En un an, les signalements d’appels abusifs ont bondi de 113%. Derrière cette statistique publiée par l’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse (Arcep), c’est un phénomène massif qui s’installe : usurpations de numéro de téléphone, démarchage agressif et tentatives d’escroquerie saturent les lignes fixes et mobiles.
Appels abusifs : +113% de signalements en un an

Les appels abusifs connaissent une progression sans précédent en France. L’explosion des alertes enregistrées par l’Arcep en 2025 confirme l’industrialisation des appels frauduleux et met sous tension les dispositifs d’authentification des numéros de téléphone. Les opérateurs sont désormais sommés de renforcer leurs contrôles.
Une explosion des appels abusifs en France
La plateforme « J’alerte l’Arcep » a connu en 2025 une augmentation marquée des signalements liés aux appels et messages non sollicités, abusifs ou frauduleux. Selon le communiqué publié par l’autorité, « les signalements relatifs aux appels et messages non sollicités, abusifs ou frauduleux ont augmenté de 113% en un an ».
Cette évolution constitue l’une des hausses les plus significatives enregistrées sur la plateforme. Les alertes concernent principalement des appels reposant sur une usurpation de numéro, pratique qui consiste à afficher un numéro qui ne correspond pas à l’émetteur réel de l’appel.
Dans le même document, le régulateur précise que « l’usurpation de numéro représente une part croissante des signalements reçus ». Cette tendance confirme que le phénomène ne se limite pas au démarchage intensif, mais inclut des mécanismes techniques destinés à contourner la vigilance des destinataires.
Les données consolidées montrent que les appels abusifs figurent désormais parmi les premières sources d’alerte dans le secteur des télécommunications. Cette progression s’observe à la fois sur les lignes mobiles et fixes.
43% des utilisateurs déclarent une usurpation de numéro récente
L’Observatoire de la satisfaction client publié par l’Arcep complète ces données déclaratives. Selon l’édition 2026, 43% des utilisateurs indiquent avoir été confrontés à une usurpation de numéro au cours des trois derniers mois.
Cet indicateur permet de mesurer la diffusion du phénomène au-delà des seuls signalements formels. Il suggère que la pratique touche une part significative des consommateurs, qu’ils aient ou non effectué une démarche auprès du régulateur.
L’usurpation de numéro repose sur des mécanismes techniques permettant de modifier l’identifiant affiché lors d’un appel. Elle peut être utilisée dans des tentatives d’escroquerie, mais également dans certains cas de démarchage non conforme. Les scénarios rapportés dans les alertes font état de faux conseillers bancaires, de prétendus représentants d’organismes publics ou encore de fournisseurs d’énergie.
Dans son communiqué, l’Arcep souligne que ces signalements alimentent « une meilleure compréhension des dysfonctionnements rencontrés par les utilisateurs ». Les données collectées servent ainsi de base à l’analyse des flux et à l’identification des typologies d’abus.
Ouverture d’une enquête administrative par l’Arcep
Face à l’augmentation des signalements, l’Arcep a annoncé l’ouverture d’une enquête administrative. Celle-ci vise à examiner les conditions d’acheminement des appels frauduleux et à vérifier le respect des obligations imposées aux opérateurs en matière d’authentification des numéros.
Le régulateur inscrit son action dans une démarche de « régulation par la donnée ». Dans son communiqué, il indique que les informations recueillies via « J’alerte l’Arcep » permettent d’orienter les contrôles et d’identifier les segments du réseau nécessitant une vigilance particulière.
L’enquête porte notamment sur la mise en œuvre des mécanismes d’authentification destinés à garantir que le numéro affiché correspond bien à l’opérateur ou à l’entité autorisée à l’utiliser. Ces obligations s’inscrivent dans le cadre du plan de numérotation national, qui encadre l’attribution et l’usage des numéros de téléphone.
Le régulateur rappelle que les opérateurs doivent être en mesure de limiter l’affichage de numéros non vérifiés et d’interrompre l’acheminement de certains appels lorsque les conditions techniques ne sont pas réunies. L’objectif est de réduire les possibilités d’injection de numéros français falsifiés dans les réseaux.
Cette évolution réglementaire intervient dans un contexte où la confiance dans le téléphone constitue un enjeu structurant pour les communications électroniques. Les entreprises, les administrations et les services publics dépendent de ce canal pour leurs interactions quotidiennes avec les usagers.
