Ce 1er août 2026, plusieurs mesures entrent en vigueur qui touchent directement le portefeuille des Français. Livret A en hausse, tarifs d'électricité revus, allocations versées... Derrière cette mécanique d'ajustements se cache une réalité plus crue : l'État donne d'une main ce qu'il reprend de l'autre, et parfois avec intérêts.
3 milliards €
C'est le coût annuel estimé des seules allocations de rentrée scolaire versées par la CAF, une aide dont l'efficacité sur la réussite scolaire n'a jamais été sérieusement évaluée.
Le 1er août, jour de grand bazar budgétaire
Chaque premier du mois ressemble désormais à un inventaire de pharmacie : on ajoute une pilule ici, on retire un sirop là, et au final le patient ne sait plus très bien s'il va mieux ou moins bien. Ce 1er août 2026 ne déroge pas à la règle. Le Livret A voit son taux ajusté — bonne nouvelle pour les épargnants —, les tarifs d'électricité bougent — mauvaise nouvelle pour les ménages et les entreprises —, et l'allocation de rentrée scolaire sera versée plus tard dans le mois. Une date, trois signaux contradictoires. C'est résumé ainsi que l'on comprend toute la schizophrénie budgétaire française.
Force est de constater que nous sommes devenus champions du monde d'une discipline bien particulière : la redistribution complexifiée. On prélève massivement — la France reste le pays de l'OCDE avec le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé, à près de 46 % du PIB — puis on redistribue à travers des centaines de dispositifs, d'allocations, d'aides et de crédits d'impôts. Le résultat ? Des coûts de gestion astronomiques, une lisibilité nulle pour le citoyen, et au bout du compte, un sentiment général de ne jamais vraiment s'en sortir.
Triballat-Lactalis : quand les fleurons familiaux disparaissent
L'autre grande nouvelle de ce week-end mérite qu'on s'y arrête. Triballat, l'entreprise familiale derrière la faisselle Rians, ce produit aussi français qu'un dimanche en famille, est en passe d'être avalée par Lactalis. 17 sites de production, un siège dans le Cher, des générations de savoir-faire fromager : tout cela va passer sous le giron d'un géant mondial.
Je ne reproche rien à Lactalis, ni aux actionnaires de Triballat qui font le choix de vendre. C'est leur droit le plus absolu, et la liberté économique inclut celle de céder son entreprise. Mais je pose la question qui dérange : pourquoi tant d'entreprises familiales françaises finissent-elles par céder ? La réponse tient en deux mots — fiscalité successorale. Quand transmettre son outil de travail à ses enfants coûte une fortune en droits de succession, quand les dispositifs d'allégement sont complexes, conditionnels et instables, la vente à un concurrent solide devient la sortie la plus rationnelle. En Allemagne, le Mittelstand — ce tissu de PME familiales qui fait la force de l'économie outre-Rhin — bénéficie d'une fiscalité de transmission nettement plus favorable. Résultat : les entreprises familiales allemandes durent, grandissent, innovent. Les nôtres sont rachetées.
Arrêtons de traiter les symptômes
Aide carburant, allocation de rentrée, Livret A bonifié : je ne nie pas que ces mesures soulagent des ménages réels. Mais si nous avions une fiscalité moins confiscatoire, des charges moins lourdes, une énergie moins taxée, aurions-nous besoin d'autant d'aides compensatoires ? La question est inconfortable, mais elle est centrale.
Un pays qui préfère multiplier les rustines plutôt que de réparer la chambre à air finit toujours par crever au bord de la route. Les Français méritent mieux qu'un État qui prend à 46 % pour redistribuer à 44 %, en gardant 2 % pour payer la bureaucratie de la redistribution.

