La BCE publie ce 6 novembre un nouveau bilan consolidé du secteur bancaire européen. Les actifs des établissements de l’Union progressent sur un an, tandis que la proportion de prêts non performants augmente très légèrement.
Banques européennes : les actifs progressent de 5,18 %, les créances douteuses restent sous 2 %

Les banques établies dans l'Union européenne ont vu leurs actifs consolidés augmenter de 5,18 % sur un an à fin juin 2026. La Banque centrale européenne (BCE) a publié ces données le 6 novembre, offrant une photographie actualisée de la taille du secteur, de la qualité de ses prêts et de ses fonds propres. Le tableau révèle une expansion des bilans, sans dégradation marquée de l'indicateur agrégé des créances douteuses.
Près de 35 000 milliards d'euros d'actifs
Selon le communiqué de la BCE du 6 novembre 2026, le total des actifs des établissements de crédit dont le siège se trouve dans l'UE est passé de 33 270 milliards d'euros en juin 2025 à 34 990 milliards en juin 2026. L'écart représente environ 1 720 milliards d'euros. Il ne faut toutefois pas confondre ce total d'actifs avec les seuls prêts accordés aux ménages et aux entreprises : les bilans bancaires comprennent plusieurs catégories d'opérations et de placements.
Le périmètre statistique couvre 336 groupes bancaires et 2 283 établissements autonomes, filiales et succursales concernées. Il représente, d'après la BCE, presque l'intégralité du bilan du secteur bancaire européen. Les chiffres sont consolidés à l'échelle des groupes, ce qui limite les doubles comptes internes.
Une légère hausse des prêts non performants
Le ratio agrégé de prêts non performants atteint 1,99 % à fin juin 2026, soit 0,03 point de pourcentage de plus qu'un an auparavant. Cette variation reste limitée. Un prêt non performant correspond à une exposition dont le remboursement présente des difficultés selon les critères de déclaration prudentielle. Le ratio constitue un indicateur de qualité des actifs, mais il ne permet pas à lui seul de mesurer les difficultés de toutes les catégories d'emprunteurs.
La Banque de France relaie les mêmes résultats. Il s'agit d'un agrégat européen : ces données ne démontrent pas que le taux de défaut a évolué de façon identique en France, ni dans chaque banque ou chaque segment de crédit.
Rentabilité et solidité : deux indicateurs à distinguer
La BCE indique également un rendement agrégé des fonds propres de 5,31 % et un ratio de fonds propres de base de catégorie 1, dit CET1, de 16,43 %. Le premier renseigne sur la rentabilité des établissements, le second sur les capitaux de meilleure qualité rapportés à leurs expositions pondérées par les risques. Ils répondent à deux questions différentes : combien le secteur gagne-t-il, et de quelles ressources dispose-t-il pour absorber d'éventuelles pertes ?
La rentabilité de 5,31 % correspond au bénéfice des six premiers mois de 2026 rapporté aux fonds propres : elle n'est pas annualisée. La comparer directement à un taux annuel serait donc trompeur. De même, le ratio CET1 agrégé ne garantit pas que tous les établissements présentent individuellement la même situation prudentielle.
Ce que ces chiffres disent — et ne disent pas — aux clients
Pour les particuliers et les entreprises françaises, cette publication donne un éclairage sur l'environnement bancaire européen, dont font partie les grands réseaux nationaux. Elle ne constitue en revanche ni une annonce de changement des taux des crédits immobiliers, ni une décision de politique monétaire, ni une prévision sur les conditions d'octroi des prêts.
La BCE précise que sa base trimestrielle rassemble des indicateurs de bilan, de liquidité, de financement, de qualité des actifs et de solvabilité. Elle signale également que certaines données historiques ont été révisées et que les méthodes comptables peuvent varier pour certains établissements de petite ou moyenne taille. Ces précautions sont importantes pour interpréter les évolutions et éviter de tirer des conclusions excessives d'un chiffre agrégé.
La prochaine lecture utile sera celle des données plus récentes et des évolutions par pays et par catégorie d'établissement. Pour l'heure, le bilan de juin publié en novembre décrit surtout un secteur européen plus volumineux qu'un an auparavant, avec un ratio global de prêts non performants proche de 2 %.