Alzheimer : des chercheurs français découvrent un mécanisme encore inconnu dans la maladie

Une découverte majeure sur Alzheimer vient d’être révélée par une équipe de chercheurs français. Publiée le jeudi 5 mars 2026, l’étude met en évidence un mécanisme cellulaire jusque-là ignoré dans la maladie. Cette découverte pourrait transformer la compréhension scientifique d’Alzheimer et ouvrir la voie à une prise en charge beaucoup plus précoce.

Stephanie Haerts
By Stéphanie Haerts Published on 6 mars 2026 15h00
Alzheimer : des chercheurs français découvrent un mécanisme encore inconnu dans la maladie
Alzheimer : des chercheurs français découvrent un mécanisme encore inconnu dans la maladie - © Economie Matin

Le jeudi 5 mars 2026, une étude menée par des scientifiques de l’Inserm, de l’Université de Lille et du CHU de Lille a apporté un éclairage inédit sur la maladie d’Alzheimer. Les chercheurs ont identifié l’implication d’un type de cellules cérébrales jusque-là peu étudié dans l’apparition et la progression d’Alzheimer. Cette découverte scientifique, présentée dans une publication récente, pourrait modifier la compréhension des mécanismes biologiques de la maladie et ouvrir des pistes pour intervenir avant même l’apparition des premiers symptômes.

Une découverte inattendue sur des cellules cérébrales

La maladie d’Alzheimer reste aujourd’hui l’une des pathologies neurodégénératives les plus complexes à comprendre. Pourtant, cette découverte française apporte un nouvel élément dans le puzzle scientifique. Les chercheurs ont étudié un type particulier de cellules cérébrales appelées tanycytes, longtemps connues pour leur rôle dans les échanges entre le cerveau et le reste de l’organisme. Or, leur implication directe dans Alzheimer n’avait encore jamais été démontrée. D’après l’Inserm, ces cellules participent notamment au transport de certaines molécules entre le liquide céphalorachidien et la circulation sanguine. Elles jouent donc un rôle clé dans l’équilibre biologique du cerveau. Selon le communiqué publié le 5 mars 2026 par l’Inserm, les chercheurs ont montré que ces cellules capturent la protéine Tau présente dans le liquide céphalorachidien et la transportent vers les vaisseaux sanguins afin de l’éliminer. Cette fonction est clé car l’accumulation de Tau est l’un des marqueurs majeurs de la maladie d’Alzheimer.

Cependant, les travaux ont révélé que dans le cerveau de personnes atteintes d’Alzheimer, ces cellules sont altérées. Leurs prolongements deviennent fragmentés et les échanges biologiques qu’elles assurent sont perturbés. En conséquence, la protéine Tau s’accumule davantage dans le cerveau, ce qui favorise la progression de la maladie. Selon l’équipe de recherche dirigée par Vincent Prévot, directeur de recherche à l’Inserm, « Nos résultats montrent de façon inédite la capacité des tanycytes à transporter la protéine Tau du liquide céphalorachidien vers le sang et l’importance de ces cellules dans la physiopathologie de la maladie d’Alzheimer ». Cette découverte apporte donc un éclairage nouveau sur le rôle des cellules non neuronales dans Alzheimer, un domaine de recherche encore peu exploré. Jusqu’à présent, la plupart des travaux scientifiques se concentraient surtout sur les neurones eux-mêmes et sur deux anomalies bien connues : les plaques amyloïdes et les enchevêtrements de protéine Tau.

Alzheimer : un mécanisme biologique observé chez l’animal et chez l’humain

Pour comprendre précisément ce mécanisme impliqué dans la maladie d’Alzheimer, les chercheurs ont mené plusieurs expériences. Ils ont notamment injecté la protéine Tau dans le liquide céphalorachidien d’animaux afin de suivre son parcours dans le cerveau grâce à des techniques de fluorescence. Ces observations ont permis de visualiser le transport de Tau par les tanycytes jusqu’aux capillaires sanguins. Ensuite, les scientifiques ont bloqué l’activité de ces cellules en utilisant une manipulation génétique. Les résultats ont été particulièrement révélateurs. Lorsque les tanycytes ne fonctionnent plus correctement, l’élimination de la protéine Tau vers la circulation sanguine est fortement réduite. Dans ces conditions, les animaux développent plus tôt des symptômes similaires à ceux observés dans la maladie d’Alzheimer. Selon l’étude, les chercheurs ont ainsi montré que ces cellules constituent « la voie d’évacuation principale des protéines Tau du cerveau vers la circulation sanguine ».

Les scientifiques ont ensuite examiné des tissus cérébraux de personnes décédées atteintes d’Alzheimer. Là encore, les résultats ont confirmé l’hypothèse. Les tanycytes contenaient de la protéine Tau et présentaient des anomalies structurelles importantes. Les prolongements cellulaires étaient fragmentés, ce qui interrompait la communication entre le liquide céphalorachidien et le sang. Cette altération semble spécifique à la maladie, car elle n’a pas été observée dans d’autres formes de démence, selon les chercheurs. Dans le monde, la maladie d’Alzheimer touche plus de 55 millions de personnes, selon des données scientifiques reprises dans plusieurs publications internationales. Elle constitue aujourd’hui la cause la plus fréquente de démence et se caractérise par une perte progressive des fonctions cognitives, notamment la mémoire, l’orientation et les capacités exécutives. La maladie commence généralement plusieurs années avant l’apparition des symptômes cliniques, ce qui complique fortement la détection précoce.

Vers une prise en charge plus précoce grâce à cette découverte

L’intérêt majeur de cette découverte sur la maladie d’Alzheimer réside dans ses implications médicales potentielles. Si le rôle des tanycytes dans l’élimination de la protéine Tau est confirmé par d’autres études, ces cellules pourraient devenir une cible thérapeutique stratégique. Les chercheurs estiment en effet qu’un dysfonctionnement de ces cellules pourrait intervenir très tôt dans la progression de la maladie. Le mécanisme pourrait apparaître avant même les premiers symptômes cognitifs. Cette hypothèse ouvre la perspective d’une intervention beaucoup plus précoce contre Alzheimer. Vincent Prévot souligne ainsi que « Les tanycytes pourraient ainsi être considérées comme une nouvelle cible thérapeutique. Et si la bonne santé de ces cellules pouvait à terme permettre de prévenir le développement de la maladie ? », »

Cette approche pourrait également améliorer les stratégies de diagnostic. Aujourd’hui, certains examens reposent déjà sur la mesure de la protéine Tau dans le liquide céphalorachidien, un indicateur biologique important de la maladie d’Alzheimer. Comprendre précisément comment cette protéine est éliminée du cerveau pourrait donc affiner les méthodes de dépistage et permettre d’identifier la maladie plus tôt. De nombreux chercheurs estiment en effet que l’avenir de la lutte contre Alzheimer passe par la détection et l’intervention précoces. Une prise en charge avant la destruction massive des neurones pourrait ralentir considérablement l’évolution de la maladie.

Stephanie Haerts

Rédactrice dans la finance et l'économie depuis 2010. Après un Master en Journalisme, Stéphanie a travaillé pour un courtier en ligne à Londres où elle présentait un point bourse journalier sur LCI. Elle rejoint l'équipe d'Économie Matin en 2019, où elle écrit sur des sujets liés à l'économie, la finance, les technologies, l'environnement, l'énergie et l'éducation.

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