Crise du logement : l’UE frappe fort contre les locations touristiques

Le 9 septembre 2026, la Commission européenne a dévoilé l’Acte pour le logement abordable, un cadre législatif permettant aux villes de restreindre les locations touristiques type Airbnb dans les zones saturées. Objectif : endiguer une crise qui voit 50% des citadins européens considérer le logement comme un problème urgent, avec des prix ayant bondi de 5,1% en un an. Mais les plateformes dénoncent une régulation excessive qui ignore la pénurie structurelle de construction.

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By La rédaction Published on 10 septembre 2026 6h09
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Crise du logement : l’UE frappe fort contre les locations touristiques - © Economie Matin
10%10% du parc de logements de Paris est vacant.

Le 9 septembre 2026, la Commission européenne a lancé l'Acte européen pour le logement abordable, une législation visant à permettre aux autorités locales de limiter les locations touristiques de type Airbnb dans les zones où le marché immobilier est tendu. L'objectif est de freiner l'augmentation des prix qui prive de nombreux Européens d'un logement accessible. Les plateformes dénoncent cependant une régulation excessive et soulignent des problèmes structurels plus profonds dans le secteur.

Une crise du logement abordable en Europe

Selon la Commission européenne, plus de 50 % des citadins européens considèrent le logement comme un problème urgent. Entre 2015 et le troisième trimestre 2025, les prix des maisons ont bondi de 64,9 % en Europe, tandis que les loyers ont augmenté de 21,8 %. Cette situation affecte la mobilité professionnelle et éducative des jeunes, impactant la compétitivité de l'Union européenne.

Au premier trimestre 2026, les prix de l'immobilier résidentiel ont encore augmenté de 5,1 % par rapport à l'année précédente dans l'UE, et les loyers de 3 %, selon Eurostat. Des hausses significatives ont été observées dans certains États membres, comme la Croatie, où les loyers ont grimpé de 21,9 %. La Commission estime qu'il faudra construire 2 millions de logements par an d'ici 2035 pour répondre à la demande actuelle, un défi nécessitant des investissements majeurs et une coordination entre États membres.

Impact des locations courte durée et cadre législatif

L'essor des locations touristiques exacerbe la crise du logement dans les villes attractives comme Paris, Barcelone et Berlin. La Commission reconnaît que ces locations ont contribué à l'augmentation des prix dans certaines zones, bien que d'autres facteurs soient également en jeu. L'Acte européen pour le logement abordable vise à corriger cette distorsion économique.

Présenté par Teresa Ribera, vice-présidente exécutive de la Commission, le texte établit un cadre légal harmonisé au niveau européen. Il légitime les initiatives municipales qui rencontrent des difficultés juridiques, permettant à des villes comme Paris et Berlin de réguler Airbnb avec un soutien de Bruxelles. Les zones sous tension seront définies par des critères économiques et une preuve de l'impact négatif des locations de vacances. Les municipalités pourront ainsi limiter les locations touristiques, imposer des quotas ou exiger des autorisations préalables, tout en préservant la flexibilité des propriétaires de résidences principales.

Conséquences économiques pour divers acteurs

L'Acte modifie les dynamiques du marché du logement européen. Airbnb et autres plateformes de location touristique risquent de voir leur offre se réduire dans les grandes villes, entraînant une baisse des transactions et des revenus. George Mavros, d'Airbnb, souligne que l'attention devrait se porter sur la construction et la rénovation pour résoudre la pénurie de logements. Les investisseurs dans la location saisonnière devront adapter leur modèle, certains se tournant vers la location longue durée, ce qui pourrait modérer les prix du marché résidentiel.

Les professionnels du tourisme doivent s'adapter à une offre d'hébergement potentiellement réduite, ce qui pourrait avantager les hôtels mais aussi entraîner une hausse des prix pour les touristes. Les villes devront équilibrer la préservation du tissu résidentiel et l'attractivité touristique.

Débats et perspectives législatives

L'Acte suscite des réactions variées : les municipalités le soutiennent, mais les acteurs économiques critiquent une approche qu'ils jugent dirigiste. Airbnb affirme que les locations touristiques ne représentent qu'une petite partie du parc immobilier et plaide pour des investissements dans la rénovation urbaine. Alexandre Roure de CCIA Europe met en garde contre l'absence de contrôle indépendant, craignant une application arbitraire des restrictions.

Le texte doit encore être approuvé par le Conseil de l'UE et le Parlement européen. Les négociations promettent d'être difficiles, certains pays soutenant les restrictions, d'autres réclamant des assouplissements. Le processus législatif pourrait durer entre 12 et 18 mois avant que l'Acte ne soit transposé dans les législations nationales, un processus qui pourrait encore évoluer selon les compromis politiques et les résistances économiques.

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