adapter les recettes à l’évolution des coûts, mais il cristallise déjà une vive critique sur les prix et l’indexation automatique.
Transports en commun : pourquoi le projet du gouvernement va faire augmenter les prix ?
Le cœur du dispositif est clair. Le gouvernement souhaite que les tarifs du transport public évoluent automatiquement au rythme de l’inflation. Concrètement, l’indexation deviendrait la règle par défaut, avec une révision potentielle au moins une fois par an, selon les éléments publiés par l’UFC-Que Choisir. Ainsi, sauf décision contraire d’une collectivité locale, les prix des billets et abonnements de transport augmenteraient mécaniquement pour suivre la hausse générale des prix.
Aujourd’hui, la logique est inversée. Les autorités organisatrices votent librement toute évolution tarifaire du transport. Avec la réforme, l’indexation serait automatique, et il faudrait une délibération explicite pour y renoncer. En d’autres termes, l’augmentation deviendrait la norme, le gel l’exception. Selon TF1 Info, l’exécutif assure qu’il ne s’agit pas de « doubler » les prix du transport, mais de stabiliser la part des usagers dans le financement global. Mais, dans les deux cas, ça signifie une augmentation des prix des billets et abonnements.
Le contexte budgétaire explique cette orientation. D’après Les Dernières Nouvelles d’Alsace, les usagers ne couvrent qu’environ 17 % du financement du transport public, le reste étant assuré par l’État et les collectivités tandis que l’État subventionne en moyenne les trois quarts du prix des billets. Dès lors, le gouvernement estime que l’indexation sur l’inflation permettrait d’ajuster les recettes du transport sans décisions politiques répétées.
Inflation : ce que l’indexation changerait concrètement pour les usagers
Pour les voyageurs, la conséquence la plus immédiate serait une évolution régulière des prix du transport. Selon Boursorama, l’indexation sur l’inflation « conduirait à des hausses quasi systématiques ». Autrement dit, tant que l’inflation reste positive, le tarif du transport grimperait mécaniquement. « Concrètement, cela signifie une hausse quasi garantie des tarifs, année après année », a déclaré Marie-Amandine Stévenin, présidente de l’UFC-Que Choisir.
Dans les faits, cela pourrait se traduire par une revalorisation annuelle au 1er janvier. Même en l’absence d’amélioration du service de transport, le prix du ticket ou de l’abonnement suivrait l’inflation nationale. Par conséquent, la facture des ménages évoluerait selon un indicateur macroéconomique, et non selon la qualité réelle du transport local. L’UFC-Que Choisir souligne d’ailleurs que l’inflation peut être déconnectée de la réalité du service rendu, ce qui alimente la critique sur la pertinence du mécanisme.
Le texte prévoit que les collectivités puissent s’opposer à l’indexation automatique par une délibération, mais cette possibilité suppose une décision formelle, alors que la hausse serait enclenchée par défaut. Dès lors, dans un contexte budgétaire contraint, certains exécutifs locaux pourraient laisser jouer l’indexation, afin de préserver leurs marges financières. Pour les usagers du transport, cela signifierait une évolution des prix moins dépendante des arbitrages politiques locaux et davantage arrimée à l’inflation nationale.
Prix des transports : pourquoi l’UFC-Que Choisir lance l’alerte
Face à cette réforme, l’UFC-Que Choisir adopte un ton offensif. « Augmenter les prix tous les ans, automatiquement, revient à décourager l’usage des transports en commun », a affirmé Marie-Amandine Stévenin. Pour l’association de consommateurs, l’indexation mécanique du transport est une mesure « désincitative », car elle pourrait freiner la consommation de mobilité collective au moment même où les pouvoirs publics encouragent la transition écologique.
La critique porte aussi sur la méthode. L’UFC-Que Choisir estime que l’indexation automatique conduit à des hausses quasi systématiques des prix du transport, indépendamment du pouvoir d’achat des ménages et des réalités locales. L’association appelle donc à supprimer purement et simplement cette disposition, comme le rapporte Le Parisien. Selon elle, la décision d’augmenter les tarifs du transport doit rester un choix politique assumé.
Derrière l’indexation, c’est le modèle de financement du transport public qui se trouve interrogé. Si les usagers ne financent qu’environ 17 % du système, toute hausse tarifaire a un impact limité sur les comptes globaux mais direct sur la facture individuelle. Par conséquent, l’UFC-Que Choisir craint que la réforme ne pèse davantage sur les ménages que sur la structure du financement.
