Canicule : pourquoi les prix des melons risquent de flamber

Les ventes liées à la canicule atteignent des niveaux spectaculaires dans les magasins rapporte le président du groupe Intermarché. Derrière la ruée sur l’eau, les glaces et les ventilateurs, le distributeur s’inquiète désormais des conséquences de la chaleur sur les productions agricoles.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N
By Aurélie Giraud Published on 26 juin 2026 10h05
canicule-pourquoi-les-prix-des-melons-risquent-de-flamber
Canicule : pourquoi les prix des melons risquent de flamber - © Economie Matin
100.000Nombre de ventilateurs et de climatiseurs vendus en une semaine par les enseignes du groupement Les Mousquetaires.

Les ventes liées à la canicule ont brutalement accéléré dans les magasins du groupement Les Mousquetaires. Invité de RMC et BFMTV jeudi 25 juin 2026, son président Thierry Cotillard a fait état d’une progression de 50% des ventes de glaces et de près de 80% pour les packs d’eau. Dans le même temps, quelque 100.000 ventilateurs et climatiseurs ont été écoulés en une semaine. Des volumes qui traduisent autant l’intensité de la demande que la rapidité avec laquelle la météo bouleverse la consommation des Français.

Canicule : les achats de glaces, d’eau et de ventilateurs s’envolent

La hausse des températures a immédiatement modifié la composition des paniers. Les consommateurs cherchent d’abord à s’hydrater, à rafraîchir leur logement et à adapter leurs repas. Chez Intermarché, les glaces ont ainsi enregistré une progression de 50%, tandis que les ventes de packs d’eau ont augmenté de près de 80% par rapport à leur niveau habituel, selon les chiffres communiqués par Thierry Cotillard sur RMC et BFMTV.

Le marché des appareils de rafraîchissement connaît une poussée encore plus visible. Le dirigeant a annoncé « 100.000 ventes de ventilateurs et de clim en une semaine ». Ce total réunit les appareils vendus dans les enseignes du groupement, notamment Intermarché et Bricomarché.

Cette flambée de la demande n’est pas propre au réseau des Mousquetaires. Dans plusieurs enseignes, les professionnels font état de rotations accélérées sur les ventilateurs, les climatiseurs mobiles, les bouteilles d’eau et les produits surgelés rapporte Le Parisien. Des ruptures ponctuelles apparaissent lorsque les stocks constitués en début de saison ne suffisent plus à absorber une progression aussi soudaine.

La réaction des consommateurs intervient pendant une séquence météorologique exceptionnelle. Selon Météo-France, le mercredi 24 juin 2026 est devenu la journée la plus chaude jamais enregistrée à l’échelle du pays, avec une température moyenne de 30 °C sur vingt-quatre heures. L’après-midi a également atteint une moyenne nationale record de 38,5 °C.

La canicule fait bondir les ventes en rayon

  • +50% sur les ventes de glaces chez Intermarché
  • Près de +80% sur les ventes de packs d’eau
  • 100.000 ventilateurs et climatiseurs écoulés en une semaine
  • 30 °C de température moyenne nationale le 24 juin 2026
  • Un risque de tension sur les melons attendu sous trois à quatre semaines

Le patron d’Intermarché redoute une pénurie de melons

Au-delà de la consommation immédiate, Thierry Cotillard alerte sur les effets différés de la chaleur. Les cultures actuellement présentes dans les champs peuvent être affectées par le manque d’eau, les températures extrêmes et la sécheresse des sols. Les conséquences ne se voient donc pas nécessairement dans les rayons dès les premiers jours de canicule.

Le dirigeant estime que le melon figure parmi les productions les plus exposées. « Le melon qui aujourd’hui n’est pas en pénurie, je vous le dis, il y a de vrais risques de pénurie dans trois-quatre semaines », a-t-il déclaré. Il anticipe un décalage entre une demande soutenue pendant l’été et des volumes susceptibles de se contracter au moment où les récoltes devraient approvisionner massivement les magasins.

La campagne 2026 avait déjà débuté dans des conditions délicates. Avant l’arrivée de la canicule de juin, certains producteurs européens avaient subi un manque de chaleur et des pluies abondantes, entraînant des retards de plantation, un développement irrégulier des cultures et des rendements moins élevés.

Les premières cotations françaises de la saison interviennent désormais sous des conditions caniculaires. Le Réseau des nouvelles des marchés de FranceAgriMer rapporte que les opérateurs ont dû aménager les horaires de travail pour assurer les opérations de récolte et de conditionnement.

La filière représente des volumes importants. D’après le ministère de l’Agriculture, la France a produit 338.708 tonnes de melons en 2025, principalement en Occitanie et en Nouvelle-Aquitaine. Une baisse sensible des rendements dans ces régions pourrait donc rapidement se répercuter sur l’offre nationale.

La sécheresse peut faire monter les prix alimentaires

La menace ne concerne pas uniquement le melon. Les températures extrêmes peuvent réduire la croissance des légumes, accélérer leur maturation ou provoquer des pertes dans les champs. Au 25 juin, Météo-France constatait une aggravation rapide de la sécheresse des sols. En Alsace, en Aquitaine, en Auvergne, dans le Limousin et en Midi-Pyrénées, leur humidité se rapprochait des niveaux les plus bas observés depuis le début des mesures en 1959.

Pour les distributeurs, une baisse de la production signifie moins de marchandises disponibles au moment où les consommateurs recherchent précisément davantage de fruits, de crudités et de produits frais. Thierry Cotillard prévient qu’une raréfaction de l’offre finirait par se transmettre aux étiquettes : « À ce moment-là, les prix vont flamber », a-t-il affirmé à propos du melon.

Les élevages sont également soumis au stress thermique. Le président des Mousquetaires a cité le cas d’une laiterie de son groupement dans laquelle une vache produit, selon lui, 20% de lait en moins pendant cet épisode. « Les conditions d’élevage sont très difficiles, il y aura de la mortalité aussi », a-t-il averti.

À court terme, la canicule remplit donc certains rayons aussi vite qu’elle en vide d’autres. Les ventes de produits rafraîchissants soutiennent l’activité des grandes surfaces et des magasins de bricolage, mais cette hausse commerciale pourrait être suivie par une période plus tendue pour les produits agricoles. L’enjeu se déplacera alors des volumes vendus vers la disponibilité des marchandises et le niveau des prix payé par les ménages.

19424182 666686806871568 3563256725307607897 N

Aurélie Giraud, juriste de formation, titulaire d'une maîtrise de droit public (Sorbonne, Paris I), est journaliste à Economie Matin, après avoir travaillé comme correctrice et éditrice dans l’édition.

No comment on «Canicule : pourquoi les prix des melons risquent de flamber»

Leave a comment

* Required fields