Le 3 août 2026, Intermarché a révélé qu’une cyberattaque a compromis les données personnelles de 287 605 clients du service Drive. Noms, adresses, numéros de téléphone et dates de naissance ont été volés, exposant les victimes à des risques d’hameçonnage et d’usurpation d’identité. Voici comment vérifier si vous êtes concerné et vous protéger efficacement.
Piratage d’Intermarché : vos données personnelles ont-elles été volées ?

Le 3 août 2026, le Groupement Mousquetaires a révélé une cyberattaque qui touche 287 605 utilisateurs de son service Drive. Noms, prénoms, adresses postales, dates de naissance, numéros de téléphone et références de cartes de fidélité ont été dérobés. Si vous commandez régulièrement vos courses en ligne chez Intermarché, vos informations personnelles circulent peut-être déjà sur le dark web. Voici ce que vous devez savoir pour limiter les dégâts.
Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
Les chiffres de l'attaque : 287 605 clients affectés
La semaine précédant le 3 août 2026, des pirates informatiques ont infiltré les systèmes d'Intermarché. Selon Le Monde, exactement 287 605 clients du service Drive ont vu leurs données compromises. Sur les quelque 2 millions d'utilisateurs de la plateforme, cela représente 14,4% de la base client. Le distributeur a immédiatement notifié la CNIL et déposé plainte auprès du parquet de Paris, comme l'exige la réglementation européenne RGPD.
Le site spécialisé French Breaches a confirmé l'incident dès le 3 août. Intermarché a envoyé des courriels d'alerte aux personnes concernées, les informant des risques encourus. Des investigations complémentaires sont en cours pour vérifier si d'autres utilisateurs ont été touchés.
Quelles données ont été volées (et lesquelles ont été épargnées)
Les pirates ont mis la main sur six catégories d'informations : noms, prénoms, numéros de téléphone, adresses postales complètes, dates de naissance et numéros de carte de fidélité. Ils disposent également des références de commandes en ligne. Avec ces éléments, un escroc peut facilement personnaliser ses tentatives d'arnaque et gagner votre confiance.
Bonne nouvelle toutefois : le Groupement Mousquetaires a assuré dans son communiqué officiel que « aucune donnée bancaire, aucune information relative au montant des cagnottes de fidélité, aucun mot de passe ni aucune adresse électronique ne sont concernés par cet incident ». Vos coordonnées bancaires et vos accès à votre compte restent donc protégés. TF1 Info rappelle que cette limitation des dégâts évite le pire scénario : une fraude bancaire directe.
Quels risques pour votre portefeuille et votre identité ?
L'hameçonnage : le piège le plus courant
Intermarché alerte ses clients sur un danger immédiat : l'hameçonnage, ou phishing. Le distributeur prévient que « les utilisateurs pourraient notamment recevoir des messages ou appels faussement attribués à Intermarché, leur demandant par exemple de cliquer sur un lien pour confirmer une commande ou de communiquer leurs coordonnées bancaires ». Armés de votre nom, prénom et historique de commandes, les escrocs peuvent rédiger des SMS ou emails ultra-réalistes.
Imaginez recevoir un message mentionnant votre dernière commande Drive avec votre numéro de fidélité exact, vous demandant de « régulariser un paiement » via un lien. La tentation de cliquer sera forte. C'est précisément ce que recherchent les cybercriminels : vous faire baisser la garde pour voler vos identifiants bancaires ou installer un logiciel malveillant sur votre téléphone.
Usurpation d'identité et fraude : comment ça marche
Au-delà du phishing, vos données personnelles peuvent servir à l'usurpation d'identité. Avec votre nom complet, votre date de naissance et votre adresse, un fraudeur peut ouvrir des comptes en ligne, souscrire des abonnements ou même contracter des crédits à votre insu. Midi Libre souligne que ces informations constituent un « kit d'identité » exploitable pendant des années.
Les numéros de téléphone volés alimentent également les campagnes de démarchage abusif et les arnaques téléphoniques. Vous risquez de recevoir davantage d'appels frauduleux se faisant passer pour des services administratifs, des assurances ou des banques.
5 gestes simples pour vous protéger dès maintenant
Vérifier si vous êtes concerné
Intermarché a contacté par email les 287 605 clients affectés. Consultez votre boîte de réception, y compris les spams. Si vous n'avez rien reçu mais utilisez régulièrement le Drive, contactez le service client pour obtenir confirmation. Ne répondez jamais directement à un email suspect : appelez le numéro officiel d'Intermarché trouvé sur leur site web.
Surveiller vos comptes bancaires
Même si vos coordonnées bancaires n'ont pas été volées, redoublez de vigilance. Vérifiez quotidiennement vos relevés bancaires pendant au moins trois mois. Activez les alertes SMS pour chaque transaction. Signalez immédiatement à votre banque toute opération suspecte, même minime. Les escrocs testent souvent les cartes avec de petits montants avant de frapper fort.
Reconnaître les faux messages d'Intermarché
Intermarché ne vous demandera jamais vos coordonnées bancaires par email, SMS ou téléphone. Aucun lien cliquable dans un message non sollicité n'est légitime. Méfiez-vous des urgences artificielles (« Votre compte sera bloqué sous 24h »), des fautes d'orthographe et des adresses d'expéditeur étranges. En cas de doute, rendez-vous directement sur le site officiel en tapant l'URL dans votre navigateur, sans passer par un lien.
Déposer plainte si vous êtes victime
Si vous constatez une fraude ou une tentative d'escroquerie exploitant vos données, déposez plainte au commissariat ou à la gendarmerie. Vous pouvez également signaler l'incident sur la plateforme Pharos (internet-signalement.gouv.fr) ou auprès de la CNIL. Conservez tous les messages, emails et preuves de contact frauduleux. Ces éléments faciliteront l'enquête et renforceront votre dossier d'indemnisation éventuelle.
Le Groupement Mousquetaires a réagi rapidement en notifiant la CNIL dans les délais légaux et en portant plainte. L'enseigne mène des investigations techniques pour comprendre comment les pirates ont contourné ses systèmes de sécurité. Sud Ouest rapporte que des experts en cybersécurité analysent l'ampleur exacte de la brèche pour éviter toute récidive. L'entreprise a également lancé une campagne d'information auprès des clients touchés, détaillant les précautions à prendre. Elle pourrait s'exposer à des sanctions administratives de la CNIL si l'enquête révèle des manquements aux obligations du RGPD.