Les additifs alimentaires, omniprésents dans les produits industriels, sont de nouveau dans le viseur de la recherche. Trois études récentes alertent sur des liens entre colorants, conservateurs et une hausse des risques de cancer, de diabète de type 2 ou encore de maladies cardiovasculaires, alerte l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Additifs alimentaires : le risque accru de diabète et de cancer est confirmé

Additifs, colorants et cancer : des signaux qui se précisent
Le 21 mai 2026, l’Inserm a publié de nouveaux résultats préoccupants sur les effets des additifs alimentaires sur la santé humaine. Ces travaux, fondés sur de larges cohortes françaises, renforcent un faisceau d’indices déjà ancien autour des additifs, en particulier les colorants et les conservateurs. Au cœur de ces recherches, un constat : les additifs sont désormais omniprésents dans l’alimentation moderne, notamment dans les produits ultra-transformés, et leur impact sanitaire suscite une inquiétude croissante chez les scientifiques.
Les données analysées reposent sur la cohorte NutriNet-Santé, l’une des plus vastes études nutritionnelles au monde, avec des suivis allant de 2009 à 2024. Plusieurs dizaines de milliers de participants ont été observés, dont 105.260 dans l’étude portant sur le lien entre colorants et cancer. Les résultats montrent une association statistique entre la consommation de colorants alimentaires et une hausse du risque global de cancer. Cette augmentation est estimée à 14%, avec des niveaux encore plus élevés pour certains cancers spécifiques. Ainsi, le risque de cancer du sein augmente de 21%, et celui du cancer du sein post-ménopause de 32%.
Ces résultats ne constituent pas une preuve de causalité directe. Toutefois, ils s’inscrivent dans une tendance cohérente avec d’autres travaux récents. Déjà en 2024, une étude de l’Inserm avait mis en évidence une hausse de 15% du risque global de cancer liée à certains émulsifiants, ainsi que des augmentations de 24% pour le cancer du sein et de 46% pour celui de la prostate.
Additifs et diabète : une hausse du risque confirmée
Au-delà du cancer, les additifs semblent également peser sur le métabolisme. Une autre étude issue du même corpus montre un lien entre consommation élevée de colorants alimentaires et diabète de type 2. Dans cette analyse portant sur 108.723 participants, les individus les plus exposés aux colorants présentent un risque accru de 38% de développer un diabète de type 2. Les chercheurs ont pourtant pris soin de corriger leurs résultats en tenant compte de nombreux facteurs de confusion, comme le tabagisme, la consommation d’alcool, l’activité physique ou encore la qualité globale de l’alimentation.
Ce type d’ajustement renforce la robustesse des résultats, même s’il ne permet pas d’exclure totalement d’autres variables non mesurées. Les scientifiques évoquent néanmoins plusieurs pistes biologiques, notamment des perturbations du microbiote intestinal ou des effets inflammatoires induits par certains additifs.
Les conservateurs ne sont pas en reste. Une troisième étude, menée sur 112.395 participants, met en évidence un lien entre certains conservateurs et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires et d’hypertension. Ces résultats viennent compléter ceux publiés en janvier 2026, qui avaient déjà suggéré une association entre forte consommation de conservateurs et augmentation du risque de cancer et de diabète de type 2. L’enjeu est d’autant plus important que ces substances sont largement utilisées pour prolonger la durée de vie des aliments industriels. Leur présence massive dans les produits du quotidien en fait un facteur d’exposition chronique pour une grande partie de la population.
Une exposition massive aux additifs dans les aliments ultra-transformés
Le problème dépasse largement quelques substances isolées. Il s’inscrit dans un modèle alimentaire global marqué par une forte consommation de produits ultra-transformés. Selon l’Inserm, entre 30% et 60% des apports énergétiques des adultes en Europe et en Amérique du Nord proviennent de ces aliments. Or, ces produits concentrent une grande diversité d’additifs : colorants, conservateurs, éulsifiants, édulcorants. La base de données Open Food Facts World illustre cette omniprésence : en 2024, sur 3,5 millions de produits recensés, plus de 139.000 contiennent au moins un colorant et plus de 700.000 au moins un conservateur.
Ces chiffres témoignent d’une exposition généralisée, difficile à éviter sans modification profonde des habitudes alimentaires. Ils éclairent aussi les résultats d’études plus anciennes, comme celle de 2018, qui avait déjà établi un lien entre consommation d’aliments ultra-transformés et sur-risque de cancer.
