Inflation alimentaire : la rentabilité des grossistes a progressé malgré des ventes en volume en recul

Une étude de l’Insee publiée le 20 octobre 2026 éclaire un maillon souvent discret de la chaîne alimentaire. Entre 2020 et 2024, les grossistes agroalimentaires ont vu leur excédent brut d’exploitation augmenter de 45,2 %, alors que leurs volumes de vente stagnaient ou diminuaient.

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By Published on 26 octobre 2026 9h15
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Inflation alimentaire : la rentabilité des grossistes a progressé malgré des ventes en volume en recul - © Economie Matin

La hausse des prix alimentaires a aussi transformé les comptes des intermédiaires entre producteurs, industriels et distributeurs. Selon une analyse de l’Insee publiée le 20 octobre 2026, l’excédent brut d’exploitation des grossistes agroalimentaires français a progressé de 45,2 % entre 2020 et 2024. Dans le même temps, les quantités vendues n’ont pas suivi la même trajectoire : elles ont reculé dans le commerce de gros agricole et sont restées presque stables dans celui des produits alimentaires.

Cette photographie rétrospective éclaire la répartition des effets de l’inflation dans la chaîne d’approvisionnement. Elle porte sur les performances des entreprises jusqu’en 2024, et non sur les marges pratiquées en magasin à l’automne 2026.

Des prix en hausse de plus de 30 %, sans croissance des volumes

Entre 2020 et 2024, les prix de vente ont augmenté de 31,2 % chez les grossistes en produits alimentaires, boissons et tabac et de 26,2 % chez ceux qui commercialisent des produits agricoles bruts et des animaux vivants. Les ventes en valeur ont progressé respectivement de 29,7 % et de 19,1 %.

La comparaison avec les volumes est révélatrice : les quantités vendues ont diminué de 7,2 % pour les produits agricoles et de 0,1 % pour les produits alimentaires. À l’échelle de l’ensemble du commerce de gros, les volumes ont au contraire augmenté de 5,4 %. Les hausses de chiffre d’affaires des grossistes agroalimentaires traduisent donc avant tout l’évolution des prix.

Le secteur représente un maillon économique important. L’Insee chiffre à 293 milliards d’euros les ventes de marchandises de ces grossistes en 2025, dont 226 milliards pour les produits alimentaires, boissons et tabac, et 67 milliards pour les produits agricoles bruts et animaux vivants. Il ne s’agit pas du chiffre d’affaires des supermarchés ni du montant dépensé directement par les ménages.

Pourquoi la marge en euros et le taux de marge racontent deux histoires différentes

Les grossistes achètent des marchandises pour les revendre. Leur marge commerciale correspond à la différence entre leurs ventes et le coût d’achat des produits revendus ; elle doit encore couvrir d’autres charges, notamment les salaires, la logistique et les locaux. Une hausse de la marge commerciale en euros n’équivaut donc pas à une hausse identique du bénéfice.

Sur la période étudiée, la marge commerciale en valeur des grossistes agroalimentaires a augmenté de 29,4 %. Mais leur taux de marge commerciale s’est légèrement érodé, de 17,6 % à 17,5 % : le coût des marchandises achetées a lui aussi fortement augmenté.

La rentabilité a néanmoins progressé. D’après les calculs de l’Insee, la marge commerciale a augmenté plus vite que certaines charges de fonctionnement et que les coûts salariaux. L’excédent brut d’exploitation a ainsi gagné 45,2 %, et le taux de rentabilité économique du secteur a atteint 10,7 % en 2024, soit 1,6 point de plus qu’en 2020.

Une amélioration très inégale selon les filières

Le résultat global masque des trajectoires divergentes. La rentabilité économique des grossistes de produits alimentaires a augmenté de 2,4 points, avec des progressions particulièrement marquées dans les surgelés et les produits carnés. À l’inverse, elle a reculé de 0,5 point pour les grossistes en produits agricoles bruts.

L’étude relève également des évolutions dans les circuits d’approvisionnement. En 2024, 27 % des achats des grossistes alimentaires étaient effectués à l’étranger, contre une part inférieure de cinq points en 2020. Les pratiques d’achat et la composition des filières peuvent donc contribuer aux différences de performance, en plus des mouvements de prix.

Ce que ces chiffres apportent au débat sur le panier de courses

Pour les consommateurs, l’enseignement est celui d’une chaîne de valeur aux résultats contrastés. Les données de l’Insee montrent que les intermédiaires agroalimentaires ont globalement amélioré leur rentabilité durant la période de forte inflation, alors que leurs volumes ne progressaient pas. Elles ne permettent pas d’attribuer mécaniquement à ces entreprises la hausse des prix payés à la caisse : les prix agricoles, les coûts de transformation, le transport et la distribution interviennent également.

La distinction entre marge commerciale, rentabilité et évolution des volumes donne un repère plus précis pour analyser les prix alimentaires. Elle évite de confondre les gains comptables d’un secteur avec la marge réalisée sur chaque produit acheté par un ménage.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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