TAP Air Portugal a perdu 59,3 millions d’euros au deuxième trimestre 2026, victime de l’envolée des prix du carburant. Pour stopper l’hémorragie, le gouvernement portugais a lancé des négociations simultanées avec Air France-KLM et Lufthansa en vue de privatiser jusqu’à 49,9% de la compagnie. Un pari financier risqué pour rentabiliser les 3,2 milliards d’euros d’aide publique injectés depuis 2020.
Air France-KLM et Lufthansa en concurrence pour la privatisation de TAP Air Portugal

TAP Air Portugal a enregistré une perte de 59,3 millions d'euros au deuxième trimestre 2026. Pour remédier à cette situation, le gouvernement portugais a décidé de mettre en concurrence Air France-KLM et Lufthansa pour la privatisation de 49,9% de la compagnie. Ce choix vise à transformer cette entreprise, nationalisée en 2020, en une entité rentable.
Une perte trimestrielle de 59,3 millions d'euros : une situation critique
Les résultats financiers de TAP Air Portugal sont alarmants. Au deuxième trimestre 2026, la compagnie a subi une perte nette de 59,3 millions d'euros, après un bénéfice de 38,3 millions d'euros l'année précédente. Cette chute soulève des questions sur la viabilité de son modèle économique. Selon Le Figaro, malgré les efforts de restructuration depuis 2021, la compagnie reste déficitaire.
La hausse des prix du kérosène a particulièrement impacté la situation financière de TAP. Luis Rodrigues, directeur général, indique que bien qu'une demande solide ait atténué cet impact, les coûts énergétiques élevés ont rogné les marges. Le carburant, représentant habituellement 25% à 30% des coûts d'exploitation, voit son prix s'envoler, compromettant la rentabilité.
En dépit d'une demande robuste, notamment vers le Brésil, le chiffre d'affaires de TAP est resté stable à 1,12 milliard d'euros. Cette performance commerciale ne compense pas l'augmentation des charges. Avec 7 700 employés, dont 1 200 pilotes, les coûts de personnel ajoutent à la pression financière.
Privatisation partielle pour injecter des capitaux frais
Face à ces difficultés, Lisbonne a opté pour une privatisation partielle. Le 4 septembre 2026, le gouvernement portugais a entamé des négociations simultanées avec Air France-KLM et Lufthansa, qui ont soumis leurs offres en juillet. L'État vise à obtenir les meilleures conditions financières et opérationnelles avant de choisir un repreneur unique.
En limitant la privatisation à 49,9%, le gouvernement conserve le contrôle de TAP tout en garantissant des conditions stratégiques, telles que le maintien du hub de Lisbonne et des liaisons nationales. Une clause réserve 5% des actions aux employés pour favoriser l'acceptation du projet. Les investisseurs peuvent ainsi apporter expertise et capitaux sans dilution du contrôle public.
Air France-KLM et Lufthansa ont chacun déposé des offres détaillées. Leurs propositions sont jugées très proches par les experts mandatés, justifiant la compétition directe pour améliorer les offres initiales.
3,2 milliards d'euros d'aide publique à rentabiliser
En 2020, TAP a été nationalisée pour contrer les effets de la pandémie, nécessitant 3,2 milliards d'euros d'aide publique, soit près de 1,5% du PIB portugais. La Commission européenne a validé un plan de restructuration strict pour rationaliser les coûts et optimiser la flotte. Luis Rodrigues insiste sur l'ouverture d'un nouveau chapitre pour TAP après la restructuration. La privatisation partielle doit transformer cet investissement public en rentabilité grâce à l'expertise d'un grand groupe européen.
Les négociations bilatérales avec Air France-KLM et Lufthansa devraient se conclure rapidement. À terme, un candidat sera retenu pour une négociation exclusive. António Leitão Amaro, ministre de la Présidence, supervise ce dossier urgent, car TAP continue de perdre de l'argent, coûtant plusieurs millions d'euros chaque mois aux finances publiques.
Le but ultime est de rendre TAP rentable et attractive. Le hub de Lisbonne, ses positions sur l'Europe et le Brésil, ainsi que les synergies possibles avec Air France-KLM ou Lufthansa, sont des atouts clés. Si le prix du kérosène se stabilise et que les synergies industrielles portent leurs fruits, un retour à la rentabilité semble envisageable. Contrairement à certaines compagnies low-cost, TAP mise sur un positionnement premium et des partenariats solides pour un redressement durable.
Cette privatisation partielle représente un test pour la stratégie économique du Portugal. Attirer un investisseur industriel tout en préservant le contrôle public et rentabiliser l'aide publique sont des défis majeurs. Les semaines à venir détermineront si Air France-KLM ou Lufthansa apportera la meilleure solution pour redresser TAP, qui perd actuellement près d'un million d'euros par jour.
