La Fédération Environnement Durable demande l’interdiction de toute nouvelle implantation d’éoliennes dans les massifs forestiers français, au lendemain des incendies de l’été 2026. L’organisation s’appuie sur des incidents documentés en France et en Grèce pour montrer les risques d’incendie, notamment le cas du projet des Ailes de Taillard en Loire, qui fait face à l’opposition unanime de la commune de Vanosc.
Éoliennes en forêt : la FED exige leur interdiction

Après les incendies majeurs qui ont frappé les forêts françaises cet été, la Fédération Environnement Durable (FED) demande au Gouvernement d'interdire toute nouvelle implantation d'éoliennes dans les massifs forestiers.
Le risque d'incendie d'une éolienne est réel et documenté par la base officielle ARIA du ministère de la Transition écologique. Plusieurs incendies de nacelles et d'équipements électriques ont déjà été recensés en France. Dans certains cas, les pompiers ont dû laisser la machine se consumer en raison de sa hauteur, tandis que des débris incandescents retombaient au sol.
Installer de tels équipements industriels au cœur de forêts désormais soumises à un risque croissant d'incendie constitue une incohérence majeure en matière de sécurité publique.
L'alerte venue de Grèce
Le risque n'est pas théorique. Le 31 juillet 2026, en Grèce, à l'ouest d'Athènes, un gigantesque incendie ayant ravagé plus de 10 000 hectares a été attribué par les enquêteurs des services d'incendie provenant de la ligne électrique reliant un parc de cinq éoliennes au réseau. L'affaire a conduit la justice grecque à lancer une enquête nationale sur les installations éoliennes. Cet accident rappelle qu'un parc éolien ne se limite pas aux machines : câbles, lignes électriques et postes de raccordement constituent eux aussi des sources potentielles de départ de feu.
Taillard : un exemple emblématique
Le projet des Ailes de Taillard prévoit l'installation de dix éoliennes au cœur de la forêt de Taillard, sur les communes de Burdignes et Saint-Sauveur-en-Rue, dans le sud de la Loire, à proximité immédiate de Vanosc, en Ardèche, et de la Haute-Loire.
Que font dix éoliennes dans une forêt du Parc Naturel Régional du Pilat ?
Cette forêt appartient au Parc naturel régional du Pilat, vaste territoire naturel situé au sud de Saint-Étienne, entre la vallée du Rhône, l'Ardèche et la Haute-Loire. Elle constitue l'un des massifs forestiers emblématiques du Pilat.
La commune de Vanosc (Ardèche) concernée par le projet dit NON et se porte en intervention volontaire
Le 25 août 2026, le conseil municipal de Vanosc a décidé à l'unanimité de rejoindre le recours contre l'autorisation du projet, aux côtés de plusieurs associations locales Protégeons Taillard, les Sources de Taillard, Défense du Patrimoine Forestier et Préservons Vanosc.
La commune alerte également sur les risques pesant sur ses ressources en eau potable et sur l'insuffisance des mesures de protection prévues autour des éoliennes.
Malgré cette opposition locale persistante, les porteurs du projet continuent de vouloir imposer cette implantation, présentée comme « citoyenne ».
Pour la FED, le caractère participatif ou financier d'un projet ne peut jamais primer sur la sécurité des populations, des forêts et des sapeurs-pompiers.
La forêt ne doit pas devenir une zone industrielle
La FED demande l'interdiction de toute nouvelle éolienne dans les massifs forestiers ; un moratoire immédiat sur les projets forestiers non encore construits, dont Taillard ; une réévaluation du risque incendie des projets déjà autorisés en forêt.
Après les incendies que la France vient de subir, continuer à installer des éoliennes industrielles au milieu des forêts serait irresponsable. Un incendie d'éolienne peut devenir dramatique lorsqu'il se produit au cœur d'un massif forestier. L'État doit prendre ses responsabilités : les éoliennes en forêt doivent être interdites.