L’Insee mesure une hausse de 10,5 % des coûts d’achat agricoles en septembre 2026, portée par l’énergie (+61,6 % sur un an). Les prix à la production divergent fortement : le lait recule de 10,3 %, tandis que les céréales gagnent 31,6 %.
Agriculture : l’énergie coûte 61,6 % de plus sur un an, le prix du lait recule

L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) constate une nouvelle accélération des coûts agricoles en septembre 2026. Dans les chiffres publiés le 30 octobre, les prix de l'énergie utilisée par les exploitations progressent de 61,6 % sur un an, tandis que les prix à la production du lait restent nettement inférieurs à leur niveau de septembre 2025.
Les intrants agricoles augmentent plus vite que les prix de vente
Selon les indices des prix agricoles publiés par l'Insee, les prix d'achat des moyens de production agricole (IPAMPA) ont augmenté de 10,5 % entre septembre 2025 et septembre 2026, après une hausse de 8,2 % sur un an en août. Sur le seul mois de septembre, ils progressent de 1,9 %.
Le renchérissement concerne particulièrement les consommations intermédiaires, dont les prix augmentent de 12,8 % sur un an. Pour le poste énergie, la hausse atteint 10,2 % en un mois et 61,6 % en douze mois. L'Insee cite notamment le fioul domestique et le gazole non routier (GNR), affectés par la guerre au Proche-Orient. Les prix des engrais et amendements augmentent également de 1,2 % sur un mois, dans un contexte de tensions sur les stocks et sur le gaz naturel.
En regard, l'indice général des prix des produits agricoles à la production (IPPAP) progresse de 4,9 % sur un an, contre 2,8 % en août. Cet écart entre indices éclaire la pression exercée sur les coûts, mais ne constitue pas à lui seul une mesure des marges des exploitations : les pondérations, les produits commercialisés et les dépenses diffèrent d'une filière à l'autre.
Le lait perd 10,3 % sur un an, les céréales gagnent 31,6 %
La divergence est particulièrement nette dans la filière laitière. En septembre, l'indice des prix du lait à la production recule de 10,3 % sur un an, malgré une légère progression de 0,1 % par rapport à août. Pour le seul lait de vache, le recul annuel atteint 10,9 %. À l'inverse, les prix des œufs augmentent de 7,1 % sur un an.
Les chiffres s'inscrivent dans une tendance déjà perceptible sur les prix effectivement payés aux éleveurs. La conjoncture agricole publiée par la direction régionale de l'agriculture des Hauts-de-France, à partir de données de FranceAgriMer, faisait état d'un prix national du lait conventionnel de 455 euros pour 1 000 litres en août 2026, inférieur d'environ 12 % à celui d'août 2025. Il s'agit d'une autre mesure que l'indice de prix de l'Insee, mais elle confirme l'orientation annuelle du marché.
Les grandes cultures connaissent une trajectoire opposée. Les prix des céréales augmentent de 31,6 % sur un an, dont 48,5 % pour le maïs et 29,2 % pour le blé tendre. L'Insee relie notamment la hausse du maïs aux rendements décevants après les canicules estivales. Les oléagineux gagnent 16,7 % sur un an, un indicateur suivi par les producteurs et transformateurs de colza, de tournesol et de soja.
Des évolutions qui ne se répercutent pas uniformément dans les rayons
Les légumes frais enregistrent eux aussi une hausse marquée de leurs prix à la première mise sur le marché : 32,3 % sur un an en septembre, avec des écarts importants entre espèces. Les tomates progressent de 94,8 % et les pommes de terre de 29,3 %. Ces évolutions sont des prix de production, et non les variations directement observées par les ménages en magasin.
La distinction importe pour apprécier la transmission des tensions agricoles à l'alimentation. L'estimation provisoire des prix à la consommation d'octobre fait état d'une inflation générale de 3,4 % sur un an, après 3,1 % en septembre. Les indices agricoles, quant à eux, décrivent des situations très contrastées selon les productions et les postes de dépenses.