Le pétrole grimpe après des frappes Houthies en Arabie Saoudite

Les Houthis du Yémen ont mené une série d’attaques coordonnées contre l’Arabie Saoudite, blessant 73 civils et frappant des installations pétrolières stratégiques, dont la raffinerie de Jizan. Cette escalade militaire provoque une flambée des cours du pétrole et fait craindre un embrasement régional.

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 8 septembre 2026 8h44
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Le pétrole grimpe après des frappes Houthies en Arabie Saoudite - © Economie Matin
100 DOLLARSLe brut de Dubaï a atteint 100 dollars sur les marchés asiatiques.

Nouvelles frappes houthies en Arabie Saoudite : le pétrole s'envole

Ce lundi, les rebelles Houthis du Yémen ont attaqué plusieurs villes d'Arabie Saoudite, entraînant une hausse immédiate des cours du pétrole. Le Brent a dépassé les 97 dollars le baril, tandis que le brut de Dubaï a atteint 100 dollars sur les marchés asiatiques. Ces attaques ont ciblé des installations énergétiques stratégiques et des zones civiles, marquant une nouvelle intensification du conflit qui semblait avoir retrouvé une certaine accalmie depuis 2022.

Selon le Major Général Turki Al-Maliki, porte-parole de la Coalition menée par Riyad, au moins 73 personnes ont été blessées lors de ces attaques simultanées. Parmi elles se trouvent des femmes et des enfants touchés à Abha, Khamis Mushait, Jazan et Najran, situées dans l'ouest du royaume. Le militaire a qualifié ces opérations de « dangereuses » et « insensées » et a promis une « réponse résolue ».

La raffinerie de Jizan, cible récurrente

La raffinerie de Saudi Aramco à Jizan, ayant une capacité de 400 000 barils par jour, a de nouveau été touchée lundi, comme l'a rapporté le Financial Times. Deux sources ont confirmé que l'impact de cette frappe était comparable à celui du mois précédent, qui avait temporairement perturbé les opérations. Aramco n'a pas encore communiqué sur l'ampleur des dégâts, et aucun groupe n'a revendiqué l'action.

Depuis cet été, Jizan est devenue une cible privilégiée des Houthis, soutenus par l'Iran. En juillet, des attaques avaient déjà frappé les installations d'Aramco à Jizan et Yanbu, provoquant des incendies. La position de la raffinerie sur la côte de la mer Rouge renforce son importance dans la stratégie saoudienne de contournement du détroit d'Ormuz, une préoccupation majeure pour les routes maritimes mondiales.

Selon Oilprice.com, les exportations depuis Jizan ont chuté après l'attaque précédente, avec aucun chargement en août. Le royaume a compensé en augmentant les expéditions via son pipeline Est-Ouest vers Yanbu, bien que ces routes soient elles aussi menacées par les raids houthis.

Un bilan humain et économique qui s'alourdit

Les attaques ont provoqué des incendies sur plusieurs sites dans le sud de l'Arabie Saoudite, entraînant l'arrêt temporaire de certaines opérations, selon le ministère saoudien de l'Énergie. Le Royaume a affirmé son droit de se défendre, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères publié sur X.

Les forces soutenues par Riyad ont rapporté des avancées dans les provinces d'Al Jawf, Al Bayda, Taiz et Hodeidah. D'après Israel National News, des dizaines de combattants ont été tués ou blessés lors de combats intenses. Les Houthis ont lancé une offensive terrestre et des tirs de missiles et de drones sur des zones stratégiques côtières pour progresser vers le détroit de Bab el-Mandeb.

Une escalade qui ravive les tensions régionales

La reprise des hostilités met fin à une trêve de quatre ans. En 2022, un cessez-le-feu avait été conclu entre l'Arabie Saoudite et les rebelles yéménites. Cependant, les Houthis réclament désormais la levée du blocus économique imposé par Riyad aux territoires du nord du Yemen qu'ils contrôlent.

Nasr al-Din Amer, responsable houthi, avait déclaré à CNN en juillet que les actions saoudiennes poussaient à une réponse plus décisive. Sur Telegram mardi, il a affirmé que la riposte était plus large que ce qui était rapporté sur les réseaux sociaux.

Le blocus de Riyad amplifie la crise humanitaire au Yémen, déjà dévasté par des années de guerre civile. Selon l'ONU, le conflit a causé la mort d'au moins 150 000 personnes et a souvent poussé le pays au bord de la famine, la reprise des combats faisant craindre une dégradation supplémentaire pour les civils.

Les marchés pétroliers sous pression

La tension militaire a immédiatement affecté les marchés pétroliers. Goldman Sachs a prédit que le baril pourrait atteindre 120 dollars si les risques d'approvisionnement augmentaient. Le brut indien de référence a dépassé 100 dollars lundi, et le Brent se maintenait au-dessus de 97 dollars. Les analystes craignent que la multiplication des attaques contre les infrastructures saoudiennes ne perturbe durablement les exportations du principal producteur mondial de pétrole.

L'Iran a annoncé lundi le contrôle d'un nouveau corridor maritime dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite une part significative du pétrole mondial. Téhéran a proposé une zone maritime restreinte obligeant les navires à coordonner avec les autorités iraniennes. Cette annonce suit un week-end marqué par des tensions en mer, les forces américaines ayant frappé des pétroliers iraniens après des tirs iraniens sur des navires de guerre américains.

Perspectives face au risque d'embrasement

La mobilisation militaire saoudienne près de la frontière suggère une préparation à une confrontation prolongée. Amin Nasser, PDG d'Aramco, avait déclaré que les attaques précédentes avaient causé des interruptions temporaires sans impact significatif. Toutefois, les frappes répétées sur Jizan pourraient remettre en cause cette évaluation optimiste.

Les conséquences économiques s'étendent au-delà de l'Arabie Saoudite. L'Inde, grand importateur de pétrole, voit ses coûts énergétiques augmenter, tandis que la Chine pourrait revoir sa stratégie d'approvisionnement. En Europe, les prix du gaz naturel liquéfié (GNL) atteignent leurs plus hauts niveaux depuis 2022.

Rashad al-Alimi, président du Conseil de direction présidentiel yéménite, a salué les « victoires » des forces armées dans plusieurs provinces. Il a averti que les Houthis devraient assumer les conséquences de l'escalade militaire. Al-Alimi a ajouté que le territoire national ne servirait pas de base pour menacer les voies maritimes, alors que les combats se concentrent autour de la mer Rouge et de Bab el-Mandeb.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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