La Commission de régulation de l’énergie affiche un optimisme prudent sur les stocks de gaz français, qui atteignent 71,3% de remplissage au 2 septembre 2026. Mais derrière les chiffres rassurants se cache une réalité plus préoccupante : le prix du gaz a bondi de 5,6% en septembre, impactant directement 6 millions de ménages français titulaires d’offres indexées, avec une nouvelle hausse de 10% anticipée d’ici l’hiver.
Stocks de gaz : la CRE tente de rassurer

Bien que la Commission de régulation de l'énergie (CRE) assure que les stocks de gaz pour l'hiver 2026-2027 sont satisfaisants, elle ne peut ignorer la récente hausse de 5,6% du prix du gaz en septembre, qui affecte directement 6 millions de ménages français ayant des contrats indexés. Ce contexte tempère les déclarations rassurantes d'Emmanuelle Wargon, présidente de la CRE, pour les consommateurs.
Factures en hausse : une augmentation de 5,6%
Depuis le 1er septembre 2026, le prix de référence du gaz est passé de 162,89 € à 172,05 € TTC par mégawattheure. D'après les données du régulateur, cela correspond à une hausse de 5,6%. Pour un ménage consommant 12 000 kWh annuellement, cela représente un surcoût annuel de plus de 100 euros, s'ajoutant aux pressions inflationnistes déjà présentes.
Qui ressent cette hausse ?
La hausse ne touche pas tous les consommateurs de la même manière. Les 6 millions de foyers souscrivant à des offres indexées, représentant 60% des abonnés résidentiels en France, sont particulièrement exposés à la volatilité des marchés. En revanche, ceux ayant opté pour des tarifs fixes bénéficient d'une protection temporaire jusqu'à l'échéance de leur contrat. Si les prix mondiaux continuent de grimper, la différence entre ces deux types de contrats pourrait atteindre 15% d'ici la fin de l'année.
Offres indexées : un piège pour 6 millions de Français
Les contrats indexés, autrefois attrayants en période de prix bas, deviennent aujourd'hui un fardeau économique. La conjoncture actuelle, marquée par les tensions au Moyen-Orient et l'interdiction prochaine du gaz naturel liquéfié russe en janvier 2027, accentue ce problème. Emmanuelle Wargon reconnaît sur RMC : « On est complètement dépendant des marchés internationaux. Et c'est vrai qu'avec tout ce qui se passe, la guerre en Iran, forcément, ça fait monter les prix du gaz. » Les experts prévoient une potentielle nouvelle augmentation de 10% d'ici l'hiver, portant le surcoût annuel à plus de 200 euros pour un ménage moyen.
Stocks rassurants, mais factures inquiétantes
Concernant l'approvisionnement, la présidente de la CRE affiche un optimisme prudent. « Sur la partie approvisionnement cet hiver, est-ce qu'on va avoir du gaz ? On est évidemment toujours vigilant, on suit ça de très près, mais les derniers chiffres sont relativement rassurants », affirme-t-elle. Les stocks français atteignaient 71,3% de remplissage le 2 septembre, contre 59% un mois auparavant.
71,3% de remplissage : une assurance fragile
L'objectif national est de 85% de remplissage avant l'hiver, avec un gain de deux points de pourcentage par semaine. La France devrait atteindre ce seuil mi-octobre. Cependant, la dépendance de la France aux importations, notamment de Norvège et d'Algérie, rend la situation complexe. Les prix du TTF néerlandais, indice de référence européen, ont atteint 75,33 € par mégawattheure le 2 septembre, leur sommet depuis janvier 2023.
Nouvelle hausse de 10% attendue ?
Les experts du marché énergétique prévoient une aggravation. Thierry Bros, spécialiste énergie et climat, souligne la conjonction des tensions au Moyen-Orient, la fin du GNL russe et la concurrence asiatique pour les cargaisons. Le détroit d'Ormuz, stratégique pour 20% du gaz naturel liquéfié mondial, demeure sous surveillance. Chaque tension militaire entre l'Iran et les États-Unis fait grimper les prix. Même si les stocks semblent suffisants pour éviter des coupures, la stabilité des prix n'est pas garantie. Une hausse de 10% porterait le prix à plus de 189 € par mégawattheure, soit une augmentation de 260 euros sur la facture annuelle moyenne.
Préserver son budget énergétique cet hiver
Face à ces incertitudes, plusieurs options s'offrent aux consommateurs. D'abord, comparer les offres du marché : certains fournisseurs proposent encore des contrats à prix fixe, bien que majorés d'une prime de risque. Ensuite, renégocier son contrat avant son échéance peut permettre de passer d'une offre indexée à une formule fixe, souvent moyennant des frais de résiliation anticipée.
Offres fixes vs indexées : quel choix faire ?
Un contrat fixe coûte actuellement en moyenne 10% de plus qu'une offre indexée. Cependant, si la hausse prévue de 10% se concrétise, les détenteurs d'offres fixes économiseront plusieurs dizaines d'euros. Le choix dépend de la consommation annuelle et de l'engagement contractuel. Les foyers consommant plus de 15 000 kWh pourraient économiser de 150 à 200 euros en optant pour un tarif fixe dès maintenant. À l'inverse, les petits consommateurs (moins de 8 000 kWh) peuvent choisir la flexibilité, en surveillant les variations mensuelles. Les associations de consommateurs offrent des outils de comparaison pour naviguer parmi les nombreuses offres.
En dehors du choix contractuel, la sobriété énergétique est cruciale. Réduire la température de chauffage d'un degré diminue la consommation de 7%. Installer un thermostat programmable, isoler les déperditions thermiques, ou adopter des gestes simples comme fermer les volets la nuit, permettent de réduire la facture de 15 à 20%.