Gaz : le seuil des 100 euros franchi, votre budget en danger

Le prix du gaz naturel européen a franchi jeudi 28 octobre la barre des 100 euros par mégawattheure, une première depuis décembre 2022. Cette flambée, alimentée par les tensions au Moyen-Orient et des stocks hivernaux insuffisants, fait craindre une nouvelle explosion des factures énergétiques pour les ménages français et européens.

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By La rédaction Published on 29 octobre 2026 5h14
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Gaz : le seuil des 100 euros franchi, votre budget en danger - © Economie Matin
75%Mi-octobre 2026, les réserves de gaz étaient remplies à seulement 75 %

Le gaz naturel européen a atteint jeudi 28 octobre un prix qu'on n'avait pas vu depuis quatre ans : 100,45 euros par mégawattheure. Un seuil qui fait craindre une nouvelle augmentation des factures énergétiques pour les ménages français. À 13h35 GMT, le contrat de référence TTF néerlandais a brièvement franchi cette barre symbolique avant de retomber à 99,725 euros une heure plus tard.

Le prix du gaz dépasse les 100 euros/MWh pour la première fois depuis 4 ans le 28 octobre 2026

Le TTF (Title Transfer Facility), principal indice de référence du gaz naturel en Europe, sert de baromètre pour l'ensemble du continent. Son dépassement de la barre des 100 euros marque un tournant psychologique et économique majeur. Pour mémoire, lors de la crise énergétique qui a suivi l'invasion de l'Ukraine en février 2022, le TTF avait atteint un record historique de 345 euros par mégawattheure en mars de la même année. Nous sommes donc loin de ces sommets, mais la tendance actuelle inquiète sérieusement les observateurs du marché.

Entre 2010 et 2019, période de relative stabilité avant la pandémie de COVID-19, le prix du gaz oscillait généralement entre 15 et 25 euros par mégawattheure. Aujourd'hui, avec un cours autour de 100 euros, les ménages européens font face à des tarifs quatre à six fois supérieurs à la normale d'avant-crise. Pour un foyer français moyen consommant environ 12 000 kilowattheures de gaz par an, la différence se chiffre en centaines d'euros supplémentaires sur la facture annuelle. BFM TV rappelle que la France a déjà appliqué une hausse de 6,6 % sur les tarifs réglementés au 1er novembre.

Quelles conséquences pour votre portefeuille ? Une triplication des prix en seulement 8 mois

Fin février 2026, au début du conflit au Moyen-Orient, le gaz se négociait autour de 32 euros par mégawattheure. Huit mois plus tard, les prix ont triplé. Pour un ménage français, cela se traduit concrètement par une facture de chauffage qui pourrait atteindre 1 500 à 2 000 euros pour l'hiver 2026-2027, contre 500 à 700 euros lors d'un hiver normal avant 2022. Les entreprises industrielles, grandes consommatrices d'énergie, subissent également de plein fouet cette inflation. Leurs coûts de production s'alourdissent, ce qui risque de se répercuter sur les prix à la consommation et d'alimenter l'inflation générale.

L'Union européenne aborde la saison froide dans une position fragile. Mi-octobre 2026, les réserves de gaz étaient remplies à seulement 74-75 %, contre 82-83 % à la même période l'année précédente. L'Allemagne, premier consommateur de gaz du continent, affiche un taux de remplissage encore plus préoccupant de 60-61 %, loin des 75-76 % de l'année passée. Comme l'explique Euronews, Dan Jørgensen, commissaire européen à l'énergie, a déclaré : « Une nouvelle fois, en raison de turbulences géopolitiques, l'Europe est confrontée à une nouvelle crise énergétique. Nous savons que cet hiver sera difficile pour les citoyens européens et pour notre économie dans son ensemble. »

D'où vient cette envolée des prix ?

Le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) de la région, n'exporte actuellement qu'à 20-30 % de sa capacité normale. Les infrastructures énergétiques qataries ont subi des dommages liés au conflit régional qui a débuté fin février 2026. Norman Liebke, analyste chez Commerzbank, prévient que « l'offre en provenance du Qatar devrait rester contrainte jusqu'en 2028 en raison de la perte à moyen terme de 17 % de ses capacités à cause de dégâts liés à la guerre sur son infrastructure énergétique ». L'Europe, qui dépend fortement du GNL pour compenser la réduction des livraisons russes depuis 2022, se retrouve en concurrence directe avec les acheteurs asiatiques pour sécuriser les cargaisons disponibles.

La demande européenne s'intensifie naturellement à l'approche de la saison de chauffage. Les prévisions météorologiques pour novembre et décembre 2026 annoncent des températures inférieures aux normales saisonnières dans plusieurs régions d'Europe du Nord. En parallèle, la production d'électricité éolienne devrait être faible durant cette période, ce qui augmentera le recours aux centrales à gaz pour assurer l'équilibre du réseau électrique. Arne Lohmann Rasmussen, analyste chez Global Risk Management, souligne que l'Europe reste « extrêmement vulnérable aux perturbations d'approvisionnement et aux conditions météorologiques ». Selon Norman Liebke, « en cas d'apaisement des tensions au Moyen-Orient, les prix pourraient retomber significativement à environ 50 euros le mégawattheure, sans toutefois revenir à leurs niveaux d'avant-guerre ».

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