Le phénomène El Niño prévu pour octobre-décembre 2026 sera le plus intense jamais enregistré, avec 69% de probabilité d’atteindre +2,5°C. Cette amplification de 36% depuis l’ère préindustrielle, causée par les combustibles fossiles, menace 50 millions de personnes d’insécurité alimentaire et va faire grimper les prix alimentaires français de 15 à 30% sur certains produits dès 2027.
El Niño 2026-2027 : une intensification de 36% depuis l’ère préindustrielle

Le phénomène climatique El Niño, prévu entre octobre et décembre 2026, s'annonce comme le plus puissant jamais observé. En plus de menacer l'environnement, il affectera directement les prix de votre panier de courses et les équilibres économiques mondiaux. La NOAA estime à 69 % la probabilité qu'il atteigne des niveaux historiques de +2,5°C. Surnommé « Godzilla », cet événement pourrait pousser 50 millions de personnes vers l'insécurité alimentaire aiguë d'ici la fin de 2027.
Un phénomène naturel amplifié par l'homme
El Niño, qui survient naturellement tous les 2 à 7 ans, provoque un réchauffement des eaux du Pacifique tropical oriental. Toutefois, une étude récente publiée dans Science met en lumière une relation préoccupante entre El Niño et le réchauffement climatique. Julia Cole, climatologue à l'University of Michigan, explique que ce phénomène amplifie le réchauffement climatique, tout en étant intensifié par celui-ci. Andrew Dessler, de Texas A&M University, attribue une part importante des dégâts à notre dépendance aux combustibles fossiles.
Depuis le milieu du XIXe siècle, l'intensité d'El Niño a augmenté de 36 %, avec une variabilité accrue de 37 % ces 40 dernières années. Cette évolution, documentée grâce à l'analyse de fossiles de corail des îles Galápagos, marque une accélération depuis 1982. La dernière mesure montre une anomalie de température de 2,7°C dans le Pacifique central, dépassant le seuil de 2°C qui définit un événement « très puissant », confirmant ainsi l'intensification du phénomène.
Impacts sur les marchés agricoles mondiaux
El Niño modifie la production agricole mondiale. En Asie du Sud, des sécheresses prolongées menacent les récoltes de riz et d'épices, tandis qu'en Amérique du Sud, les pluies torrentielles nuisent aux cultures de soja et de maïs. En conséquence, le prix du riz a augmenté de 18 % depuis juin 2026, et le café arabica de 22 %. Ces perturbations affectent directement l'industrie agroalimentaire européenne, très dépendante des importations asiatiques et sud-américaines.
Le chiffre de 50 millions de personnes menacées d'insécurité alimentaire souligne également une rupture des chaînes d'approvisionnement mondiales. La Tanzanie et l'Afrique du Sud se préparent déjà aux impacts sévères attendus. En Europe, les entreprises de distribution alimentaire anticipent des pénuries, tandis que les coûts logistiques explosent, avec une volatilité des marchés agricoles sans précédent depuis la crise alimentaire de 2008.
Conséquences pour les consommateurs français
Les consommateurs français ressentiront l'impact d'El Niño dès début 2027. Le prix du riz, dont 70 % est importé d'Asie du Sud-Est, pourrait augmenter de 15 à 25 %. Le café arabica, déjà sous tension, pourrait connaître une hausse de 30 %. Les épices, le cacao et les fruits tropicaux suivront une tendance similaire, impactant les produits transformés tels que la biscuiterie et les plats préparés. La part de l'alimentation dans le budget des ménages français pourrait ainsi augmenter de 1 à 2 points.
En plus de l'impact sur les produits alimentaires, El Niño provoque une inflation énergétique secondaire. Les récoltes réduites augmentent la consommation électrique pour l'irrigation, et la production hydroélectrique diminue en raison des sécheresses. Les coûts de transport maritime augmentent également, ce qui, selon la Banque de France, pourrait ajouter 0,4 point à l'inflation française en 2027.
Préparations des entreprises et gouvernements
Face à ces prévisions, les entreprises et gouvernements élaborent des stratégies d'anticipation. Les grands groupes agroalimentaires diversifient leurs sources, tandis que Danone, Nestlé France et Lactalis augmentent leurs stocks de matières premières. Les distributeurs comme Carrefour et Leclerc développent des alternatives locales. Les coopératives agricoles françaises augmentent la production de légumineuses pour compenser les déficits attendus.
L'Inde, anticipant les perturbations, constitue des réserves alimentaires massives, atteignant 65 millions de tonnes de céréales. Cette stratégie, qui protège sa population mais réduit les volumes exportés, pourrait servir de modèle à l'Europe. L'Union européenne envisage la reconstitution de stocks stratégiques, tandis que la France repense sa souveraineté alimentaire face à sa dépendance pour le riz et les protéines végétales. El Niño 2026-2027 pourrait ainsi redéfinir les politiques agricoles européennes.
