Dans son rapport sur les coopérations monétaires Afrique-France publié le 2 novembre, la Banque de France décrit une croissance encore soutenue en Afrique subsaharienne, mais des perspectives fragilisées par les tensions internationales et le recul de l’aide publique au développement. Dette, fiscalité et financement extérieur figurent au cœur de l’analyse.
Afrique : la Banque de France alerte sur les fragilités du financement extérieur

La Banque de France a publié le 2 novembre 2026 son rapport annuel 2025 sur les coopérations monétaires Afrique-France. Le document décrit une croissance rapide et une inflation en repli en Afrique subsaharienne en 2025, mais souligne la détérioration des conditions de financement extérieur dans les perspectives pour 2026, sur fond de tensions internationales au Moyen-Orient et de diminution de l’aide publique au développement.
Ce diagnostic concerne trois ensembles monétaires distincts : l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et l’Union des Comores. Le rapport rassemble les données des banques centrales de ces zones et des analyses consacrées à leurs contraintes économiques et budgétaires.
Dette publique et ressources fiscales au centre des analyses
Le chapitre consacré aux enjeux du continent examine notamment la gestion de la dette publique en Côte d’Ivoire et la « fatigue fiscale » en CEMAC. Ce dernier thème renvoie aux limites que peut rencontrer la mobilisation des recettes fiscales et à leurs implications pour la stabilité monétaire. Ces travaux ne décrivent pas une mesure fiscale unique applicable à l’ensemble des pays concernés : ils portent sur des situations nationales et régionales différentes.
Les enjeux de dette dépassent la seule capacité à emprunter. Dans des économies dépendantes de ressources extérieures, le coût et la disponibilité des financements influencent la marge de manœuvre des budgets publics, notamment lorsque l’aide internationale se contracte. Le rapport aborde ces tensions sans annoncer de décision nouvelle sur la parité des monnaies ou les accords de coopération monétaire.
Climat et déséquilibres mondiaux : deux risques pour les finances publiques
La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) contribue au rapport par une analyse des effets du changement climatique sur les finances publiques et la dette des pays de l’UEMOA. La Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi) étudie, de son côté, les conséquences des déséquilibres mondiaux pour le financement des pays africains à faible revenu.
Le rapport fait également une place aux migrations à l’intérieur du continent africain et à leurs conséquences pour les pays d’accueil. Ces contributions élargissent la lecture de la conjoncture : les perspectives de croissance dépendent aussi de facteurs démographiques, climatiques et institutionnels.
Une lecture régionale, plutôt qu’un diagnostic uniforme
Les banques centrales de l’UEMOA, de la CEMAC et des Comores ont fourni les données économiques et financières utilisées dans cette publication. La distinction entre ces trois zones est essentielle pour apprécier les trajectoires d’inflation, de dette et de financement : elles ne disposent ni des mêmes structures économiques ni des mêmes contraintes budgétaires.
La Banque de France met à disposition une base de données accompagnant son rapport, ainsi que des articles thématiques consultables séparément. Cette documentation permet de suivre les évolutions par zone monétaire et d’éviter de réduire la situation de l’Afrique subsaharienne à un indicateur régional unique.