La sécurisation d’un ancien tunnel ferroviaire permet de relier deux promenades de la Petite Ceinture. En parallèle, un site sous les voûtes est promis à une exploitation artistique et artisanale.
Petite Ceinture : Paris rouvre un tunnel de 300 mètres dans le 15e

Une liaison continue de deux kilomètres est désormais accessible aux promeneurs du 15e arrondissement, depuis le parc Georges-Brassens jusqu’à la place Balard. La Ville de Paris a présenté le 20 août l’ouverture d’un tunnel de 300 mètres, rendue possible après des travaux de sécurisation menés par la SNCF avec un financement municipal.
Une nouvelle continuité piétonne
Jusqu’ici, les tronçons Balard–Olivier-de-Serres et Dantzig–Brancion étaient interrompus par un passage fermé. Sa réouverture modifie concrètement les itinéraires de promenade et de déplacement du quartier. La Ville précise que 12 à 13 kilomètres de la Petite Ceinture sont accessibles au public, sur un linéaire total de 32 kilomètres. Le passage n’équivaut pas à la réouverture d’une infrastructure de transport ferroviaire : il s’agit d’un usage piétonnier réaménagé.
Le coût de la sécurisation, un investissement public
Transformer un tunnel ancien en promenade impose de traiter la sécurité, la structure et les accès. Le communiqué précise que la SNCF a assuré les travaux grâce à des financements de la Ville, sans fournir le montant du chantier. Il est donc impossible de calculer un coût par mètre. Cet investissement doit être rapproché de la création d’un espace de loisirs et de cheminement dans un arrondissement dense, plutôt que d’un retour financier immédiat.
Des voûtes destinées à de nouvelles activités
Au niveau de la rue de Vaugirard, un autre projet concerne 2 000 mètres carrés répartis sous onze voûtes. La société Gabius a remporté un appel à projets de SNCF Immobilier pour une exploitation annoncée sous le nom Underline, avec des expositions puis des résidences d’artistes et d’artisans. Cette opération est distincte de la sécurisation du tunnel. Elle montre toutefois que l’ancienne emprise ferroviaire peut accueillir des activités économiques et culturelles variées.
Ce type d’opération met en lumière la différence entre dépense publique et projet économique privé. La Ville finance une sécurisation permettant l’accès du public ; un opérateur pourra exploiter d’autres surfaces dans un cadre contractuel spécifique. Mélanger ces deux budgets conduirait à des comparaisons trompeuses. À long terme, l’intérêt du site dépendra de la compatibilité entre promenade, activités culturelles et tranquillité des habitants du secteur.
Les conditions d’une reconversion durable
Le succès dépendra de la fréquentation, de l’entretien des cheminements et de la capacité des opérateurs à animer les espaces sans nuire aux riverains. Les voûtes peuvent offrir une implantation atypique, mais elles imposent des contraintes de sécurité, d’humidité et d’accessibilité. La Petite Ceinture devient ainsi un cas de transformation du patrimoine public, entre promenade gratuite et occupation économique encadrée. Le bilan devra distinguer ces usages et leurs coûts respectifs.
Les questions encore ouvertes
Les usages de la promenade doivent être conciliés avec la gestion d'une ancienne infrastructure. Il est nécessaire de surveiller les accès, la sécurité des tunnels et les éventuels conflits entre promeneurs. Une nouvelle fréquentation peut justifier davantage de nettoyage et de maintenance. En parallèle, les activités culturelles sous les voûtes auront leurs propres horaires et contraintes d'exploitation. Les décisions de gestion devront garder ces deux fonctions distinctes, afin que la valorisation commerciale ne dégrade pas la qualité du parcours ouvert gratuitement au public.
Source documentaire : https://www.paris.fr/pages/un-nouveau-troncon-de-la-petite-ceinture-ouvre-dans-le-15e-36094.