L’apnée du sommeil toucherait plusieurs millions de Français, pourtant une immense partie des patients ignore encore souffrir de ce trouble respiratoire nocturne. Fatigue persistante, micro-réveils, somnolence en journée ou risques cardiovasculaires accrus : les médecins alertent sur une maladie silencieuse qui perturbe profondément le sommeil et peut provoquer des complications graves lorsqu’elle n’est pas diagnostiquée rapidement.
Apnée du sommeil : les signes qui doivent alerter les patients

Selon les chiffres relayés par la Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil, entre 2,5 et 6,4 millions de Français seraient concernés par l'apnée du sommeil. Pourtant, une majorité de patients ne bénéficierait toujours d’aucun diagnostic. Cette réalité inquiète les spécialistes du sommeil, car les conséquences médicales peuvent devenir importantes après plusieurs années sans prise en charge.
Des millions de patients concernés sans diagnostic
L’apnée du sommeil se manifeste par des interruptions répétées de la respiration pendant la nuit. Ces pauses respiratoires durent souvent plus de dix secondes et peuvent se produire des dizaines de fois par heure. Selon le médecin Jean-Marc Sène, qui est intervenu le 7 mai 2026 dans l’émission “Bonjour ! La Matinale TF1”, “Il y a quatre à cinq millions de Français qui souffrent d'apnée du sommeil… et 80% ne le savent pas”. La Société Française de Recherche et Médecine du Sommeil estime qu’une grande partie des personnes concernées ignore présenter ce trouble du sommeil. L’organisme précise même que “Cette pathologie est encore peu connue et il est probable que plus de 50% des apnéiques ne soient pas encore diagnostiqués”, selon les données relayées par TF1 Info. Cette sous-estimation complique le suivi médical, d’autant que plusieurs symptômes restent banalisés par les patients eux-mêmes. La fatigue matinale constitue pourtant un signal fréquent. De nombreux patients expliquent se réveiller épuisés malgré plusieurs heures de sommeil.
En parallèle, la somnolence diurne augmente progressivement. Certaines personnes s’endorment devant un écran, pendant une réunion ou même au volant. Selon les données publiées par Santé publique France en décembre 2025, seuls 15 % des personnes présentant des symptômes compatibles avec un syndrome d’apnées du sommeil avaient déjà bénéficié d’un enregistrement du sommeil. Ce chiffre montre l’ampleur du retard diagnostique dans la population française. Le trouble touche davantage certaines catégories. Les spécialistes observent un risque important chez les personnes en surpoids, chez les hommes après 50 ans ou encore chez les patients souffrant d’hypertension artérielle. Cependant, l’apnée du sommeil peut également concerner des personnes plus jeunes et parfois sans facteur de risque évident. De plus, le sommeil fragmenté perturbe progressivement l’équilibre métabolique et cardiovasculaire de l’organisme.
Apnée du sommeil : des conséquences lourdes sur la santé et le sommeil
Le principal danger de l’apnée du sommeil réside dans le manque répété d’oxygène pendant la nuit. Selon Jean-Marc Sène, dans l’émission diffusée sur TF1, “Quand l'air ne passe plus, il y a un manque d'oxygène. Ça entraîne des micro-réveils.” Ces interruptions du sommeil empêchent le cerveau et l’organisme de récupérer correctement. Même lorsque les patients pensent avoir dormi toute la nuit, leur sommeil reste en réalité extrêmement fragmenté. Les spécialistes du sommeil observent également des effets cardiovasculaires importants. Il y a une augmentation du risque d'hypertension artérielle, d'infarctus, d'accidents vasculaires cérébraux. Des conséquences également métaboliques, dont l’augmentation du risque de diabète et de surcharge pondérale. Ces complications expliquent pourquoi le diagnostic précoce devient un enjeu majeur de santé publique. Par ailleurs, plusieurs études montrent que le manque chronique de sommeil réparateur modifie le métabolisme. Les patients développent plus facilement des troubles de concentration, une irritabilité persistante ou encore des difficultés de mémorisation.
Le sommeil profond disparaît progressivement au profit de réveils répétés parfois invisibles pour la personne concernée. Les données publiées par l’Institut National du Sommeil et de la Vigilance en 2026 montrent d’ailleurs que 38 % des Français déclarent souffrir d’au moins un trouble du sommeil. Parmi ces troubles, le syndrome d’apnée du sommeil figure parmi les pathologies les plus fréquemment signalées après l’insomnie. Cette évolution préoccupe les spécialistes, car le manque de sommeil chronique augmente également le risque d’accidents domestiques et d’accidents de la route. Les médecins rappellent aussi que certains comportements aggravent le phénomène. L’alcool consommé le soir favorise notamment le relâchement musculaire des voies respiratoires. Les somnifères peuvent produire un effet comparable. De plus, dormir sur le dos accentue parfois l’obstruction des voies aériennes pendant le sommeil. Chez certains patients, le ronflement devient alors très important et alterne avec des silences respiratoires.
Comment repérer l’apnée du sommeil avant qu’il ne soit trop tard
Le dépistage repose d’abord sur l’observation de symptômes simples. Les patients doivent s’interroger sur trois éléments précis : la fatigue au réveil, la somnolence en journée et la présence de ronflements ou de pauses respiratoires pendant le sommeil. Le médecin précise d’ailleurs : “Si vous répondez oui à une de ces trois questions, consultez, s'il vous plaît, parce que peut-être vous faites un syndrome d'apnée du sommeil”. Ensuite, le diagnostic médical repose généralement sur un enregistrement du sommeil. Les spécialistes utilisent soit une polygraphie ventilatoire réalisée à domicile, soit une polysomnographie complète en laboratoire du sommeil. Ces examens permettent de mesurer le nombre d’interruptions respiratoires par heure ainsi que le niveau d’oxygène dans le sang pendant la nuit. Les médecins évaluent ensuite la gravité de l’apnée du sommeil grâce à l’indice d’apnées-hypopnées.
D’après les références médicales relayées dans plusieurs publications scientifiques, un indice supérieur à 5 événements par heure peut déjà révéler un trouble du sommeil nécessitant une surveillance. Au-delà de 30 événements par heure, l’apnée du sommeil est considérée comme sévère. Pour limiter les symptômes, plusieurs mesures simples peuvent améliorer le sommeil des patients. Vous pouvez dormir sur le côté afin d’éviter l’obstruction des voies respiratoires. De plus, essayez de perdre du poids progressivement lorsque cela est nécessaire. Enfin, la réduction de la consommation d’alcool et l’encadrement des somnifères figurent parmi les premières recommandations médicales. Le traitement dépend ensuite du niveau de gravité. Certains patients utilisent une orthèse mandibulaire destinée à maintenir les voies respiratoires ouvertes pendant le sommeil. Dans les formes plus sévères, les spécialistes prescrivent un appareil à pression positive continue. Cette assistance respiratoire envoie de l’air sous pression afin d’éviter les interruptions respiratoires nocturnes. Les professionnels de santé insistent désormais sur l’importance du dépistage précoce. Car derrière une fatigue considérée comme banale peut parfois se cacher une apnée du sommeil évoluant depuis plusieurs années sans diagnostic.
