La Banque de France observe un net changement au troisième trimestre 2026 : 41 % des PME et 58 % des entreprises de taille intermédiaire déclarent une hausse du coût de leurs crédits. Les demandes d’investissement restent pourtant très largement acceptées, ce qui déplace l’attention du refus bancaire vers le prix du financement.
Crédit aux PME : 41 % signalent une hausse des coûts malgré des prêts toujours accessibles

Le crédit reste largement accessible aux petites et moyennes entreprises françaises, mais son prix inquiète davantage leurs dirigeants. Dans une enquête publiée le 20 octobre 2026, la Banque de France relève que 41 % des PME et 58 % des entreprises de taille intermédiaire (ETI) déclarent une augmentation du coût de leurs emprunts au troisième trimestre.
La progression est rapide : ces proportions augmentent respectivement de 16 et 31 points en trois mois. L'enquête porte sur la perception des entreprises interrogées ; ces chiffres ne sont pas des taux d'intérêt moyens, ni la proportion de demandes refusées.
Des financements obtenus, mais à un prix plus sensible
Parmi les PME qui ont demandé un nouveau crédit d'investissement au troisième trimestre, 96 % ont obtenu la totalité ou au moins les trois quarts du montant sollicité. Cette proportion atteint 99 % chez les ETI. L'accès bancaire demeure donc favorable pour les entreprises qui déposent une demande, selon le périmètre retenu par la Banque de France.
En revanche, les demandes elles-mêmes restent mesurées : 19 % des PME et 26 % des ETI ont sollicité un nouveau crédit d'investissement au cours du trimestre. Ces chiffres décrivent une demande limitée, et non une fermeture généralisée du robinet bancaire.
La distinction compte pour les entreprises qui préparent un achat de matériel, l'ouverture d'un établissement ou une modernisation de leur outil de production. Obtenir un financement et pouvoir en supporter durablement le coût sont deux questions différentes. Un taux plus élevé augmente les charges financières d'un projet et peut en modifier le calendrier ou la rentabilité attendue.
La trésorerie présente un autre signal
Les besoins déclarés de nouveaux crédits de trésorerie concernent 7 % des PME et 7 % des ETI. Parmi les entreprises qui en ont demandé, 81 % des PME ont obtenu au moins les trois quarts du montant souhaité, contre 83 % au trimestre précédent ; la proportion atteint 94 % chez les ETI, après 93 %.
Les lignes de crédit déjà accordées jouent également un rôle. Parmi les entreprises disposant de telles lignes, 56 % des PME et 64 % des ETI déclarent y avoir eu recours pendant le trimestre. Cette dernière proportion augmente de trois points chez les ETI. La mobilisation d'une ligne existante ne se confond pas avec une nouvelle demande de prêt.
Ce que révèlent les données sur les taux
Le mouvement perçu par les dirigeants s'inscrit dans une remontée déjà mesurable des coûts de financement. Dans sa publication sur le financement des entreprises de juillet 2026, la Banque de France relevait un coût moyen de 3,75 % pour les nouveaux crédits bancaires aux sociétés non financières, après 3,69 % en juin. Cette statistique plus ancienne apporte un point de comparaison ; elle ne mesure pas les taux pratiqués en octobre.
Pour un dirigeant, le message de la nouvelle enquête est concret : la disponibilité du crédit ne garantit pas la stabilité de son coût. Comparer les offres sur une même durée, intégrer les frais associés et tester la capacité de remboursement à partir de scénarios prudents devient particulièrement important lorsque les marges sont contraintes.
L'enquête concerne les entreprises autonomes dans leurs décisions de financement et distingue les PME de 10 à 249 salariés des ETI de 250 à 4 999 salariés. Elle ne décrit donc pas directement la situation de toutes les microentreprises, ni les financements obtenus sur les marchés obligataires.
