Le régime d’assurance-chômage pourrait replonger dans le rouge en 2026. Les dernières prévisions financières de l’Unédic dévoilées mardi 3 mars mettent en évidence un déficit attendu, malgré une trajectoire de retour aux excédents à moyen terme. L’organisme met en cause les prélèvements de l’État sur ses recettes et alerte sur leurs conséquences économiques pour l’équilibre du régime.
Assurance-chômage : l’Unédic alerte sur l’impact des prélèvements de l’État

Le mardi 3 mars 2026, l’Unédic a présenté ses nouvelles prévisions financières concernant l’assurance-chômage en France. Selon ces projections, le régime devrait afficher un déficit en 2026, alors même que ses perspectives économiques à moyen terme restent relativement favorables. Pour l’organisme paritaire qui gère l’assurance-chômage, la dégradation financière du système s’explique en partie par les prélèvements opérés par l’État sur ses ressources, dans un contexte de croissance modérée et d’incertitudes économiques.
Assurance-chômage : un déficit attendu dans un contexte économique fragile pour le régime
Les projections publiées par l’Unédic mettent en lumière une dégradation temporaire de l’équilibre financier de l’assurance-chômage. L’organisme prévoit en effet un déficit de 2,1 milliards d’euros en 2026, selon les prévisions financières présentées le mardi 3 mars 2026. Cette évolution intervient dans un contexte macroéconomique marqué par une croissance limitée et un marché du travail qui ralentit progressivement. Les hypothèses économiques retenues pour ces prévisions tablent notamment sur une croissance du produit intérieur brut de 1 % en 2026, puis 1,1 % en 2027 et 1,2 % en 2028, ce qui reste modeste dans une perspective de finances sociales.
Dans ce scénario, le nombre de demandeurs d’emploi indemnisés resterait relativement stable. Les projections anticipent environ 2,6 millions de chômeurs indemnisés en 2026, avant une légère baisse à 2,5 millions en 2028, selon les données communiquées par l’Unédic. Malgré cette stabilité relative, les dépenses du régime devraient continuer à progresser, passant de 45,3 milliards d’euros en 2025 à 46,3 milliards en 2026, puis 46,6 milliards en 2027.
Dans ce contexte, la dette du régime resterait particulièrement élevée. Les projections financières indiquent qu’elle pourrait atteindre 61,5 milliards d’euros à la fin de l’année 2026, conséquence directe de la crise sanitaire et des mesures d’urgence financées pendant la pandémie. En effet, l’assurance-chômage avait mobilisé des montants importants pour soutenir l’économie et l’emploi durant cette période.
Assurance-chômage : l’impact économique des prélèvements de l’État sur le régime
Au-delà de la conjoncture économique, l’Unédic insiste sur un facteur structurel qui pèse sur les comptes de l’assurance-chômage : les prélèvements opérés par l’État sur ses recettes. Selon les estimations présentées lors de la publication des prévisions financières, ces ponctions ont un impact direct sur l’équilibre budgétaire du régime.
Pour la seule année 2026, l’État devrait prélever 4,1 milliards d’euros sur les ressources du système. Cette ponction contribue largement au déficit prévu pour cette année. D’après les calculs de l’organisme, sans ce prélèvement, les comptes de l’assurance-chômage seraient excédentaires. Comme le souligne l’Agence France-Presse le 3 mars 2026, le solde aurait été positif de 2 milliards d’euros en 2026 sans cette ponction de l’État.
Ces transferts financiers s’inscrivent dans une série de prélèvements plus larges opérés sur plusieurs années. Au total, entre 2023 et 2026, les montants retirés au régime devraient atteindre 12 milliards d’euros.. Ces prélèvements prennent la forme de compensations réduites sur les allègements de cotisations patronales décidés par les pouvoirs publics.
Face à cette situation, les responsables de l’Unédic appellent explicitement l’État à revoir cette politique budgétaire. Lors de la présentation des prévisions, la présidente de l’organisme, Patricia Ferrand, a déclaré qu’« il devient majeur pour nous que cessent les prélèvements de l'État », selon des propos rapportés par Upday le 3 mars 2026. Pour les partenaires sociaux qui pilotent l’organisme, ces transferts fragilisent la capacité du régime à retrouver une trajectoire financière soutenable.
Assurance-chômage : un retour possible aux excédents et au désendettement
Malgré ce déficit annoncé en 2026, l’Unédic estime que les perspectives économiques du régime d’assurance-chômage restent relativement favorables à moyen terme. Les projections financières anticipent en effet un retour aux excédents dès les années suivantes.
Selon les estimations publiées le 3 mars 2026, l’assurance-chômage pourrait afficher un excédent de 2,8 milliards d’euros en 2027, puis 4,8 milliards d’euros en 2028, à condition que les prélèvements de l’État cessent comme prévu. L’organisme explique que ces excédents permettraient de relancer progressivement la réduction de la dette accumulée depuis la crise sanitaire.
L’Unédic précise d’ailleurs dans son communiqué que ces excédents devraient permettre au régime de reprendre « sa trajectoire de désendettement », sous réserve qu’aucune nouvelle ponction publique ne vienne perturber l’équilibre financier. Cette trajectoire dépend toutefois de plusieurs facteurs économiques, notamment l’évolution de la croissance, du chômage et des réformes du marché du travail.
La situation financière du régime reste également influencée par le poids de la dette contractée durant la pandémie. Les mesures de soutien à l’économie et à l’emploi ont fortement augmenté l’endettement du système. L’Unédic rappelle notamment que le financement des dispositifs d’urgence pendant la crise sanitaire a représenté près de 19 milliards d’euros, auxquels se sont ajoutées plusieurs milliards d’euros de prolongations d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi.