Les élections intercommunales de 2026 confient aux présidents d’EPCI une mission majeure : transformer l’attractivité territoriale en véritable stratégie de développement économique. Au-delà du marketing territorial, cette attractivité repose sur la cohérence des politiques publiques : foncier, infrastructures, services, transitions écologique et numérique.
L’après municipales 2026 : l’intercommunalité à l’épreuve de l’attractivité territoriale

Une fois les maires élus en mars dernier, un autre scrutin, beaucoup plus discret, s'est joué dans les conseils communautaires : celui des présidences des intercommunalités. Derrière ces élections se dessine un enjeu majeur pour les six prochaines années : la capacité des territoires à attirer entreprises, talents, habitants… et visiteurs. L'attractivité territoriale est devenue une véritable stratégie de développement économique.
Quelques chiffres
1 252 établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) à fiscalité propre couvrent aujourd'hui l'ensemble du territoire français, au 1er janvier 2026.
Près de 30 milliards d'euros sont consacrés chaque année par le bloc communal au développement économique, à l'aménagement, aux mobilités, à l'habitat et aux services structurants, des politiques désormais largement portées à l'échelle intercommunale.
Le véritable « troisième tour » des municipales
Pour les électeurs, les municipales s'achèvent avec l'élection du maire. Pour les élus, elles se prolongent quelques semaines plus tard avec l'installation des conseils communautaires et l'élection des présidents d'intercommunalité.
Les présidents d'EPCI deviennent les pilotes d'un projet de territoire dont les effets se mesureront bien au-delà du mandat municipal.
Un aspect de ce projet est l'attractivité territoriale : la capacité d'un territoire à créer les conditions favorables au développement économique, à l'installation de nouvelles entreprises, à l'accueil de talents, mais aussi à l'amélioration de la qualité de vie de ses habitants.
Les collectivités ne sont plus seulement en concurrence pour attirer une usine ou un siège social. Elles cherchent désormais à convaincre des entrepreneurs, des étudiants, des chercheurs, des familles ou des investisseurs de choisir leur territoire plutôt qu'un autre.
Cette compétition ne concerne plus uniquement les grandes métropoles. Les communautés de communes et les territoires ruraux développent eux aussi des stratégies pour valoriser leurs atouts : foncier disponible, cadre de vie ou proximité avec les grands bassins d'emploi.
Penser emplois mais pas que…
L'attractivité repose sur un équilibre entre plusieurs facteurs qui se renforcent mutuellement.
La disponibilité de foncier économique et la qualité des zones d'activités demeurent essentielles pour accueillir de nouvelles entreprises. Mais elles ne suffisent plus.
Les infrastructures de transport, l'offre de logement, la présence d'établissements d'enseignement supérieur, la formation professionnelle, les services publics, l'accès aux soins, la vie culturelle ou sportive constituent désormais des critères tout aussi déterminants dans les choix d'implantation des entreprises comme dans les décisions des ménages.
À ces éléments s'ajoutent désormais les enjeux environnementaux. La maîtrise de l'artificialisation des sols, la gestion de l'eau, les mobilités durables ou encore la production d'énergies renouvelables participent pleinement à l'image et à la compétitivité d'un territoire.
Autant de politiques publiques qui relèvent aujourd'hui, totalement ou partiellement, des intercommunalités.
Pendant plusieurs années, certaines collectivités ont essentiellement cherché à renforcer leur visibilité à travers une marque territoriale, un nouveau logo ou une campagne de promotion. Ces démarches conservent leur intérêt, mais elles ne créent pas, à elles seules, l'attractivité.
Les investisseurs regardent d'abord des critères concrets : les délais d'instruction des projets, l'accessibilité, la disponibilité du foncier, la qualité des infrastructures, le niveau de qualification de la main-d'œuvre ou encore le coût du logement.
Autrement dit, la communication ne peut valoriser qu'une réalité déjà construite. L'attractivité repose avant tout sur la cohérence des politiques publiques.
Le tourisme, révélateur de l'attractivité
En ce début de saison estivale, le tourisme offre une illustration particulièrement concrète de cette nouvelle approche.
Pour de nombreuses intercommunalités, il représente bien davantage qu'une activité économique. Il constitue une vitrine du territoire, de son patrimoine, de ses paysages, de sa qualité de vie et de son identité.
Les visiteurs découvrent un territoire dans sa globalité : ses mobilités, ses espaces publics, son offre culturelle, ses commerces, ses hébergements ou encore la qualité de son environnement. Cette première expérience contribue souvent à façonner durablement son image et peut susciter, à terme, des projets d'installation, d'investissement ou de création d'entreprise.
À travers le tourisme, les collectivités démontrent que l'attractivité ne consiste pas seulement à attirer des visiteurs pour quelques jours, mais à donner envie de revenir, d'investir, de travailler… ou de vivre durablement sur le territoire.
Préparer l'avenir économique de leur territoire
Les élections intercommunales qui ont suivi les municipales ont donc confié à leurs exécutifs une responsabilité plus discrète, mais déterminante : faire de l'attractivité territoriale plus qu'un exercice de communication, un projet collectif, à l'heure où les transitions écologique, démographique et numérique rebattent les cartes de la compétitivité.
À bien des égards, c'est désormais à l'échelle intercommunale que se joue une partie de la croissance, de l'emploi et du rayonnement des territoires français.