Un an après la conférence de Nice et l’entrée en vigueur du traité sur la haute mer, les océans demeurent au cœur des préoccupations internationales. Les États multiplient les engagements et renforcent les dispositifs de protection. Pourtant, les scientifiques dressent un constat préoccupant, malgré les avancées diplomatiques, la dégradation des océans se poursuit sous l’effet du réchauffement climatique, de la perte de biodiversité et des pressions humaines croissantes.
Océans : un an après Nice, les scientifiques maintiennent l’alerte

Le 8 juin 2026, à l’occasion de la Journée mondiale des océans, le bilan dressé par les chercheurs rappelle l’ampleur des défis auxquels sont confrontés les océans. Un an après la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan organisée à Nice en juin 2025, les engagements politiques progressent. Cependant, les indicateurs environnementaux continuent de se dégrader, confirmant les inquiétudes exprimées depuis plusieurs années par les scientifiques.
Les océans bénéficient d’engagements renforcés mais les scientifiques restent prudents
En juin 2025, la troisième Conférence des Nations unies sur l’océan avait réuni 175 pays à Nice autour d’un objectif commun : renforcer la protection des océans face aux conséquences du réchauffement climatique, à la pollution et à l’effondrement de la biodiversité. Ce rendez-vous diplomatique avait notamment permis d’accélérer les ratifications du traité sur la haute mer, également connu sous le nom d’accord BBNJ (Biodiversity Beyond National Jurisdiction).
Un an plus tard, les avancées institutionnelles sont réelles. Plus de 90 États ont désormais ratifié cet accord international selon les informations communiquées lors des commémorations du sommet. Les responsables impliqués dans ce processus estiment même que plus de 110, voire 120 pays pourraient participer à la première COP Océan prévue du 11 au 22 janvier 2027 au siège des Nations unies à New York. Toutefois, malgré cette dynamique diplomatique, les scientifiques rappellent que les océans continuent de subir des pressions croissantes et que les bénéfices des mesures adoptées ne seront visibles qu’à long terme.
Les océans continuent de se dégrader sous l’effet du réchauffement climatique
Le principal signal d’alarme provient de la deuxième édition du baromètre Starfish, élaboré par 29 chercheurs issus de 14 pays. Créé à l’occasion de la conférence de Nice de 2025, cet outil vise à synthétiser l’état de santé des océans et à le rendre accessible au grand public. Les conclusions publiées en 2026 confirment une tendance défavorable. Selon ce rapport cité par Le Parisien le 8 juin 2026, la dégradation des océans se poursuit malgré les efforts engagés. La chercheuse du CNRS Marina Lévy a déclaré : « Les pressions que nous exerçons sur l’océan ne cessent de s’intensifier. Et l’état de l’océan se détériore par rapport à l’année dernière », selon Le Parisien du 8 juin 2026.
Les chiffres présentés dans le baromètre témoignent de cette situation. Ainsi, 84,4 % des récifs coralliens de la planète ont subi un stress thermique sévère entraînant leur blanchissement. Ce pourcentage était de 68,2 % lors de la période 2014-2017 selon les données reprises par Le Parisien le 8 juin 2026. Cette progression illustre l’impact direct du réchauffement climatique sur les écosystèmes marins. Par ailleurs, le rythme d’élévation du niveau de la mer a doublé entre 2012 et 2025 comparativement aux décennies précédentes. Cette accélération constitue l’un des indicateurs les plus préoccupants pour les scientifiques car elle traduit l’augmentation de la température des océans ainsi que la fonte accélérée des glaces continentales.
Les chercheurs observent également une détérioration continue de la biodiversité marine. Selon le dernier décompte relayé par Le Parisien le 8 juin 2026, 1 685 espèces marines sont désormais menacées de disparition. Ce chiffre représente huit espèces supplémentaires par rapport à l’année précédente. Cette évolution confirme les difficultés rencontrées pour enrayer l’érosion du vivant dans les océans malgré les engagements internationaux.
Des progrès de protection encore insuffisants face à l’urgence des océans
Face à cette situation, plusieurs gouvernements cherchent néanmoins à renforcer leurs dispositifs de protection des océans. En France, la ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud, a annoncé le 8 juin 2026 sur France Inter le renforcement de trois grandes aires marines protégées situées en Guadeloupe, dans la baie d’Audierne en Bretagne et dans les Terres australes et antarctiques françaises. Selon les données communiquées par le gouvernement et rapportées par France 3 Régions, plus de 14,6 % des eaux françaises bénéficient désormais d’un statut de protection forte. Cette évolution s’inscrit dans la continuité des engagements pris lors de la conférence de Nice et constitue l’un des principaux leviers d’action de la politique maritime française.
À l’échelle mondiale, les progrès demeurent cependant limités. Les aires marines protégées couvrent désormais un peu plus de 10 % de l’océan mondial, une première selon le baromètre Starfish. Pourtant, seulement 3,2 % de ces espaces bénéficient d’un niveau de protection considéré comme élevé ou intégral. Dès lors, l’objectif international visant à protéger 30 % des océans d’ici 2030 apparaît encore lointain.
Les scientifiques reconnaissent que les initiatives actuelles vont dans le bon sens. Marina Lévy a ainsi expliqué que les mesures de protection progressaient « dans la bonne direction » mais que « ce sont encore les aspects négatifs qui l’emportent, car pour que la protection soit efficace, il faut du temps », selon France 3 Régions. De son côté, Emmanuel Macron a affirmé le 8 juin 2026 que « la France se mobilise désormais pour la première COP de l’Océan qui se tiendra en janvier 2027 et travaille à l’identification des premières aires marines protégées en haute mer », selon un message publié sur le réseau X. Le président de la République a également mis en avant le « renforcement de la lutte contre la pêche illicite avec l’adhésion de plusieurs nouveaux pays aux différents accords internationaux ».
Malgré ces annonces, le constat dressé par les chercheurs demeure inchangé. Les océans continuent de subir les effets combinés du réchauffement climatique, de la pollution et de la perte de biodiversité. Si les engagements internationaux se multiplient depuis le sommet de Nice, les indicateurs scientifiques montrent que la trajectoire actuelle reste insuffisante pour inverser rapidement la tendance observée à l’échelle mondiale.
