Les incidents au détroit d’Ormuz font s’envoler les cours du pétrole et les prix à la pompe, alors que ce détroit ne représente que 20% de la production mondiale. La France s’approvisionne principalement aux États-Unis, au Kazakhstan et au Nigeria. Taxes, délai de répercussion et marges commerciales expliquent pourquoi les hausses sont immédiates tandis que les baisses tardent.
L’envolée des prix des carburants est-elle incontournable ? NON

À la suite des incidents survenus dans le détroit d'Ormuz, le cours du pétrole s'est « envolé ». Immédiatement les prix des carburants ont augmenté sans attendre, ainsi que le fioul.
Et pourtant il ne passe que 20% de la production mondiale dont une grande partie importante approvisionne l'Inde, la Chine et les pays asiatiques.
En 2025, la production mondiale journalière était de 106,3 millions de barils.
Elle se répartie comme suit :
- Les Amériques : 35,60 Mb/j soit 29,9% du total mondial.
- Les Pays du Golfe : 30,87 Mb/j soit 29,1%
- L'Europe : 24,12Mb/j soit (avec la Russie) seule elle ne représente plus que 3,7%
- L'Asi/Pacifique : 6,15 Mb/j
- L'Afrique : 6.63 Mb/j
Alors pourquoi qu'à chaque « incident » dans les pays du Golfe, le pétrole s'envole ? Cela peut sembler incompréhensible ?
Car la France s'approvisionne principalement aux :
- Etats-Unis
- Kazakhstan
- Nigeria
Pour information, la France n'achète plus de pétrole à l'Iran depuis 2018 en raison des sanctions internationales et américaine pesant à Téhéran.
C'est pareil pour le pétrole russe, la France a cessé d'en importer depuis l'embargo européen depuis 2022 et 2023.
Ce qui semble surprenant, c'est la répercussion immédiate sur les prix à la pompe. Qui décide des prix, ce n'est pas uniquement le marché ?
Les prix ne baissent pas immédiatement en raison du poids des taxes, du décalage de la chaine d'approvisionnement et des marges des acteurs du secteur.
Le poids des taxes (TICPE et la TVA) représente environ la moitié du prix final payé à la pompe. Ce montant fixe ou proportionnel forme un plancher incompressible qui empêche les prix de baisser de façon spectaculaire lorsque le prix du brut diminue. Cela s'appelle un décalage temporel. Il existe un délai de deux semaines entre la baisse du cours du baril de pétrole brut sur les marchés financiers et la répercussion effective sur les étiquettes des stations-service, le temps d'écouler les stocks. Alors que dans l'autre sens la hausse est immédiate ce que ne comprenne pas les automobilistes ! Cela s'appelle « l'effet fusée et plume » Augmentation très rapide et baisse beaucoup plus lente.
Les prix à la pompe sont fixés librement par chaque distributeur ou exploitant de station-service en fonction de la libre concurrence et de coûts.
Le coût du pétrole brut et du raffinage s'élève à environ 25 à 30%.
Les taxes de l'état sont d'environ 55 à 60%.
Ensuite la TVA de 20% s'ajoute à ce montant.
Il ne faut pas oublier l'acheminement du carburant, la marge commerciale propre à chaque enseigne avec les dépenses dues aux certificats d'économie d'énergie (CEE) cette taxe augmente encore le coût jusqu'à 0.15 € par litre de carburant.
La taxe d'accise sur les produits pétroliers (TICPE) s'élève pour le diesel à 0,61€ par litre (UE = 0,41€/l), Pour le sans plomb c'est 0,69€/l (UE = 0,55 €/l).
Puis la TVA de 20% s'applique ensuite.
Décomposition du prix (détails)
- Brut
- Marge de raffinage E10
- Marges transport-distribution
- CEE HT
- Accise
- TVA
Les prix moyens de l'essence E10 étaient de 1,71€/litre en février 2026 et 2.11€/litre début septembre 2026. Le diesel a plus « flambé ».
Total proposait Le SP98 à 2€/l
Station moins chère : 1,98 €/l et la plus chère : 2,87€/l (hors stations d'autoroute)
A quand la baisse ?