Ce chewing-gum pourrait sauver des vies contre le cancer, selon une étude

Un chewing-gum thérapeutique développé par l’université de Pennsylvanie démontre une efficacité remarquable contre les cancers de la tête et du cou. Cette innovation biotechnologique réduit de 93% le papillomavirus dans la salive et élimine quasi-totalement les bactéries oncogènes, ouvrant des perspectives économiques majeures pour l’industrie pharmaceutique.

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By Rédaction Published on 3 mai 2026 15h16
Chewing-gum
Ce chewing-gum pourrait sauver des vies contre le cancer, selon une étude - © Economie Matin
4 000En France, les cancers de la tête et du cou engendrent près de 4 000 décès annuels.

Ce chewing-gum révolutionnaire pourrait transformer la prévention des cancers de la tête et du cou

Un chewing-gum thérapeutique développé par des chercheurs de l'université de Pennsylvanie s'apprête à révolutionner la prévention des cancers de la tête et du cou. Cette innovation biotechnologique, minutieusement testée sur 44 patients atteints de carcinome épidermoïde, révèle une efficacité saisissante contre les micro-organismes pathogènes responsables de ces tumeurs. Publiée dans la prestigieuse revue Scientific Reports le 28 avril 2026, cette percée dessine des horizons économiques prometteurs pour l'industrie pharmaceutique, notamment pour des géants comme Pfizer, Novartis ou encore Roche qui pourraient s'emparer de cette technologie révolutionnaire.

L'étude dévoile des résultats spectaculaires : une diminution de 93% du papillomavirus humain (HPV) dans la salive et l'éradication quasi-totale des bactéries oncogènes. Cette innovation, lorsqu'elle atteindra le marché, pourrait constituer une disruption majeure dans l'écosystème de la prévention médicale. En France, où la Sécurité sociale consacre annuellement près de 16 milliards d'euros aux traitements oncologiques, dont environ 800 millions pour les cancers ORL touchant 15 000 nouveaux patients chaque année, l'enjeu économique demeure considérable.

Une formulation biotechnologique révolutionnaire issue de la recherche végétale

Le chewing-gum conçu par l'équipe du professeur Henry Daniell repose sur une approche biotechnologique d'une sophistication remarquable. La formulation intègre des extraits de haricots Lablab purpureus génétiquement modifiés, une légumineuse renfermant la protéine FRIL (Flt3 Receptor Interacting Lectin) aux propriétés antivirales désormais reconnues par la communauté scientifique internationale.

« Il s'agit notamment de ceux qui sont liés à un virus comme le papillomavirus (HPV) et d'autres bactéries dangereuses pour la bouche », explique le Dr Vincent Valinducq, interrogé par TF1info. Ce chewing-gum présente un avantage économique déterminant : contrairement aux traitements systémiques onéreux, il agit localement sans perturber l'équilibre délicat de la flore buccale bénéfique. Une différence capitale dans un contexte où les consommateurs scrutent davantage la composition des produits qu'ils consomment.

L'incorporation de protégrine, un peptide antimicrobien aux propriétés exceptionnelles, parachève cette formulation innovante. Ce composant, initialement développé pour renforcer la défense immunitaire des mammifères, confère au produit sa capacité antibactérienne ciblée. La production en cellules végétales pourrait drastiquement réduire les coûts de fabrication comparativement aux biologiques traditionnels, un atout non négligeable dans un marché pharmaceutique où les prix demeurent un enjeu crucial.

Des résultats cliniques qui redéfinissent la prévention des cancers ORL

L'étude ex vivo menée sur 44 patients dévoile une efficacité thérapeutique de ce chewing-gum sans précédent. Les analyses démontrent plusieurs bénéfices quantifiables remarquables : une réduction de 93% de la charge virale HPV dans la salive, une diminution de 80% du virus dans les échantillons de rinçage buccal, l'éradication supérieure à 99% de Porphyromonas gingivalis, et la neutralisation quasi-complète de Fusobacterium nucleatum.

Ces micro-organismes constituent les principaux facteurs aggravants du pronostic des cancers de la tête et du cou. Selon les estimations GLOBOCAN 2022, les tumeurs malignes orales représentent le deuxième cancer le plus fréquent chez les hommes après le cancer pulmonaire, avec 890 000 nouveaux cas annuels dans le monde. En France, ces pathologies engendrent près de 4 000 décès annuels, générant des coûts de traitement moyens de 50 000 euros par patient.

« Plus de 99 % des bactéries dangereuses ont été éliminées au niveau de la bouche », précise le Dr Valinducq selon les résultats publiés dans E-santé. Cette performance contraste favorablement avec la radiothérapie conventionnelle, qui détruit indistinctement les bactéries bénéfiques et favorise la prolifération de levures pathogènes comme Candida albicans. Un enjeu particulièrement sensible quand on connaît les risques que peuvent représenter certains chewing-gums traditionnels pour la santé.

Un marché économique prometteur pour la biotechnologie médicale

L'impact économique potentiel de cette innovation s'annonce considérable. Le marché mondial de la prévention des cancers représente plusieurs milliards d'euros annuels, dominé par les vaccins et les dispositifs de dépistage. Ce chewing-gum thérapeutique pourrait créer un nouveau segment particulièrement attractif, notamment pour des laboratoires comme Sanofi, GSK ou Johnson & Johnson qui dominent actuellement le secteur de la prévention.

Les biologiques produits en cellules végétales, approuvés par la FDA, coûtent moins de 3% des nouveaux médicaments biologiques fabriqués par d'autres systèmes selon Medical Xpress. Cette économie de production substantielle pourrait rendre le traitement accessible aux populations des pays en développement, où l'incidence des cancers ORL augmente dramatiquement.

D'après Le Progrès, cette approche prophylactique pourrait également protéger les populations à risque avant l'émergence des premiers symptômes tumoraux. L'aspect préventif de ce chewing-gum représente un enjeu économique majeur pour les systèmes de santé publique, particulièrement en France où la Sécurité sociale pourrait économiser des centaines de millions d'euros en évitant les traitements lourds.

Perspectives de commercialisation et défis réglementaires de ce chewing-gum

Bien que les résultats préliminaires soient encourageants, ce chewing-gum n'est pas encore commercialisée. Les chercheurs doivent désormais franchir plusieurs étapes réglementaires cruciales avant une éventuelle mise sur le marché, un processus qui pourrait nécessiter entre 5 et 8 ans selon les standards de l'industrie pharmaceutique.

« Nos résultats confirment l'intérêt de poursuivre les essais cliniques de ces thérapies, soit en complément des traitements actuels, soit à titre prophylactique pour prévenir l'infection et la transmission », précisent les auteurs de l'étude. Les futures phases d'essais cliniques détermineront la posologie optimale, la durée de mastication requise et l'efficacité sur l'ensemble des souches oncogènes du HPV.

Les implications économiques transcendent le seul secteur pharmaceutique. Cette innovation pourrait transformer l'approche préventive en odonto-stomatologie, créer de nouveaux emplois dans la biotechnologie végétale et réduire substantiellement les coûts de traitement des cancers avancés pour les systèmes de santé européens.

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