Automobile : BYD pourrait implanter une méga-usine en France

Le constructeur chinois BYD place la France sur sa shortlist pour implanter une nouvelle usine automobile, attirée par l’énergie compétitive française. L’annonce intervient après l’accord sino-européen qui plafonne les importations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an, poussant BYD à produire localement pour contourner les barrières commerciales.

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By Cédric Bonnefoy Published on 12 octobre 2026 15h50
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Automobile : BYD pourrait implanter une méga-usine en France - © Economie Matin

Suite à l'accord sino-européen limitant les importations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an, BYD intensifie sa stratégie de fabrication en Europe. La France, grâce à son électricité compétitive, est désormais envisagée pour accueillir l'une de ces nouvelles usines. Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, a confirmé lors du Mondial de l'automobile à Paris que la France est considérée de près pour cette implantation, déclarant à BFM Business : « La France est dans la shortlist. Nous regardons de très près la possibilité de mettre en place une usine en France ».

Stratégie de contournement des droits de douane

La décision de BYD de s'implanter en France répond à un contexte commercial tendu. Avec l'accord plafonnant les exportations de véhicules hybrides chinois à 350 000 unités par an, contre 800 000 auparavant, la fabrication locale devient crucial pour BYD, leader des ventes en Chine depuis mars 2026. Cette localisation permettrait de contourner les barrières tarifaires européennes.

L'accord sino-européen modifie les flux commerciaux, contraignant les constructeurs chinois à réévaluer leur stratégie économique. BYD prévoit d'ouvrir une usine en Hongrie d'ici fin 2026, et étudie deux autres sites. Pour BYD, cette stratégie permet de surmonter les barrières tarifaires et de se renforcer durablement sur le marché européen, où les tensions redessinent l'industrie automobile.

La France se distingue par son énergie compétitive. Contrairement à l'Allemagne, dépendante du gaz, et à l'Italie, aux coûts énergétiques élevés, la France bénéficie d'un mix énergétique avantageux avec le nucléaire et les renouvelables. Pour BYD, constructeur de véhicules électriques et hybrides, ce différentiel énergétique est un atout majeur pour la rentabilité de la production de batteries, comme le confirme 20 Minutes.

L'énergie compétitive française comme atout

L'électricité peut représenter jusqu'à 30% du coût de production des batteries lithium-ion. En France, le coût moyen est d'environ 90 euros par mégawattheure, comparé à 120-150 euros en Allemagne ou en Italie. Pour une production annuelle de 300 000 véhicules, cela se traduit par des économies substantielles, rendant l'installation d'une usine en France économiquement avantageuse pour BYD.

La production de batteries nécessite une électricité constante, et toute interruption peut entraîner des pertes importantes. La stabilité du réseau français et ses tarifs prévisibles séduisent les investisseurs industriels. BYD rejoint ainsi d'autres groupes asiatiques investissant en France pour profiter de cet environnement énergétique favorable.

Calendrier et impact économique

Le plan d'expansion de BYD en Europe s'accélère. La première usine en Hongrie ouvrira d'ici fin 2026, attirée par des incitations fiscales et une main-d'œuvre qualifiée. Cependant, l'ambition de BYD dépasse ce cadre, visant une intégration culturelle et économique en France, comme l'a exprimé Stella Li : « Je veux que les gens en France se disent que BYD, c'est une entreprise française. Je veux qu'ils l'aiment ». Le Parisien évoque les enjeux de cet accord commercial qui pousse vers la production locale.

Après la Hongrie, BYD prévoit deux autres sites européens dans les 24 mois, avec la France en compétition contre l'Espagne, l'Italie et la Pologne. Chaque usine pourrait employer entre 2 000 et 3 000 personnes directement, et créer 10 000 emplois indirects. L'investissement estimé pour ces trois sites atteint 3 milliards d'euros, permettant à BYD de produire jusqu'à 600 000 véhicules par an d'ici 2028.

Enjeux pour l'emploi industriel

L'arrivée de BYD en France suscite des attentes et des inquiétudes. Si l'implantation pourrait créer des milliers d'emplois dans des régions touchées par la désindustrialisation, elle pourrait aussi accentuer la concurrence pour Renault, Stellantis et Volkswagen. Les syndicats surveillent de près les conditions proposées par le constructeur chinois, tandis que le gouvernement espère valoriser cet investissement pour renforcer l'attractivité française sans compromettre l'industrie nationale.

Cedric.bonnefoy

Cédric Bonnefoy est journaliste en local à la radio. À côté, il collabore depuis 2022 avec Économie Matin.

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