Mélenchon, Glucksmann : le grand bazar fiscal qui menace la France

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By Jean-Baptiste Giraud Last modified on 26 août 2026 13h50
Mélenchon, Glucksmann : le grand bazar fiscal qui menace la France
Mélenchon, Glucksmann : le grand bazar fiscal qui menace la France - © Economie Matin

La gauche a décidément trouvé son sport favori : inventer de nouveaux impôts. Pendant que Raphaël Glucksmann promet 15 milliards en taxant les héritages, un scénario-fiction met en scène un président Mélenchon annulant 18 % de la dette française. Derrière les slogans, c'est notre crédibilité économique et nos entreprises qui seraient les premières victimes.

15 milliards €

Le montant que Raphaël Glucksmann prétend récupérer chaque année en taxant les « méga-héritages » et les grands groupes.

La saison des promesses fiscales a commencé

Nous sommes en août 2026, et la présidentielle sent déjà le soufre fiscal. Raphaël Glucksmann vient de se déclarer candidat avec, en étendard, une promesse qui fleure bon les années 80 : taxer les « méga-héritages » et les grandes entreprises pour récupérer 15 milliards d'euros par an. Thierry Breton, lui, s'offre un exercice de science-fiction économique en imaginant un président Mélenchon annulant 18 % de la dette française.

Je veux bien que la fiction soit un genre littéraire respectable. Mais quand elle porte sur notre dette souveraine, le mot « fiction » prend une saveur particulièrement amère. Annuler 18 % de notre dette, cela signifie concrètement organiser le défaut de paiement de la France, détruire la confiance des marchés, et voir nos taux d'intérêt exploser du jour au lendemain. Les Grecs, en 2012, ont goûté à cette médecine. Ce n'était pas une partie de plaisir.

Mais revenons à Glucksmann et à ses 15 milliards. Le chiffre est rond, rassurant, presque propre. Sauf que cette promesse repose sur un postulat que l'histoire a infirmé des dizaines de fois : taxer davantage les patrimoines et les grandes entreprises rapporte rarement ce que l'on espère. Les capitaux, eux, ne lisent pas les programmes électoraux — ils lisent les bilans et les traités européens. Et ils partent quand ça brûle.

Ce que nos voisins font que nous ne faisons pas

Force est de constater que pendant que la France débat de nouveaux prélèvements, nos voisins européens jouent une partition radicalement différente. L'Allemagne, malgré ses difficultés conjoncturelles, maintient une pression fiscale globalement inférieure sur les entreprises. Les Pays-Bas restent une destination privilégiée des sièges sociaux européens. La Suisse affiche des taux d'imposition sur les successions qui feraient pâlir nos candidats de gauche.

La vraie question que personne ne pose dans cette campagne, c'est celle-ci : pourquoi les jeunes actifs, comme le révèle l'étude du Céreq publiée ce mardi, sont-ils de plus en plus nombreux à vouloir fuir le salariat et les grandes entreprises ? Non pas parce que les entreprises sont diaboliques, mais parce qu'un système fiscal et social qui ponctionne 45 à 50 % du coût d'un salarié génère inévitablement des relations employeur-employé distendues, méfiantes, transactionnelles. Vous voulez réparer ce lien ? Commencez par alléger les charges, pas par les alourdir.

Le vrai sujet que personne ne veut aborder

Je le dis sans détour : le problème de la France n'est pas un manque de recettes fiscales. Avec un taux de prélèvements obligatoires qui flirte avec les 45 % du PIB — soit 7 à 10 points de plus que la moyenne des pays comparables —, nous n'avons pas besoin de nouvelles taxes. Nous avons besoin de couper dans une dépense publique qui représente près de 57 % du PIB, du jamais-vu en temps de paix dans un pays développé.

Taxer les héritages ou annuler la dette, c'est sexy en discours de rentrée. Réformer l'État, supprimer les doublons administratifs, remettre de la responsabilité individuelle dans notre modèle social : voilà ce qui est efficace. Mais ça, ça ne fait pas applaudir dans les meetings. Et c'est bien là tout le problème.

Photo Jean Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin.  Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time.  En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007. Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+, Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an. En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier.  Éditorialiste économique sur Sud Radio de 2016 à 2018, Il a également présenté le « Mag de l’Eco » sur RTL de 2016 à 2019, et « Questions au saut du lit » toujours sur RTL, jusqu’en septembre 2021.  Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont « Dernière crise avant l’Apocalypse », paru chez Ring en 2021, mais aussi de "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ou encore du " Guide des bécébranchés" (L'Archipel).

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