Alternative incontournable au crédit bancaire, le crowdfunding séduit toujours plus d’investisseurs tout en traversant une phase de contraction. Retour sur les fondamentaux, les prestataires agréés et les données chiffrées les plus récentes de ce mode de financement participatif en mutation.
Crowdfunding en France : définition, prestataires et chiffres 2024

Alors que les modes de financement alternatifs s’imposent dans le paysage économique, le crowdfunding — ou financement participatif — confirme son rôle central dans l’économie collaborative française. Utilisé tant par les startups que par les projets immobiliers ou culturels, ce dispositif connaît toutefois un essoufflement visible en 2024, selon les derniers rapports officiels.
Comprendre le crowdfunding : définition et mécanismes
« Le financement participatif ou “crowdfunding” (de “crowd” la foule et “funding” financement) est un mécanisme qui permet de récolter des fonds, généralement de petits montants, auprès d’un large public », selon le portail officiel Entreprendre.Service-Public.fr. Ce modèle repose sur une relation directe entre porteurs de projet et investisseurs, via des plateformes numériques spécialisées.
L’objectif principal : contourner les circuits bancaires traditionnels, tout en facilitant l’accès au capital pour les projets novateurs, citoyens ou locaux. Ainsi, le financement participatif prend des formes variées : don avec ou sans contrepartie, prêt rémunéré ou non, investissement en capital. Cette diversité en fait un outil à la fois souple et puissant, en particulier dans les secteurs sous-bancarisés ou à risque.
Selon la même source, ces plateformes permettent aux porteurs de projets de constituer une base d’investisseurs sans condition d’intermédiation financière classique. Un avantage de taille pour les projets en démarrage ou à fort ancrage territorial.
Les prestataires agréés : qui encadre le financement participatif ?
Le secteur du crowdfunding est désormais strictement encadré en France. Depuis l’entrée en vigueur du règlement européen sur le financement participatif (ECSPR), seul un prestataire disposant d’un agrément PSFP — prestataire de services de financement participatif — délivré par l’Autorité des marchés financiers (AMF), peut opérer légalement.
Au 31 décembre 2024, 59 prestataires de crowdfunding étaient officiellement agréés par l’AMF, d’après son rapport publié le 19 décembre 2025. Ces plateformes couvrent une grande diversité de modèles économiques : immobilier, agricole, culturel, entrepreneurial. Bien que leur nombre reste relativement stable, leur poids dans le financement de l’économie réelle est considérable.
Autre enseignement marquant : 96 % des investisseurs actifs sur ces plateformes sont des particuliers, selon la même source. Une démonstration claire que le financement participatif conserve une dimension citoyenne forte, malgré sa structuration croissante et l’entrée de quelques investisseurs institutionnels.
Toutefois, l’AMF alerte sur une tendance ambivalente : le nombre d’investisseurs a augmenté de 21 % en 2024, mais dans le même temps, le nombre d’investisseurs actifs a chuté de 51 %. Cette dissociation pourrait signaler une volatilité accrue ou une perte de confiance vis-à-vis de certaines plateformes.
Chiffres 2024 : repli du marché malgré une base élargie
Les données collectées dressent un constat sans appel : le crowdfunding a connu une nouvelle baisse en 2024. Les montants collectés atteignent 1,46 milliard d’euros, contre 1,86 milliard en 2023, soit une baisse annuelle de 22 % selon l’AMF.
Ce repli est le deuxième consécutif après plusieurs années de croissance exponentielle. Pourtant, les signaux ne sont pas uniformément négatifs. Selon le baromètre semestriel publié par France FinTech et Forvis Mazars le 22 septembre 2025, la collecte au premier semestre 2025 a atteint 819 millions d’euros, en recul de seulement 1,3 % par rapport à la même période de 2024. Autrement dit, la dynamique semble se stabiliser malgré le contexte macroéconomique.
Ces chiffres montrent que le financement participatif reste une voie plébiscitée, mais plus sélective. Le volume de projets acceptés et financés diminue, sans que la vitalité du secteur soit remise en question. L’enjeu pour les prestataires sera désormais d’optimiser la qualité des dossiers, la transparence et la gestion du risque, afin de regagner la confiance d’un public désormais plus attentif.