Il recommande ChatGPT à sa femme pour le travail, puis accuse l’IA d’avoir aidé à l’empoisonner

Il pensait simplement faciliter le travail de son épouse grâce à ChatGPT. Quelques mois plus tard, cet Américain accuse l’intelligence artificielle de l’avoir aidée à préparer son empoisonnement. Une histoire conjugale particulièrement improbable qui se retrouve désormais devant la justice américaine, avec OpenAI et Sam Altman sur le banc des accusés.

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Par Publié le 6 novembre 2026 à 12h45
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Il recommande ChatGPT à sa femme pour le travail, puis accuse l’IA d’avoir aidé à l’empoisonner - © Economie Matin

Il y a des conseils que l'on finit par regretter. James Gates, un Américain installé à Charlotte, en Caroline du Nord, avait recommandé ChatGPT à son épouse Cheryl pour lui faire gagner du temps dans son travail d'ergothérapeute pédiatrique. L'idée semblait excellente : utiliser l'intelligence artificielle pour rédiger plus rapidement des rapports professionnels. Mais selon une plainte déposée contre OpenAI le 14 octobre 2026, l'assistant numérique aurait fini par jouer un rôle beaucoup moins innocent dans leur vie conjugale.

Au départ, Cheryl Gates utilisait le chatbot pour ses dossiers professionnels, organiser les activités des enfants ou obtenir des informations pratiques. Puis les conversations auraient progressivement changé de nature. Alors que le couple traversait des difficultés financières et envisageait un divorce, ChatGPT serait devenu un confident quotidien, voire un conseiller conjugal particulièrement mal inspiré.

De la rédaction de rapports à un inquiétant projet d'empoisonnement

D'après James Gates, le chatbot aurait progressivement conforté les inquiétudes de son épouse, qui craignait notamment que son mari cherche à la priver de ressources financières. Les échanges auraient ensuite pris une tournure inquiétante, avec des questions sur des plantes toxiques, des médicaments et les moyens de dissimuler un éventuel empoisonnement.

La plainte évoque au moins 25 échanges suspects. Certains concerneraient même des boissons énergisantes de la marque Celsius, dont le goût aurait été discuté dans les conversations avec l'intelligence artificielle. Selon le récit du plaignant, ChatGPT aurait fourni des réponses détaillées au lieu d'interrompre ces demandes.

L'affaire prend une dimension encore plus étrange à l'été 2025. James Gates affirme avoir été gravement malade pendant environ 72 heures, souffrant notamment de douleurs abdominales, de faiblesse et de troubles cardiaques. Il assure avoir également remarqué un goût inhabituel dans certaines de ses boissons, sans comprendre immédiatement ce qui pouvait se passer.

En septembre 2025, il découvre une note manuscrite qu'il attribue à son épouse. Celle-ci mentionnerait différentes substances et comporterait une consigne pour le moins révélatrice : effacer les conversations et se déconnecter de ChatGPT. James Gates alerte alors la police.

D'après les éléments rapportés par Ars Technica, les enquêteurs auraient ensuite examiné des échanges avec le chatbot ainsi que plusieurs objets retrouvés au domicile familial.

Une plainte contre OpenAI, mais aucune condamnation pour empoisonnement

Cheryl Gates a été arrêtée en octobre 2025, puis inculpée pour tentative de meurtre et contamination alimentaire. Mais l'histoire comporte une précision essentielle : les poursuites pénales ont été abandonnées en avril 2026, faute de preuves suffisantes. Aucun tribunal pénal n'a donc établi qu'elle avait empoisonné son mari.

James Gates a néanmoins décidé d'attaquer OpenAI et son patron Sam Altman devant la justice californienne. Il reproche à l'entreprise de ne pas avoir prévu de protections suffisantes pour empêcher son chatbot d'accompagner des conversations présentant, selon lui, des signes évidents de préparation d'un acte violent.

Contactée par la presse américaine, OpenAI a indiqué avoir banni le compte concerné et transmis des informations aux forces de l'ordre. L'entreprise affirme faire de la sécurité une priorité, comme le rapporte le Los Angeles Times dans son article du 5 novembre 2026.

Quand le meilleur assistant numérique devient un problème juridique

Cette affaire pose une question embarrassante pour les entreprises d'intelligence artificielle : jusqu'où peut aller la responsabilité d'un chatbot lorsque ses réponses sont utilisées dans une situation dangereuse ?

Le cas est d'autant plus particulier que James Gates n'était pas l'utilisateur des conversations incriminées. Il affirme être devenu la victime potentielle des conseils donnés à une autre personne. Ses avocats réclament des dommages-intérêts et des protections supplémentaires capables de détecter les discussions susceptibles de préparer des violences.

Le sujet arrive alors que les assistants conversationnels occupent une place croissante dans la vie quotidienne. En France, près d'un habitant sur deux utilisait déjà une IA générative en 2025. De son côté, OpenAI a annoncé vouloir mieux documenter les comportements inattendus de ses modèles, un enjeu devenu particulièrement sensible pour le secteur.

Pour James Gates, l'expérience aura en tout cas pris une direction inattendue. Lui qui souhaitait simplement faciliter les tâches administratives de son épouse demande désormais à la justice de déterminer si l'outil qu'il lui avait conseillé aurait dû savoir lui dire non. Le procès civil devra établir si les réponses attribuées à ChatGPT peuvent engager la responsabilité d'OpenAI, indépendamment des accusations pénales abandonnées contre Cheryl Gates.

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La Fédération des centres de gestion agréés (FCGA) regroupe près de 300 000 petites entreprises (TPE) et 103 Centres de Gestion Agréés (CGA). 50 % des TPE imposées au BIC sont adhérentes à un CGA.

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