La BCE relève ses taux directeurs de 25 points de base face à des tensions inflationnistes durables, portant le taux de dépôt à 2,50%. Malgré une économie européenne résiliente, l’inflation devrait rester largement supérieure à l’objectif de 2% pendant une période prolongée, selon Christine Lagarde.
BCE : une nouvelle hausse des taux dans un contexte inflationniste durable

Comme largement anticipé, la BCE a relevé le 10 septembre 2026 ses taux directeurs de 25pb.
Après la pause de juillet, c'est la seconde fois que le Conseil des gouverneurs décide de les augmenter cette année, une décision prise à l'unanimité.
Les trois taux directeurs sont ainsi portés à :
- 2.50% pour le taux de dépôt,
- 2.65% pour les opérations principales de refinancement,
- 2.90% pour la facilité de prêt marginal.
La BCE pointe le conflit au Moyen-Orient comme moteur principal des tensions inflationnistes et concède que l'inflation « devrait rester largement supérieure à l'objectif pendant une période prolongée ».
Le scénario économique de référence a fait l'objet de plusieurs révisions par rapport à celui de juin dernier :
- La projection d'inflation est restée inchangée pour 2026 à 3% et a été relevée pour 2027 (2.50% vs. 2.30%) et 2028 (2.10% vs. 2%) ;
- La croissance du PIB a été revue à la hausse pour 2026 de +0.80% en juin à +0.90%, de 1.20% à 1.40% pour 2027. La projection pour 2028 est restée stable à +1.50%.
Christine Lagarde a souligné la résilience de l'économie européenne au T2'2026 et probablement au T3 démontrant une certaine capacité à absorber des conditions financières plus restrictives. Une mise à jour des scenarii économiques de la BCE sera en outre communiquée dans les prochains jours intégrant la hausse des prix du pétrole.
Toutefois, les perspectives demeurent hautement incertaines tant sur l'inflation que la croissance. La hausse du pétrole et du gaz se transmet progressivement à l'économie et fait peser un risque de maintien de l'inflation à un niveau supérieur à l'objectif de la BCE.
L'inflation devrait rester nettement supérieure à l'objectif de 2 % pendant une période prolongée.
Nonobstant ce constat, la BCE souligne une fois encore l'absence d'effets de second tour via la boucle prix/salaires, la hausse du prix de services ou des anticipations d'inflation.
Si le relèvement des taux directeurs acté ce jour démontre clairement une volonté d'éviter que le choc sur l'énergie ne se transforme en une inflation durable, la BCE se refuse toujours à s'engager sur une trajectoire précise pour ses prochaines décisions.
Quoiqu'il en soit, la tonalité « hawkish » de l'intervention de Christine Lagarde ne laisse que peu de doute quant à l'orientation future des taux directeurs.
Le marché attend désormais deux hausses supplémentaires d'ici fin 2026.
