Subventions, impôts : le piège dont la France ne sort pas

Les entreprises françaises subissent une double peine : taxées massivement, elles ne survivent que grâce à des subventions publiques qui créent une dépendance coûteuse et inefficace. Ce système bureaucratique doit être brisé pour retrouver la compétitivité.

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By Jean-Baptiste Giraud Published on 8 juin 2026 7h07
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Subventions, impôts : le piège dont la France ne sort pas - © Economie Matin

Par Jean-Baptiste Giraud

Les entreprises françaises sont parmi les plus taxées d'Europe, mais elles restent sous perfusion de subventions publiques. Ce paradoxe coûteux, qui enfle la dépense publique sans améliorer la compétitivité réelle, doit être brisé : maintenant.

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Les impôts sur la production des entreprises françaises sont presque cinq fois plus élevés qu'en Allemagne ou aux Pays-Bas.

Le grand mensonge des aides aux entreprises

Force est de constater qu'en France, on a trouvé la solution idéale pour ne rien résoudre : taxer massivement les entreprises, puis leur redistribuer une partie de cet argent sous forme de subventions. Brillant. Résultat ? Un État obèse, des entreprises sous assistance respiratoire permanente, et une compétitivité en berne. Ce modèle baroque, qui consiste à prendre d'une main pour redonner de l'autre en prélevant au passage de quoi faire vivre une armée de fonctionnaires chargés de gérer les dossiers de demandes d'aides, est à la fois coûteux et profondément inefficace.

Les chiffres sont accablants. Les impôts de production — ces prélèvements qui frappent les entreprises indépendamment de leurs résultats, avant même qu'elles aient dégagé le moindre bénéfice — représentent en France deux fois la moyenne européenne. Et presque cinq fois le niveau allemand ou néerlandais. Autrement dit, nos voisins n'ont pas besoin de subventionner leurs entreprises à tour de bras parce qu'ils ont eu l'intelligence de ne pas les étrangler fiscalement à la base. La recette n'est pas secrète. Elle est juste politiquement impopulaire.

Le vrai coût de la dépendance aux subventions

Je pense que beaucoup de chefs d'entreprise français ont intégré cette logique perverse : il faut consacrer du temps, de l'énergie et de l'argent non pas à conquérir des marchés, mais à monter des dossiers de subventions. Les dispositifs se comptent par centaines — crédits d'impôt, exonérations ciblées, aides régionales, fonds européens, dispositifs sectoriels. Chaque couche nouvelle d'aide vient compenser, imparfaitement, une couche nouvelle de prélèvement. Le tout génère une complexité administrative que seules les grandes entreprises, avec leurs équipes dédiées, savent vraiment exploiter. Les TPE et PME, elles, se noient.

Ce système a également un effet pervers sur l'allocation du capital. Une entreprise qui consacre son énergie à optimiser ses aides publiques plutôt qu'à innover ou à exporter finit par perdre de vue l'essentiel : créer de la valeur. La Suisse, championne de la productivité, n'a pas bâti sa prospérité sur des subventions à géométrie variable. Elle a simplement décidé de laisser ses entreprises respirer, fiscalement et administrativement. Voilà un modèle qui mériterait qu'on s'y attarde sérieusement.

Moins d'aides, moins d'impôts : l'équation du bon sens

La bonne nouvelle — et il en faut — c'est que la révision à la hausse des estimations de croissance française pour 2023 et 2024 publiée par l'Insee démontre une chose : les entreprises françaises ne sont pas condamnées, elles ne sont pas moins productives que leurs homologues européennes. Ce n'est pas un problème de talent ou de dynamisme. C'est un problème de système.

Alors, la question est simple : veut-on continuer à entretenir cette usine à gaz budgétaire qui coûte des dizaines de milliards en subventions d'un côté, et autant en impôts de production de l'autre ? Ou préfère-t-on enfin faire le choix courageux : baisser massivement les prélèvements sur les entreprises, supprimer les subventions en miroir, et libérer une énergie productive que la France étouffe depuis trop longtemps ?

À l'approche de 2027, aucun candidat sérieux à l'Élysée ne pourra faire l'économie de cette réponse. Les entreprises, elles, n'attendent plus.

Jean-Baptiste Giraud
Directeur de la rédaction d'Économie Matin

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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