Adidas a réalisé un chiffre d’affaires trimestriel record de 7,252 milliards d’euros, en hausse de 9 %, selon ses résultats détaillés du 29 octobre. Mais les ventes européennes ont reculé de 4 % et les chaussures restent à la peine, révélant des performances très contrastées.
Adidas dépasse 7,2 milliards d’euros de ventes en un trimestre, mais recule de 4 % en Europe

Adidas a publié le 29 octobre 2026 un chiffre d’affaires record de 7,252 milliards d’euros pour le troisième trimestre, soit une progression de 9 % sur un an. Derrière cette performance mondiale, le groupe allemand affiche un recul de 4 % de ses ventes en Europe et une stagnation de son activité chaussures.
Les résultats détaillés publiés par Adidas montrent une croissance de 7 % à taux de change constants, mais surtout des trajectoires très différentes selon les marchés et les catégories de produits. Le bénéfice opérationnel a atteint 1,008 milliard d’euros, en hausse de 37 %, un autre record trimestriel pour l’équipementier.
Pourquoi Adidas progresse partout, sauf en Europe
À taux de change constants, les ventes ont augmenté de 13 % en Grande Chine, de 12 % en Amérique du Nord, de 16 % en Amérique latine et de 19 % au Japon et en Corée du Sud. L’Europe fait exception avec une baisse de 4 % au troisième trimestre.
Adidas attribue cette contre-performance européenne principalement à sa prudence auprès des distributeurs multimarques, confrontés à des stocks élevés et à de nombreuses promotions dans les chaussures de mode. Le groupe signale également un décalage temporaire de livraisons lié à une migration de son système informatique dans certaines activités européennes. Les ventes réalisées dans ses propres circuits de distribution ont, elles, continué de progresser en Europe.
La direction anticipe un rebond des ventes européennes au quatrième trimestre, notamment grâce au report de certaines livraisons. Il s’agit d’une prévision de l’entreprise, et non d’un résultat déjà acquis.
Les vêtements tirent la croissance, les chaussures stagnent
Le contraste est tout aussi net entre les produits. Les ventes de vêtements ont progressé de 19 % à taux de change constants, portées notamment par les gammes Originals, football et sport. À l’inverse, le chiffre d’affaires des chaussures est resté stable sur la période.
Ce dernier chiffre recouvre des situations différentes : dans les magasins et sur les plateformes directement exploités par Adidas, les ventes de chaussures ont augmenté de 6 %. Le groupe cherche à protéger ses prix plutôt qu’à écouler davantage de produits chez les distributeurs au moyen de remises. Les accessoires ont, de leur côté, progressé de 5 %.
Le commerce direct avec les consommateurs devient un moteur important de cette stratégie. Les ventes de ce canal ont augmenté de 17 % à taux de change constants, dont 18 % pour le commerce électronique et 16 % pour les magasins de la marque.
Un bénéfice record, également soutenu par un remboursement douanier
La marge brute d’Adidas est passée de 51,8 % à 54,3 % en un an. Le groupe met en avant ses ventes à plein tarif et une meilleure répartition entre ses canaux commerciaux. Il précise aussi avoir comptabilisé environ 200 millions d’euros de remboursements liés à des droits de douane américains, qui ont contribué à cette amélioration.
Cette composante ponctuelle importe pour interpréter la progression du résultat : la rentabilité du trimestre bénéficie à la fois de la dynamique commerciale et d’un effet douanier particulier. Le bénéfice net des activités poursuivies a atteint 711 millions d’euros, contre 482 millions un an auparavant.
Sur les neuf premiers mois de 2026, Adidas a réalisé 20,587 milliards d’euros de ventes et 2,287 milliards d’euros de bénéfice opérationnel. La société maintient sa perspective d’environ 2,5 milliards d’euros de bénéfice opérationnel pour l’ensemble de l’année, une prévision qu’elle avait déjà relevée le 20 octobre.
Pour le secteur des équipements sportifs, ces résultats dessinent un marché où la demande reste forte pour les vêtements et les achats directs, tandis que la distribution européenne de chaussures continue de subir la pression des stocks et des promotions.