Face à la hausse continue des arrêts de travail, la ministre de la Santé annonce une série de mesures attendues à la mi-avril 2026. Derrière cette offensive, une dérive budgétaire jugée préoccupante et une volonté de cibler notamment les arrêts courts, de plus en plus fréquents.
Arrêts de travail courts : le gouvernement prépare un durcissement

La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a confirmé sur Sud Radio, ce jeudi 2 avril 2026, que des mesures seraient dévoilées « mi-avril » pour encadrer davantage les arrêts de travail. Dans un contexte de tension budgétaire, ces dispositifs visent à freiner une dynamique de dépenses devenue difficilement soutenable.
Arrêts de travail : une dépense qui frôle les 20 milliards d’euros, selon la ministre de la Santé
Les arrêts de travail sont désormais scrutés de près par le gouvernement pour réduire les dépenses de l’Assurance maladie. Selon Stéphanie Rist, « le total de dépenses atteint aujourd’hui presque 20 milliards d’euros », une somme en constante progression, rapportée par Le Parisien, le 2 avril 2026. De plus, elle précise que cette enveloppe augmente d' « un milliard de plus tous les ans », une trajectoire budgétaire préoccupante. Cette dynamique inquiète directement l’exécutif. La ministre de la Santé a ainsi alerté sur une « courbe d’augmentation des dépenses » qui n’est « pas soutenable à terme ».
Les arrêts de travail deviennent un levier central des politiques d’économie en santé. Cette inquiétude est corroborée par d’autres données. Les indemnités journalières ont « presque doublé en six ans pour atteindre 18 milliards d’euros en 2025 », selon Egora, ce qui confirme une tendance lourde.
Arrêts de travail courts : une cible prioritaire pour la ministre de la Santé
Par ailleurs, les arrêts de travail courts sont particulièrement visés. La ministre de la Santé insiste sur leur multiplication rapide. Elle explique que ces arrêts « de deux/trois jours […] augmentent de façon très importante », tout en précisant qu’ils « ne sont pas les plus coûteux mais ils désorganisent l’entreprise », selon Le Parisien.
Cependant, le gouvernement ne souhaite pas adopter une approche punitive envers les professionnels de santé. Stéphanie Rist appelle ainsi à ne pas « stigmatiser » les médecins, estimant que « dans de rares cas, il y a des médecins qui prescrivent des arrêts alors qu’ils ne devraient pas », mais que cela reste marginal, d’après Le Parisien.
Arrêts de travail et fraude : un autre front ouvert par la ministre de la Santé
En parallèle, les arrêts de travail sont également scrutés sous l’angle de la fraude. En 2025, l’Assurance maladie a détecté et stoppé 723 millions d’euros de fraudes, soit une hausse de 15 % par rapport à 2024. Sur ce total, 49 millions d’euros concernent directement les arrêts de travail, ce qui représente environ 6 % des montants frauduleux.
De surcroît, la ministre de la Santé souligne l’efficacité des outils récents. Selon l’Assurance maladie, l’augmentation des fraudes détectées s’explique notamment par le renforcement des contrôles et par la mobilisation de ses équipes. Dans le même temps, le déploiement d’un formulaire sécurisé a permis de réduire la fraude de 10 % au dernier trimestre 2025, preuve que les dispositifs techniques produisent des effets mesurables.
