La société américaine Nurix Therapeutics annonce que Sanofi met fin au développement d’un traitement expérimental contre des maladies auto-immunes et inflammatoires. Cette décision prive Nurix de paiements futurs potentiels et a provoqué une forte réaction boursière, sans signifier l’arrêt de tous les partenariats du groupe français.
Sanofi arrête un programme de recherche avec Nurix, dont l’action décroche à Wall Street

Sanofi a décidé d'interrompre un programme de développement de médicament expérimental mené avec la biotech américaine Nurix Therapeutics. L'information, communiquée par Nurix le 3 novembre 2026, a immédiatement pesé sur le titre de cette dernière, qui reculait d'environ 38 % dans les échanges après la clôture, selon Reuters.
Le programme visait des maladies auto-immunes et inflammatoires. Son abandon signifie pour Nurix la disparition de paiements d'étape et de redevances qu'elle aurait pu percevoir si le candidat médicament avait franchi certaines phases de développement et, éventuellement, atteint le marché. Il ne s'agit pas de revenus déjà encaissés, ni d'un montant de perte définitif connu.
Pourquoi la décision touche davantage Nurix
Dans les accords de recherche entre grands laboratoires et biotechs, les sommes promises peuvent dépendre de résultats scientifiques, d'autorisations réglementaires ou de ventes futures. Une rupture de programme peut donc modifier fortement les perspectives d'une petite société, même lorsqu'aucun produit commercialisé n'est retiré.
La réaction boursière signalée concerne Nurix et les transactions après la séance régulière américaine. Elle ne permet pas, à elle seule, de mesurer un effet financier équivalent pour Sanofi. Les informations publiées ne détaillent pas les raisons scientifiques ou stratégiques ayant conduit à la décision ; attribuer cet arrêt à un problème de sécurité ou à un échec clinique précis serait prématuré.
Le groupe pharmaceutique français avait présenté quelques jours plus tôt ses résultats du troisième trimestre 2026, avec une croissance de ses ventes et une révision à la hausse de ses perspectives annuelles. Sanofi y mettait en avant trois priorités : l'immunologie, les maladies rares et les vaccins, ainsi que la nécessité de renforcer son portefeuille de projets par la recherche et les opérations de développement externe.
Un rappel du risque inhérent aux accords pharmaceutiques
Les collaborations de recherche permettent aux grands groupes de diversifier leurs pistes thérapeutiques et aux biotechs de financer des programmes coûteux. Mais les montants potentiels annoncés lors de la signature d'un accord ne constituent jamais des recettes garanties. Ils dépendent d'une succession d'étapes dont l'issue reste incertaine.
Dans ce dossier, l'arrêt du programme est un fait annoncé par Nurix ; son incidence exacte sur les comptes futurs de chaque partenaire devra être appréciée à partir de leurs prochaines communications financières. Rien dans cette annonce ne permet de conclure à l'arrêt de l'ensemble des travaux de Sanofi sur les maladies immunitaires.