Un avion de chasse russe Su-57 aurait été détruit par un incendie le 29 octobre 2026, avant même de décoller. Évalué à 150 millions de dollars par le renseignement ukrainien, cet appareil représente un investissement considérable pour Moscou. Mais combien coûte réellement ce fleuron de l’industrie aéronautique russe ?
Un Su-57 russe aurait brûlé au sol : jusqu’à 150 millions de dollars partis en fumée ?

Un chasseur de dernière génération qui prend feu au démarrage de ses moteurs. C'est l'incident survenu le 29 octobre 2026 sur la base militaire d'Akhtoubinsk, dans la région d'Astrakhan, selon les services de renseignement ukrainiens. L'appareil concerné serait un Sukhoï Su-57, le chasseur furtif le plus avancé de l'armée russe.
Des images satellites diffusées le 30 octobre montrent des traces d'incendie sur l'aérodrome. Le renseignement militaire ukrainien a annoncé la perte de l'avion le 2 novembre. Moscou n'a toutefois pas confirmé publiquement sa destruction, et l'étendue exacte des dégâts n'a pas été vérifiée de manière indépendante.
Combien coûte réellement un Su-57 russe ?
150 millions de dollars, soit la valeur avancée par les renseignements ukrainiens pour un seul appareil. Ce montant donne une idée de l'enjeu financier, mais il ne correspond pas nécessairement au prix payé par l'armée russe.
Les données disponibles sur les contrats militaires russes présentent des montants sensiblement inférieurs. En 2023, le média spécialisé The War Zone a analysé des documents industriels présentés au ministre russe de la Défense en août 2020.
D'après ces informations, les deux premiers appareils de série coûtaient chacun 4,7 milliards de roubles, taxes comprises. Cela représentait environ 65 millions de dollars au taux de change de l'époque.
Le constructeur prévoyait également de réduire progressivement ce coût à 3,192 milliards de roubles par avion en 2028, dans le cadre d'une commande de 76 chasseurs passée en 2019.
Ces prix ne comprennent pas l'ensemble des dépenses de recherche, de développement et de préparation industrielle. Surtout, ils ne permettent pas de déterminer la valeur exacte de l'appareil qui aurait brûlé en octobre 2026.
Une perte financière qui dépasse le prix d'achat
La disparition définitive d'un Su-57 ne représenterait pas seulement la perte de sa valeur d'acquisition. Il faudrait également tenir compte des équipements embarqués, des éventuelles dépenses de remplacement et des ressources industrielles nécessaires à la fabrication d'un nouvel appareil.
Les Su-57 ne sont pas produits à un rythme comparable à celui de chasseurs plus anciens. Leur fabrication repose sur une chaîne industrielle spécialisée, mobilisant des composants électroniques, des systèmes radar et des moteurs complexes.
La perte d'un appareil pourrait donc obliger Moscou à modifier son calendrier de livraisons ou à mobiliser des moyens supplémentaires pour compenser cette disparition.
Cette dépense potentielle intervient alors que les finances russes sont déjà fortement sollicitées par la guerre en Ukraine. Comme le détaillait Économie Matin dans son analyse du budget russe, Moscou prévoit de consacrer 17.100 milliards de roubles à la Défense en 2027, dans un contexte de déficit budgétaire et de recettes énergétiques moins importantes qu'espéré.
Un avion détruit ne provoquerait évidemment pas, à lui seul, un déséquilibre des finances publiques russes. Mais sa disparition constituerait une perte de capital militaire difficile à remplacer immédiatement.
Le carburant pourrait-il être à l'origine de l'incendie ?
Le renseignement ukrainien évoque une possible défaillance liée à la qualité du carburant utilisé par les moteurs AL-41F1 du Su-57.
Kiev affirme que les frappes contre les raffineries russes ont progressivement contraint Moscou à accroître ses importations de carburant aviation. Cette dépendance pourrait compliquer l'approvisionnement de certains appareils militaires, sans qu'un lien direct avec l'incendie ait été démontré.
Si cette hypothèse était confirmée, les conséquences économiques pourraient dépasser le seul Su-57. Un problème touchant la qualité du carburant ou la chaîne d'approvisionnement exposerait potentiellement d'autres avions à des dépenses de maintenance ou à des immobilisations supplémentaires.
Pour l'instant, aucune enquête technique indépendante n'a établi la cause exacte de l'incendie. Et tant que la destruction définitive de l'appareil n'est pas confirmée, les 150 millions de dollars évoqués restent une estimation de valeur, non un montant de perte financière établi.