Goldman Sachs prévoit que le pétrole pourrait atteindre 120 dollars le baril si les attaques contre les navires au Moyen-Orient s’intensifient. Pour les ménages français, cela signifie une hausse immédiate à la pompe, une inflation accélérée et un pouvoir d’achat amputé de 2% à 3%. À l’inverse, un retour à la normale pourrait ramener les cours à 80 dollars.
Pétrole à 120 dollars : la facture salée qui menace les ménages

Selon Goldman Sachs, si les tensions au Moyen-Orient s'aggravent, le prix du baril de pétrole pourrait atteindre 120 dollars. Cela entraînerait une hausse immédiate des prix à la pompe et une accélération de l'inflation dans les mois suivants. Le 7 septembre, le Brent était coté à 97,35 dollars et le WTI à 92,48 dollars, enregistrant une progression de 8% à 10% en une semaine. Les récentes attaques contre des pétroliers en mer Rouge et dans le détroit d'Ormuz contribuent à cette augmentation.
Scénario pessimiste de Goldman Sachs : un baril à 120 dollars
Daan Struyven, co-directeur de la recherche mondiale sur les matières premières chez Goldman Sachs, a indiqué sur Bloomberg TV que le pétrole pourrait atteindre 120 dollars le baril si les perturbations du transport maritime s'intensifient. Il a précisé que les récents événements suggèrent un risque accru d'extension de ces perturbations. Récemment, les États-Unis ont ciblé trois pétroliers iraniens, dont un près de l'île de Kharg, un hub crucial pour l'exportation pétrolière de l'Iran. En réponse, l'Iran a attaqué trois navires américains supplémentaires et annoncé la création d'une zone d'exclusion s'étendant jusqu'au détroit d'Ormuz.
Impact sur le prix de l'essence
Le détroit d'Ormuz est crucial, avec 20% à 30% du pétrole mondial y transitant chaque jour. Cependant, le trafic de pétroliers y a chuté, atteignant son niveau le plus bas depuis mai, selon les données de Kpler relayées par Yahoo Finance. À 120 dollars le baril, le prix de l'essence en France pourrait augmenter de 20 à 30 centimes par litre. Pour un ménage parcourant 15 000 kilomètres par an, cela représenterait un coût supplémentaire annuel de 300 à 450 euros, en plus des 137 euros dépensés mensuellement en moyenne pour l'essence, soit trois fois plus qu'un véhicule électrique.
Effets en cascade sur l'inflation et l'énergie
Un prix du pétrole à 120 dollars provoquerait une hausse généralisée des coûts. Les secteurs du transport routier, aérien et maritime répercuteraient ces augmentations sur les prix des biens de consommation. Les produits alimentaires, majoritairement transportés par camion en France, pourraient voir leurs prix augmenter de 3% à 5% dans les trois mois suivant la hausse. L'électricité, produite partiellement par des centrales thermiques en Europe, pourrait également enregistrer une hausse de 5% à 8%. Les ménages français, déjà touchés par une inflation persistante, verraient leur pouvoir d'achat diminuer de 2% à 3% sur l'année. La Banque centrale européenne, lors de sa décision de politique monétaire prévue le 10 septembre, pourrait durcir sa position en réponse à cette nouvelle poussée inflationniste.
Secteurs à risque : transports et alimentation
Les secteurs les plus vulnérables sont ceux qui dépendent fortement des carburants. Les compagnies aériennes, qui dédient 25% à 35% de leurs coûts au kérosène, pourraient augmenter leurs tarifs de 10% à 15%. Les transporteurs routiers, déjà fragilisés, verraient leurs marges réduites. La grande distribution répercuterait ces hausses sur les prix à la consommation. Goldman Sachs recommande de se tourner vers le gaz naturel et le diesel, soulignant l'ampleur des chocs d'approvisionnement dans ces secteurs. Pour les consommateurs, cela se traduirait par des hausses de coûts pour chaque déplacement, achat alimentaire et facture énergétique.
Scénario optimiste : retour possible à 80 dollars
Conditions pour une baisse des prix
Goldman Sachs envisage également un retour à 80 dollars le baril si les exportations de la région se normalisent. Plusieurs facteurs pourraient favoriser cette baisse : une désescalade entre Washington et Téhéran, un cessez-le-feu régional ou une reprise du trafic maritime dans le détroit d'Ormuz. À 80 dollars, le prix de l'essence en France reviendrait aux niveaux observés début 2026, soulageant immédiatement les budgets des ménages et ralentissant l'inflation.
Seuil d'alerte : 100 dollars le baril
Le seuil critique est fixé autour de 100 dollars le baril. Au-delà, les mécanismes inflationnistes se mettraient en marche durablement. Actuellement, le Brent oscille autour de 97 dollars, proche de ce seuil. Si les attaques contre les navires se multiplient, le franchissement de ce seuil deviendrait inévitable. Les prochaines semaines seront déterminantes : le Parlement iranien a récemment déclaré que « l'ère des réponses proportionnées est désormais révolue », ce qui laisse craindre une escalade. Pour les ménages français, surveiller le prix du Brent est crucial pour anticiper l'évolution de leur pouvoir d'achat. Entre 80 et 120 dollars, la différence représente plusieurs centaines d'euros par an, impactant les choix de consommation à venir.