Et si la voiture électrique n’était pas l’unique horizon de la mobilité ? Selon une étude à laquelle a participé BMW, il serait possible, dès 2040, de rouler en thermique sans dépendre du pétrole grâce aux e-fuels ou aux biocarburants avancés, produits à partir de déchets organiques. Un scénario qui rappelle, subtilement celui de « Retour vers le futur ». Une idée longtemps fictionnelle, mais désormais explorée par l’industrie automobile pour se passer du pétrole.
BMW défie la voiture électrique avec une alternative sans pétrole

Une analyse relayée par le média 20 Minutes, le 25 mars 2026, remet en perspective l’avenir de la voiture électrique en Europe. Alors que la fin des moteurs thermiques est programmée dans plusieurs pays, BMW explore une alternative inattendue, celle de maintenir des véhicules thermiques sans pétrole grâce à des carburants renouvelables.
Voiture électrique et pétrole : BMW défend une troisième voie
La voiture électrique domine aujourd’hui les politiques publiques, notamment en Europe. Pourtant, BMW ne ferme pas la porte à d’autres solutions. Le constructeur allemand a participé à une étude, menée avec le Karlsruhe Institute of Technology (KIT), le Deutsches Biomasseforschungszentrum (DBFZ) et le bureau d’ingénierie Freyberger, qui envisage un futur où les moteurs thermiques pourraient fonctionner sans pétrole. La voiture électrique ne serait plus la seule option pour réduire les émissions. Le constructeur envisage un mix de solutions : les e-fuels pour leur potentiel théoriquement illimité (si assez d’électricité) et les carburants issus de déchets pour valoriser les ressources locales. D’après cette étude, les carburants renouvelables (appelés Carbon Neutral Fuels (CNF)) auraient, sur le papier, la capacité de satisfaire la totalité de la demande du parc automobile européen d’ici 2040. En revanche, cette perspective ne repose pas uniquement sur le recyclage d’huiles usagées, qui ne pèseraient qu’environ 1 % du potentiel total.
En réalité, la majeure partie des ressources mobilisables proviendrait de résidus agricoles, de déchets organiques ou encore de biomasse forestière, des matières premières présentes en Europe mais encore largement inexploitées aujourd’hui. D'autre part, cette approche repose sur les carburants de synthèse, aussi appelés e-fuels. Produits à partir d’hydrogène et de CO₂ capté, ils permettraient d’alimenter des moteurs existants sans recourir au pétrole. Toutefois, cette technologie reste coûteuse et énergivore. En conséquence, la voiture électrique conserve aujourd’hui un avantage économique significatif.
Une voiture électrique concurrencée par les carburants synthétiques
Cependant, l’étude évoquée introduit un scénario précis, à horizon 2040, les carburants synthétiques pourraient être suffisamment développés pour réduire drastiquement l’usage du pétrole. Ainsi, la voiture électrique ne serait plus l’unique levier de décarbonation du transport. Cette projection repose sur des investissements massifs et une production d’énergie renouvelable abondante. « En 2030 et en 2035, la base de matières premières disponible dans l’Union européenne sera déjà suffisante pour couvrir plus de 50 % de la demande totale de carburant du transport routier avec des alternatives renouvelables, après prise en compte des besoins des autres secteurs mentionnés ci-dessus ainsi que des usages matériels », apprend-on de l'étude.
Par ailleurs, les données disponibles indiquent que la production d’e-fuels nécessite nettement plus d’électricité pour parcourir une même distance qu’une voiture électrique alimentée directement. Ce point constitue un frein majeur. Selon 20 Minutes, cette inefficacité énergétique explique pourquoi ces carburants sont aujourd’hui réservés à des usages spécifiques comme l’aviation. Néanmoins, BMW estime que leur industrialisation pourrait changer la donne à long terme.
Voiture électrique : un modèle dominant mais contesté
En parallèle, la voiture électrique reste aujourd’hui la solution privilégiée par les gouvernements. Les réglementations européennes visent à interdire la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Pourtant, cette stratégie suscite des débats, notamment sur la dépendance aux matières premières et sur l’empreinte globale de production. De plus, BMW défend une approche technologique ouverte.
Le constructeur considère que miser uniquement sur la voiture électrique comporte des risques industriels. Selon les éléments rapportés par 20 Minutes, cette vision repose sur la diversification des solutions énergétiques afin de limiter la dépendance au pétrole tout en conservant une flexibilité technologique. Ainsi, le thermique pourrait survivre sans pétrole, mais sous une forme bien différente.
