Un été marqué par des feux de forêt spectaculaires, des épisodes de chaleur répétés et une sécheresse persistante laisse une forte empreinte dans l’opinion. Selon une enquête YouGov pour Le HuffPost, seuls 28% des Français se disent satisfaits de l’action du gouvernement face aux incendies, tandis que huit sur dix se déclarent préoccupés par les conséquences du changement climatique.
Incendies de forêts : seuls 28% des Français satisfaits de la réponse de l’État

Incendies de forêts : une confiance limitée dans la réponse de l’État
Le contraste est frappant. Alors que les incendies ont placé la capacité de l’État à protéger les populations et les territoires au centre de l’actualité estivale, une majorité de Français porte donc un regard critique sur la réponse des pouvoirs publics. Dans le même temps, l’inquiétude climatique dépasse largement les clivages habituels et semble désormais directement liée à l’expérience concrète des événements extrêmes.
Avec 28% de personnes satisfaites (5% « tout à fait » et 23% « plutôt »), le gouvernement recueille une approbation minoritaire pour son action sur le front des incendies. Le chiffre est d’autant plus notable qu’il est supérieur au niveau d’approbation accordé à l’action globale du président de la République dans la même enquête. Autrement dit, la gestion des feux semble susciter un jugement légèrement moins sévère que la politique présidentielle dans son ensemble. Cela ne signifie pas pour autant que les Français valident massivement la stratégie suivie. Plus de sept personnes interrogées sur dix n’expriment pas de satisfaction à l’égard de l’action gouvernementale contre les incendies.
Incendies de forêt : la saison 2026 a été particulièrement éprouvante
Ce résultat doit également être replacé dans le contexte d’une saison particulièrement éprouvante pour les services de secours. Dès la mi-juillet 2026, les données du Système européen d’information sur les incendies de forêt faisaient état d’environ 41.000 ha brûlés en France depuis le début de l’année, soit plus de quatre fois la moyenne des vingt années précédentes.
La précocité constitue l’un des autres éléments marquants de cette saison. Les feux ont commencé à prendre une ampleur inhabituelle dès le début du mois de juillet, alors que la période estivale la plus exposée intervient traditionnellement plus tard. Les conditions météorologiques ont favorisé la dessiccation des sols et de la végétation, compliquant le travail des secours et accélérant la propagation des flammes.
Le phénomène ne se limite d’ailleurs plus aux territoires traditionnellement associés aux feux de forêt. La saison 2026 a également touché des départements moins habitués à ce risque, tandis que l’incendie de Fontainebleau a illustré l’extension géographique possible de la menace. Environ 2.000 ha ont été brûlés lors de cet incendie, un niveau très supérieur à la moyenne annuelle observée dans la région francilienne.
Cette évolution contribue à transformer la perception du risque. Les incendies ne sont plus seulement considérés comme un problème saisonnier cantonné au pourtour méditerranéen. Ils apparaissent progressivement comme un enjeu national de sécurité civile, d’aménagement du territoire et d’adaptation au changement climatique.
Les Français sont prêts à modifier leurs habitudes mais attendent aussi une réponse des pouvoirs publics
Dans la même veine, à la question de savoir si la France dispose aujourd'hui de moyens humains et matériels suffisants pour lutter contre les incendies de forêt, seuls 15% répondent par l'affirmative, tandis que le camp du « non» recueille 81% des réponses. Le sondage nous apprend par ailleurs qu'une majorité des Français ont l'intention de modifier certaines de leurs habitudes (gestion des mégots, usage du barbecue, activités en extérieur) afin de réduire les risques de départ d'incendie : 40% les modifieront « certainement » et 33% le feront « probablement ».
Enfin, le sondage nous apprend que 26% des Français estiment que le changement climatique devrait être la priorité lors de l'élection présidentielle de 2027, et 58% estiment qu'il devrait être un sujet important, parmi d'autres.
