L’Alliance du Commerce demande au gouvernement l’autorisation exceptionnelle d’ouvrir tous les dimanches de novembre et décembre 2026. Après deux samedis de manifestations qui ont fait chuter l’activité jusqu’à 90 %, le secteur veut rattraper ses pertes avant la fin d’année.
Après les pillages, le commerce réclame l’ouverture dominicale de survie

Quand la violence sociale se transforme en catastrophe économique
Plus de 2 500 commerces dégradés ou pillés en deux samedis, les 17 et 24 octobre 2026. Des baisses de chiffre d'affaires allant jusqu'à 90 % lors de ces journées normalement cruciales. Des fermetures préventives massives pour protéger salariés et clients. Le bilan des récentes manifestations dressé par l'Alliance du Commerce, qui représente 16 000 points de vente et 150 000 salariés, ressemble à celui d'une catastrophe naturelle. Sauf qu'ici, aucune tempête ni inondation : juste l'incapacité des pouvoirs publics à garantir la sécurité dans les centres-villes lors de rassemblements pourtant prévisibles.
Face à cette situation, l'organisation patronale réclame une mesure d'urgence : l'autorisation exceptionnelle d'ouvrir tous les dimanches de novembre et décembre, ou a minima les six dimanches entre le 22 novembre et le 27 décembre. Une demande adressée au Premier ministre, aux ministres du Travail et du Commerce, ainsi qu'à l'ensemble des préfets. L'argument avancé est simple : puisque deux samedis ont été perdus, il faut compenser en mobilisant les dimanches disponibles avant la fin de l'année.
Des aides réservées aux petits, les grands exclus du dispositif
L'autre revendication de l'Alliance du Commerce porte sur les aides publiques. Actuellement, le prêt « Solidarité Commerce » et l'activité partielle à « zéro reste à charge » sont réservés aux entreprises de moins de 250 salariés. Le Fonds de soutien aux commerçants victimes de violences ne concerne que celles de moins de 50 salariés. Résultat : les enseignes et grands magasins, pourtant particulièrement visés en raison de leur notoriété et de leur emplacement stratégique, sont exclus de ces dispositifs. L'organisation demande donc que toutes les entreprises touchées, quelle que soit leur taille, puissent en bénéficier.
La sécurité, condition sine qua non du retour des clients
L'Alliance du Commerce pose une condition essentielle à toute reprise : la garantie de la sécurité. Elle demande que les parcours des prochaines manifestations évitent les principales artères et zones commerçantes. Une demande qui ne remet pas en cause le droit de manifester, précise-t-elle, mais qui pose tout de même une question politique délicate. Peut-on interdire aux manifestants l'accès aux centres-villes sous prétexte de protéger l'activité économique ?
En réalité, le vrai problème n'est pas le tracé des cortèges, mais l'incapacité des forces de l'ordre à empêcher les débordements violents. Depuis plusieurs années, les manifestations de grande ampleur s'accompagnent systématiquement de pillages et de dégradations, sans que les dispositifs de maintien de l'ordre parviennent à les prévenir efficacement. On peut multiplier les caméras, les drones, les unités mobiles : si les effectifs manquent ou si les consignes politiques privilégient la désescalade au risque de laisser faire, le résultat est le même. Les vitrines volent en éclats, les commerces ferment, les clients désertent.
L'Alliance du Commerce demande aussi aux maires d'engager des initiatives exceptionnelles pour redonner aux Français l'envie de revenir dans les centres-villes : animations, événements festifs, gratuité des parkings. Car si les gens ne viennent plus, ce n'est pas seulement par peur des casseurs.
L'Alliance du Commerce réclame une réponse rapide, compte tenu de la proximité des premières échéances. Le lancement de la Black Friday week est prévu le 22 novembre. Si les autorisations d'ouverture dominicale ne sont pas accordées rapidement, les enseignes n'auront pas le temps de s'organiser, de mobiliser leurs équipes, de communiquer auprès des clients. Et les deux tiers des villes de plus de 100 000 habitants n'autorisent pas actuellement leurs commerces à ouvrir dès cette date dans le cadre des « dimanches du Maire ».