La facture des aides aux énergies renouvelables dépasse les 26 milliards d’euros en moins de 10 ans. Un montant très élevé qui interroge la Cour des comptes. Un rapport sur le sujet vient d’être publié.
La Cour des comptes pointe du doigt les aides aux énergies renouvelables

La Cour des comptes étrille les aides aux énergies renouvelables
Entre 2016 et 2024, les aides publiques consacrées aux énergies renouvelables ont représenté 26,3 milliards d’euros en neuf ans. Dans son rapport, la Cour des comptes souligne que ce montant, déjà considérable, s’accompagne d’une forte variabilité des dépenses, liée à la structure des mécanismes d’incitation. Le rapport met en avant la difficulté pour l’État de prévoir précisément le coût de ces aides. Les fluctuations du marché de l’électricité, combinées aux tarifs de rachat garantis pour certaines filières, créent une imprévisibilité qui fragilise la planification budgétaire.
Au-delà de la question du coût, la Cour des comptes relève également des disparités dans l’attribution des aides. Certaines technologies, comme l’éolien ou le photovoltaïque, ont bénéficié d’un soutien disproportionné par rapport à d’autres filières émergentes. Ainsi, la Cour qualifie ces aides de « coûteuses, inégalitaires et imprévisibles ». Cette critique souligne que le soutien public n’a pas toujours été orienté vers les solutions les plus efficaces ou les plus stratégiques pour la transition énergétique.
La Cour dénonce aussi des effets d’aubaine : certains acteurs ont pu profiter des dispositifs alors même que les coûts de production des énergies renouvelables diminuaient, accentuant le déséquilibre économique.
Recommandations pour un soutien plus efficace et transparent
Face à ces constats, la Cour des comptes formule plusieurs préconisations. Elle recommande notamment de mieux piloter les aides, en ajustant leur niveau en fonction des évolutions technologiques et des coûts réels des filières. Par ailleurs, le rapport souligne l’importance de concentrer les ressources sur les filières les plus prometteuses et de renforcer la transparence des dispositifs. Une communication plus claire permettrait non seulement un meilleur suivi, mais aussi une acceptabilité sociale accrue des mesures publiques.
Enfin, la Cour invite à intégrer davantage de flexibilité dans la conception des aides, afin de réduire l’imprévisibilité budgétaire et d’améliorer l’efficacité globale des mécanismes de soutien. Surtout, elle encourage l’État à renégocier les contrats qui le lient aux exploitants des différents parcs éoliens, etc. En effet, pour le moment, ces contrats obligent l’État à payer plus cher l’énergie générée par rapport au prix du marché de gros. Problème : la facture s’alourdit de plus en plus, au point de devenir un gouffre financier.
