Airbags Takata : immobilisation immédiate de 800.000 voitures de plus !

Un nom connu pour de mauvaises raisons, une mesure inédite, des chiffres alarmants. Le rappel massif des airbags Takata bouleverse l’été de millions d’automobilistes français. Certains pourraient même devoir renoncer aux congés sur fond de sécurité routière…

Paolo Garoscio
By Paolo Garoscio Published on 25 juin 2025 6h30
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Airbags Takata : immobilisation immédiate de 800.000 voitures de plus ! - © Economie Matin
15 MILLIARDS €Le scandale Takata aurait déjà coûté 15 milliards d'euros.

Le 24 juin 2025, le ministère français des Transports a ordonné l’immobilisation immédiate de 800 000 véhicules supplémentaires équipés d’airbags Takata. Cette décision radicale, inédite par son ampleur, survient dans un contexte de forte vigilance sécuritaire à l’approche des grands départs estivaux. Les airbags Takata sont désormais associés à l’une des plus vastes campagnes de rappel jamais menées dans l’histoire de l’automobile française.

Airbags Takata : une défaillance critique devenue affaire d’État

Le 11 juin 2025, un conducteur de 36 ans trouve la mort à Reims, à bord d’une Citroën C3, suite à l’explosion incontrôlée de l’airbag Takata installé dans son véhicule. Ce drame porte à 18 le nombre de décès en France attribués à ce dispositif, défectueux en cas de vieillissement ou de forte chaleur. Le chiffre est glaçant : 25 blessés graves sont également recensés.

La réponse du gouvernement ne tarde pas. Un premier arrêté impose dès la mi-juin un "stop drive" immédiat pour près de 100 000 véhicules, notamment des modèles Citroën C3 et DS3 produits entre 2009 et 2019. Mais le 24 juin, le ministre des Transports Philippe Tabarot annonce une extension sans précédent : 800 000 véhicules supplémentaires doivent être arrêtés sur-le-champ, en pleine période de préparation des vacances. « La sécurité doit primer. Nous ne pouvons pas tolérer que des voitures potentiellement mortelles continuent de circuler », affirme le ministre, cité dans Le Figaro.

Une mesure radicale, aux conséquences immédiates pour les automobilistes

La mesure concerne désormais 1,7 million de véhicules immobilisés au total. Elle s’ajoute au rappel pur et simple — sans immobilisation — de 600 000 autres voitures jugées à risque moindre. En tout, 2,5 millions de véhicules font l’objet d’une procédure de retrait ou de réparation sur le territoire français.

Les automobilistes sont invités à vérifier l’éligibilité de leur véhicule via leur numéro VIN (Vehicle Identification Number), accessible sur le site officiel du ministère ou sur celui des constructeurs concernés. Les marques citées incluent Citroën, Peugeot, Audi, Opel et d'autres fabricants ayant intégré des modules Takata.

Face à l’ampleur de la situation, le gouvernement prévoit de mettre à disposition des véhicules de prêt ou de location, particulièrement pour les personnes ayant réservé des congés ou dépendant de leur voiture pour raisons professionnelles. Un arrêté ministériel en ce sens est en préparation, selon Actu.fr.

Takata : Pourquoi ces airbags sont-ils si dangereux ?

Le cœur du problème : le gonfleur d’airbag contenant du nitrate d’ammonium, une substance chimique instable en cas de forte chaleur ou d’humidité prolongée. En vieillissant, ce composant peut transformer l’airbag en véritable engin explosif. Lorsqu’il se déclenche, le dispositif projette des fragments métalliques à grande vitesse dans l’habitacle, avec des conséquences parfois fatales.

Ce phénomène n’est pas nouveau. La société Takata Corporation, aujourd’hui en faillite, est impliquée dans la plus grande campagne de rappel automobile au monde, avec plus de 100 millions d’unités concernées dans plusieurs pays. En France, près de 2,3 millions d’airbags Takata étaient encore en circulation début 2025.

Vers un été sous haute tension : les vacances sacrifiées sur l’autel de la sécurité routière ?

L’effet immédiat de cette mesure est une désorganisation importante du quotidien pour des centaines de milliers d’usagers. Pour de nombreuses familles, la voiture concernée est la seule disponible. L’enjeu est d’autant plus crucial que les grands départs de juillet approchent à grand pas et qu’il y a fort à parier que des dizaines de milliers de voitures concernées par le rappel auraient dû être utilisées pour partir dans les lieux de villégiature.

Cette affaire soulève aussi des questions structurelles sur les rappels automobiles, leur traçabilité et la communication envers les propriétaires. Nombreux sont ceux qui affirment ne jamais avoir été contactés malgré les précédents rappels. « Le précédent rappel n’avait pas été correctement relayé, beaucoup de conducteurs l’ignoraient encore en 2025 », rapporte Caradisiac.

Le gouvernement a confié une mission d’inspection à Philippe Tabarot dès février 2025, pour identifier les carences dans le processus de rappel et proposer une réforme des notifications propriétaires. Les résultats sont attendus dans les prochaines semaines.

Le rappel massif des airbags Takata révèle les limites d’un système où la traçabilité, l’anticipation des risques et la gestion de crise restent trop souvent défaillantes. Alors que la France immobilise 1,7 million de voitures à la veille des congés d’été, c’est toute la chaîne automobile — constructeurs, équipementiers, pouvoirs publics — qui est mise face à ses responsabilités.

Paolo Garoscio

Rédacteur en chef adjoint. Après son Master de Philosophie, il s'est tourné vers la communication et le journalisme. Il rejoint l'équipe d'EconomieMatin en 2013.   Suivez-le sur Twitter : @PaoloGaroscio

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