Anthropic face à Trump : les raisons d’un classement à risque

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By Jehanne Duplaa Published on 6 mars 2026 11h54
Anthropic face à Trump : les raisons d’un classement à risque
Anthropic face à Trump : les raisons d’un classement à risque - © Economie Matin
200 MILLIONS $Avant d'être classé à risque, des contrats liés à la sécurité nationale avaient déjà été attribués à Anthropic pour un montant pouvant atteindre 200 millions de dollars

Le 4 mars 2026, le gouvernement américain a officiellement classé Anthropic comme entreprise « à risque » pour la chaîne d’approvisionnement de la défense nationale. Cette décision, prise sous l’administration de Donald Trump, intervient après plusieurs semaines de tensions entre les autorités fédérales et la société d’intelligence artificielle. Anthropic, connue pour son modèle Claude, se retrouve désormais au centre d’un conflit stratégique mêlant sécurité nationale, innovation technologique et régulation de l’intelligence artificielle.

Anthropic officiellement considérée comme entreprise à risque

La décision du Pentagone marque une étape majeure dans le différend opposant l’État fédéral et Anthropic. Le département de la Défense a officiellement informé l’entreprise que ses technologies représentaient désormais un risque pour la chaîne d’approvisionnement militaire. Selon AP News, les autorités américaines ont indiqué avoir « officiellement informé la direction d’Anthropic que l’entreprise et ses produits sont considérés comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement, avec effet immédiat ».

Les entreprises partenaires du Pentagone devraient alors cesser d’utiliser les solutions d’Anthropic dans leurs programmes, et cette mesure pourrait bouleverser l’écosystème technologique lié à la défense. Selon The Verge, les contractants travaillant avec l’armée américaine disposeraient d’un délai d’environ six mois pour retirer les technologies d’Anthropic de leurs systèmes. En outre, l’enjeu économique n’est pas négligeable pour l’entreprise, puisque des contrats liés à la sécurité nationale avaient déjà été attribués à Anthropic pour un montant pouvant atteindre 200 millions de dollars, soit environ 184 millions d’euros.

Anthropic et le Pentagone divisés sur les limites de l’IA

La crise actuelle repose avant tout sur un désaccord de fond concernant les conditions d’utilisation de l’intelligence artificielle. Anthropic a en effet établi des règles strictes concernant l’usage militaire de son modèle Claude. Selon CBS News, l’entreprise refuse notamment que sa technologie soit utilisée pour la surveillance de masse des citoyens américains ou pour des armes autonomes totalement dépourvues de contrôle humain.

Ces restrictions ont suscité une forte opposition au sein du département de la Défense. Les responsables militaires considèrent que les fournisseurs technologiques ne doivent pas imposer de limites opérationnelles à l’armée. Dans cette perspective, un responsable du Pentagone a expliqué que « l’armée doit pouvoir utiliser la technologie pour tous les usages légaux ». Ce désaccord illustre ainsi la difficulté de concilier les principes éthiques de certaines entreprises technologiques et les impératifs stratégiques des forces armées.

Anthropic prépare une riposte judiciaire face à Washington

Face à cette classification comme entreprise à risque, Anthropic a rapidement annoncé vouloir contester la décision devant la justice. La direction du groupe estime que la mesure prise par le gouvernement américain n’est pas juridiquement fondée. Dario Amodei, directeur général et cofondateur d’Anthropic, a déclaré : « Nous ne pensons pas que cette action soit juridiquement fondée et nous n’avons pas d’autre choix que de la contester devant les tribunaux ».

Par ailleurs, plusieurs voix du secteur technologique et de la sécurité nationale ont exprimé leurs inquiétudes. L’ancien directeur de la National Security Agency, Paul Nakasone, a estimé que « désigner une entreprise américaine d’IA comme risque pour la chaîne d’approvisionnement est préjudiciable aux relations entre le Pentagone et la Silicon Valley », selon Axios le 3 mars 2026. Donald Trump a adopté un ton particulièrement virulent à l’égard de l’entreprise, déclarant : « J’ai renvoyé Anthropic. Ils sont en difficulté parce que je les ai renvoyés comme des chiens », rapporte The Guardian.

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