Le chômage au plus haut depuis 2020 en France

Le taux de chômage français grimpe à 8,3% au deuxième trimestre 2026, marquant six trimestres consécutifs de hausse. Avec 62 000 chômeurs supplémentaires et un total de 2,7 millions de personnes sans emploi, l’INSEE enregistre le plus haut niveau depuis 2020, révélant un ralentissement économique structurel alimenté par la baisse des intentions de recrutement et les chocs géopolitiques.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 7 août 2026 10h26
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Le chômage au plus haut depuis 2020 en France - © Economie Matin
21,6%Les jeunes de 15 à 24 ans affichent un taux alarmant de 21,6%

Le marché du travail français accuse un nouveau coup. L'INSEE révèle ce 7 août 2026 un taux de chômage atteignant 8,3% au deuxième trimestre, soit 2,7 millions de personnes sans emploi. La hausse de 0,2 point marque le sixième trimestre consécutif de dégradation, plaçant la France à son plus haut niveau depuis l'automne 2020. Derrière ces statistiques se dessinent des mécanismes économiques profonds : ralentissement des intentions de recrutement, perturbations géopolitiques et pression croissante sur le pouvoir d'achat des ménages.

Un taux record depuis la crise sanitaire : les chiffres de l'INSEE

8,3% de chômage, 2,7 millions de personnes affectées

La progression de 62 000 chômeurs supplémentaires entre avril et juin 2026 porte le total à 2,7 millions de personnes en recherche active d'emploi au sens du Bureau international du travail. Selon les données publiées par l'INSEE, toutes les tranches d'âge subissent la dégradation. Les jeunes de 15 à 24 ans affichent un taux alarmant de 21,6%, en hausse de 0,4 point. Les 25-49 ans atteignent 7,5% (+0,2 point) tandis que les seniors de 50 ans et plus enregistrent 5,5% (+0,3 point). L'institut statistique souligne que « les bénéficiaires du RSA et les jeunes de 15 à 29 ans contribuent pour près de la moitié de la hausse du taux de chômage » depuis la mise en œuvre de la loi pour le plein-emploi en janvier 2025. L'inscription automatique de ces populations sur les listes de demandeurs d'emploi explique partiellement l'augmentation statistique, mais révèle surtout leur vulnérabilité face au ralentissement économique.

Six trimestres consécutifs de dégradation

La tendance s'installe durablement. Depuis le premier trimestre 2025, chaque publication trimestrielle confirme la hausse du chômage. Le niveau actuel représente le plus haut depuis l'automne 2020, période marquée par les conséquences sanitaires du Covid-19. L'objectif présidentiel de plein-emploi fixé à 5% d'ici 2027 s'éloigne considérablement. Le taux demeure néanmoins inférieur de 2,2 points à son pic de mi-2015, offrant une perspective historique relative. Le « halo autour du chômage », comprenant les personnes souhaitant travailler mais ne répondant pas à tous les critères BIT, stagne à 1,9 million, quasi stable sur le trimestre (+6 000 personnes).

Les causes économiques : recrutement en berne et chocs externes

Les intentions de recrutement en baisse de 6,5%

L'enquête Besoins en main-d'œuvre de France Travail, publiée fin avril 2026, anticipe une diminution de 6,5% des intentions de recrutement par rapport à 2025. Les entreprises françaises freinent leurs projets d'embauche face à un environnement incertain. L'absence de cap politique clair depuis la dissolution de 2024 alimente l'attentisme des employeurs. Les secteurs traditionnellement dynamiques, du commerce à l'industrie, révisent leurs besoins à la baisse. La restauration et l'hôtellerie, affectées par un été caniculaire et des feux de forêts dévastateurs, réduisent leurs effectifs saisonniers. L'agriculture subit également les conséquences climatiques, limitant ses capacités d'absorption de main-d'œuvre temporaire. Les incendies ayant déjà causé 3 milliards d'euros de dégâts fin juillet, l'impact économique se répercute directement sur l'emploi.

L'impact des perturbations géopolitiques sur l'activité

Le conflit entre les États-Unis et l'Iran, éclaté en début 2026, bouleverse les équilibres économiques mondiaux. Le dérèglement des chaînes logistiques et l'envolée du prix du pétrole contractent l'activité économique française. Les entreprises exportatrices souffrent de la désorganisation des flux commerciaux internationaux. Les coûts de transport explosent, comprimant les marges et dissuadant les investissements productifs. Le déficit public croissant limite la capacité de l'État à soutenir l'économie par des mesures contra-cycliques. Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, reconnaît la difficulté : « Malgré un contexte économique difficile, le marché du travail français résiste. Notre responsabilité est de poursuivre cette dynamique en relevant les trois grands défis de l'emploi. » La résistance évoquée peine toutefois à masquer la réalité des chiffres.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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