Après avoir maintenu ses taux directeurs inchangés, la BCE justifie son statu quo par la volatilité énergétique et les incertitudes géopolitiques. Christine Lagarde souligne l’absence d’effets de second tour inflationniste et l’ancrage des anticipations à moyen-terme, tandis que les tensions sur les taux souverains s’accentuent en zone euro.
La BCE confirme le bon calibrage de sa politique monétaire

Après avoir relevé d'un quart de point ses taux directeurs le 11 juin dernier, la BCE a opté ce jour pour le statu quo.
Ses trois taux directeurs restent donc inchangés à :
- 2.25% pour le taux de dépôt,
- 2.40% pour les opérations principales de refinancement,
- 2.65% pour la facilité de prêt marginal.
Alors que la signature d'un accord entre les Etats-Unis et l'Iran le 17 juin 2026 avait contribué à un réel repli des prix de l'énergie et des anticipations d'inflation, la rapidité et l'intensité de la reprise rapide des hostilités ont, une nouvelle fois, renforcé les incertitudes liées au conflit.
Le Conseil des gouverneurs souligne toutefois qu'en dépit de la forte volatilité des prix de l'énergie, ces derniers restent globalement en ligne avec le « scenario de référence des projections établies par les services de l'Eurosystème en juin ».
Alors que les conséquences du choc énergétique sur l'inflation sont loin d'avoir été pleinement ressenties, la BCE entend se montrer particulièrement attentive aux effets de second tour que des tensions prolongées pourraient alimenter.
Au regard des nombreuses incertitudes entourant l'environnement économique (perturbation des chaînes d'approvisionnement, risque d'un choc d'offre, impact de la politique tarifaire américaine…), les pressions inflationnistes actuelles pourraient se prolonger au 1er semestre 2027. Sans surprise et malgré la résilience de l'activité en Zone Euro au deuxième trimestre 2026, les prévisions de la BCE tablent sur une croissance économique modeste au second semestre 2026.
Face aux doutes émis par certains gouverneurs sur la nécessité de relever les taux directeurs, Christine Lagarde a rappelé l'absence d'effets de second tour (l'inflation salariale demeure modérée), l'ancrage des anticipations d'inflation à moyen-terme et la nécessité d'attendre les remontées statistiques de septembre. A l'évidence, l'incertitude géopolitique et la possibilité de revirements rapides au Moyen-Orient rendent particulièrement délicate la conduite de la politique monétaire. Dans ce contexte inédit, la BCE réitère le bon calibrage de sa politique monétaire.
Post conférence, la tension reste vive sur les taux souverains. A 3.19% le Bund allemand dépasse son point haut d'octobre 2023 et les taux français et italiens à 10 ans tutoient les 4% ! Les taux à 30 ans sont au plus haut pour la France à 4.73%. En cette période de moindre liquidité sur les marchés, la prime géopolitique s'est largement reconstituée, nous l'estimons à environ 30pb.
