Au-delà de la productivité : de nouveaux repères pour mesurer la performance

La performance au travail ne se limite plus à la vitesse et au volume. Deux nouveaux critères émergent : la concentration et le sentiment d’appartenance. Protéger l’attention des collaborateurs et renforcer leur lien collectif deviennent essentiels pour créer des environnements de travail hybrides plus durables et engagés.

Maud Brissaud
By Maud Brissau Published on 28 octobre 2026 4h30
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Au-delà de la productivité : de nouveaux repères pour mesurer la performance - © Economie Matin

Pendant longtemps, la performance au travail a surtout été associée à la vitesse et au volume, traiter davantage de demandes, enchaîner les réunions et répondre toujours plus rapidement. Ce modèle montre aujourd'hui ses limites. L'accumulation des messages, les sollicitations et les tâches ne se traduisent pas seulement par une baisse de productivité, mais peuvent également conduire à l'épuisement progressif des collaborateurs.

En parallèle, l'intelligence artificielle a commencé à transformer la répartition des tâches. En prenant en charge une part croissante des activités répétitives et routinières, elle déplace la valeur du travail humain vers ce que les machines reproduisent moins facilement, à savoir, le jugement, la créativité, la qualité des interactions et la capacité à se concentrer.

Préserver l'attention dans un travail fragmenté

Les journées de travail suivent désormais rarement un déroulé linéaire. Notifications, messages, réunions et outils numériques se superposent, laissant peu de place à des périodes de réflexion prolongées. Même lorsqu'un temps est réservé à une tâche de fond, les sollicitations restent nombreuses et fragmentent l'attention.

Cette situation tient moins aux individus qu'à l'organisation actuelle du travail. Les outils numériques donnent accès en permanence à l'information, mais multiplient dans le même temps les interruptions potentielles. L'IA peut encore accentuer cette dynamique, car elle permet de traiter davantage de tâches et elle augmente également le volume d'informations à absorber. La question devient donc celle de l'organisation des usages autant que celle des outils eux-mêmes.

La capacité de concentration commence enfin à être considérée comme une ressource à protéger. Certaines entreprises réduisent la durée des réunions, définissent plus clairement les moments dédiés au travail de fond ou s'appuient sur des outils capables de synthétiser les informations essentielles.

L'appartenance, une autre dimension de la réussite

La performance ne se mesurera plus uniquement à la capacité à rester constamment productif au sens « traditionnel » d'avant. La clarté de la réflexion, la qualité des relations et l'énergie nécessaire prennent une place croissante. Dans ce cadre, concentration et sentiment d'appartenance deviennent deux indicateurs essentiels ; le travail gagne en qualité lorsque les collaborateurs se sentent reconnus et pleinement intégrés à leur équipe.

Le travail hybride complique toutefois le maintien de ce lien collectif. Lorsque la charge augmente, les échanges qui entretiennent la cohésion peuvent rapidement passer au second plan. La communication numérique engendre un paradoxe ; car elle permet de rester joignable en permanence, mais sans garantir pour autant le sentiment d'être réellement connecté aux autres.

Être clairement vu et entendu joue un rôle essentiel dans cette dynamique. Une étude menée par Jabra avec la London School of Economics indique que les professionnels interrogés déclarent se sentir plus confiants et davantage connectés lorsque leur voix est clairement audible et que les interactions visuelles restent fluides. De simples améliorations de la qualité du son et de l'image peuvent ainsi favoriser une participation plus active au collectif.

Vers de nouveaux indicateurs de performance

Concentration et sentiment d'appartenance ne relèvent pas seulement du confort au travail. Combinés, ils créent des conditions plus favorables à la qualité de la prise de décisions et à des modes de travail plus viables. La surcharge réduit l'espace disponible pour la créativité ; le manque d'énergie fragilise les relations ; et le sentiment de ne pas être entendu ou reconnu peut éroder la confiance. À l'inverse, disposer d'un espace mental suffisant améliore la qualité des contributions.

L'avenir du travail dépendra donc aussi de la capacité à créer des environnements qui protègent l'attention, préservent l'énergie et permettent à chacun de contribuer pleinement. Cela suppose de faire évoluer à la fois les habitudes de travail et les outils de communication, afin de limiter les parasitages fréquents au lieu de les multiplier. La performance pourra alors être considérée différemment de manière plus durable, à travers la qualité du travail produit autant que les conditions qui permettent de le réaliser.

Maud Brissaud

Directrice Commerciale France chez Jabra

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