Face à la flambée des prix des carburants, le Valenciennois rend gratuits tous ses transports en commun du 1er octobre au 31 décembre 2026. Cette mesure exceptionnelle coûte 720 000 euros aux collectivités locales et concerne 350 000 habitants. Un pari économique audacieux dont la viabilité à long terme reste à démontrer.
Hausse des carburants : ces communes ont voté les transports en commun gratuits

En réaction à l'augmentation des prix des carburants, le Valenciennois a décidé de rendre ses transports en commun gratuits du 1er octobre au 31 décembre 2026. Ce projet, d'un coût total de 720 000 euros, est intégralement financé par les collectivités locales, soulevant des questions sur sa durabilité financière à long terme.
Un défi économique avec un budget de 720 000 euros pour trois mois
La mesure représente un investissement de 720 000 euros pour trois mois, selon France 3 Hauts-de-France. La gratuité couvre l'ensemble du réseau, incluant deux lignes de tramway, des bus urbains et périurbains, et le transport à la demande en zone rurale. Ce dispositif débute le 1er octobre 2026 et se termine le 31 décembre.
Le financement est assuré par Valenciennes Métropole, La Porte du Hainaut et le SIMOUV, sans aide de l'État ou de la Région. Les présidents Laurent Degallaix, Aymeric Robin et Arnaud Bavay ont validé cette dépense, reposant sur les budgets locaux financés par les contributions des habitants et le versement mobilité des entreprises. Cette autonomie budgétaire met en lumière la capacité d'action de certaines agglomérations malgré les signaux économiques préoccupants.
Population mobilisée pour mutualiser l'effort financier
Avec 350 000 habitants, le coût par habitant est de 6,17 euros pour trois mois. Seuls 30% des usagers paient actuellement leur transport, soit environ 8 000 personnes par jour. Les étudiants, demandeurs d'emploi et bénéficiaires de minima sociaux bénéficient déjà de la gratuité. La densité de population du Valenciennois permet une gestion financièrement viable à court terme.
Arnaud Bavay, président du SIMOUV, considère cette initiative comme un test. Selon L'Indépendant, une évaluation mesurera l'impact sur la fréquentation, le report modal et le budget des ménages. Les usagers devront retirer un titre de transport gratuit pour comptabiliser les flux, permettant une analyse précise des résultats en décembre.
Réponse économique localisée à la dépendance automobile
Dans le Valenciennois, 80% des déplacements se font en voiture, explique Arnaud Bavay à Capital. La hausse des prix du carburant pèse sur le pouvoir d'achat. La gratuité des transports offre une alternative pour les trajets quotidiens. Bavay souligne l'équité de la mesure pour les urbains, les périurbains et la ruralité, avec la gratuité du transport à la demande.
Environ 40 collectivités françaises ont instauré la gratuité permanente des transports. Dunkerque, pionnière depuis 2018, et Montpellier, en expérimentation depuis 2023, illustrent des approches différentes. Le Valenciennois se distingue par sa réponse temporaire liée aux carburants. D'autres communes ont opté pour des stations-service à prix réduit ou des aides à la conversion bioéthanol, reflétant l'absence de stratégie nationale face à la hausse des prix.
La pérennisation en question après décembre 2026
Prolonger la gratuité nécessiterait de revoir le financement des transports, actuellement assuré à 70% par le versement mobilité et 30% par la billetterie. La suppression de cette dernière source impliquerait une hausse du versement ou des réallocations budgétaires internes. Les élus restent prudents et ne s'engagent pas au-delà du 31 décembre 2026. L'évaluation de fin d'année déterminera si l'expérience mérite d'être prolongée, dans un contexte de tensions budgétaires croissantes dans le secteur public.