Alors que 87% des dirigeants d’entreprises familiales affirment avoir engagé une transmission, seuls 6% ont réellement passé le relais. Pourtant, les receveurs qui franchissent le cap transforment radicalement l’héritage reçu : 74% initient un nouveau projet stratégique, générant par ailleurs une croissance du chiffre d’affaires dans 57% des cas.
La moitié des entreprises familiales croît après une transmission

Un paradoxe est à l'œuvre : 87% des dirigeants d'entreprises familiales affirment avoir engagé une transmission, mais seuls 6% ont véritablement passé le relais du pouvoir et du capital. Cependant, parmi ceux qui ont franchi ce cap, les résultats sont éloquents : 74% des receveurs initient un nouveau projet stratégique, générant une croissance du chiffre d'affaires dans 57% des cas. Comment expliquer ce fossé entre intention et réalité économique ?
Les receveurs, nouveaux entrepreneurs de l'héritage familial
Les receveurs d'entreprises familiales s'affirment comme de véritables entrepreneurs, loin de l'image du successeur conservateur. D'après la deuxième édition du Baromètre de la transmission des entreprises familiales réalisé par EY, 74% d'entre eux lancent un nouveau projet stratégique dès leur prise de fonction. Deux tiers de ces projets diffèrent radicalement de ceux de la génération précédente. « Lorsque l'intention devient action, la transmission familiale devient un puissant moteur de transformation et de création de valeur », commente Sébastien Vouaux, associé EY.
L'innovation et la digitalisation sont au cœur de ces projets, 65% des receveurs les identifiant comme premiers leviers de développement. Ils favorisent la transformation numérique et l'automatisation, répondant aux évolutions du marché et aux attentes d'une clientèle connectée. Alors que leurs aînés misaient sur la proximité physique et le savoir-faire artisanal, les receveurs misent sur la technologie pour amplifier cet héritage.
Les choix stratégiques paient : les entreprises dirigées par des receveurs enregistrent une croissance du chiffre d'affaires dans 57% des cas, une croissance qui est même supérieure à 20% pour 46% d'entre eux. Un cercle vertueux se dessine, 88% des receveurs souhaitant eux-mêmes transmettre, perpétuant ainsi une dynamique de renouvellement.
Le paradoxe de la transmission : intention vs réalité opérationnelle
Le contraste est saisissant : 87% des dirigeants affirment avoir entrepris une transmission, mais seuls 6% ont complètement passé le relais. Ce décalage de 81 points met en lumière un blocage structurel: le véritable enjeu est de transmettre le pouvoir à la nouvelle génération. Selon le Baromètre EY, 63% des transmetteurs n'ont aucun projet pour l'après-transmission, expliquant leur difficulté à se détacher de l'entreprise.
De plus, 57% des transmissions se font sans processus formalisé, créant un flou organisationnel. L'absence de calendrier précis et de répartition claire des responsabilités limite la capacité des receveurs à exercer leurs fonctions. Un dialogue insuffisant entre générations aggrave la situation, avec un écart de perception de 24 points sur l'existence d'une gouvernance lors de la transmission.
La bonne transmission des entreprises familiales, un enjeu majeur pour le tissu économique français
Les entreprises familiales représentent 71% des entreprises françaises, 69% des emplois et 65% du PIB. La transmission de ces entreprises est cruciale pour la souveraineté économique. Chaque échec de transmission fragilise le tissu économique, détruit des emplois et disperse des savoir-faire. La fluidité des transmissions familiales est donc un impératif stratégique.
Le Baromètre EY rappelle que la transmission des entreprises familiales est avant tout un sujet humain. On y lit que 42% des transmetteurs craignent de léguer un fardeau, et 65% des receveurs redoutent de ne pas être à la hauteur. Un accompagnement émotionnel est nécessaire pour surmonter ces peurs.
Le défi est de transformer l'intention en action, structurer les processus et accompagner les dimensions humaines. Les 74% de receveurs lançant de nouveaux projets montrent qu'une transmission réussie transforme l'entreprise familiale en moteur de croissance. Reste à lever les obstacles empêchant 81% des transmissions annoncées de se concrétiser.
